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edelweiss (w/nurie)

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earth nation
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earth nation
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‹ AGE : quarante-quatre ans, il doit bientôt réaliser qu'il fait partie de la vieille génération
‹ STATUT : éternel célibataire dévoué à servir la famille impériale et la couronne des quatre nations
‹ SANG : bronze, un équilibre certain entre noblesse et créatures
‹ COMPETENCES : discrétion (niv1), honneur (niv2), torture (niv3)
‹ METIER : espion et missionnaire, on enjolive son titre de bourreau et cabot
‹ ALLEGEANCE : la couronne avant tout, qu'importe celui qui se trouve en-dessous
‹ ADIUTOR : aucun, trop vieux pour en recevoir, ce qui le réjouit
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MessageSujet: edelweiss (w/nurie) Mar 12 Sep - 16:10

Every morning you greet me, small and white, clean and bright. You look happy to meet me. Blossom of snow, may you bloom and grow. Bloom and grow forever. Edelweiss, Edelweiss, bless my homeland forever.


Le palais était en effervescence. Cuisiniers, valets, femme de chambre… tous s’activaient dans chaque recoin pour faire de cette journée la plus mémorable de toutes. Les derniers attentats de Dragondale étaient encore présents dans les esprits de chacun, et le mariage impérial se devait d’être la distraction nécessaire le temps de quelques heures. Citoyens et nobles avaient été conviés au palais pour la cérémonie, un moyen de tirer table rase sur le passé et de célébrer tous ensemble la joie et l’amour, le renouveau et non la destruction. Loras n’avait pas été à proprement parler inviter, mais en tant que serviteur de la couronne, on attendait de lui qu’il soit là. N’étant ni chevalier, ni soldat, c’est en civil qu’il assistera au mariage. Un espion parmi les invités, une oreille discrète pour recueillir secrets et rumeurs de la foule.

Il avait ainsi revêtu une tenue civile, simple mais habillée, relevant de son statue de riche bronze. Il arpentait les couloirs du palais sans but précis, sa mission ne commençant que plus tard. Il observait ainsi les autres serviteurs de la couronne se tuer à leur tâche, disposant décorations et sièges, réglant les derniers détails de la matinée. Le palais, bien que secoué par tous ces petits gens, étaient encore calme. Les royaux n’étaient pas encore descendus de leurs appartements, les invités ne se montraient pas encore. Alors Loras, encore libre, en profiter. Bientôt, il devra se mélanger à la foule, être l’inconnu en qui tous se confie, discret et méconnaissable. Sa main se porta inconsciemment à sa ceinture, là où pendait habituellement Obsidienne Rouge, sa fidèle épée. Aujourd’hui reléguée dans le placard, l’absence de son arme lui procurait une sensation étrange. Mais l’impératrice avait été claire sur son rôle : il était là pour recueillir des informations, et non s’attaquer aux invités. Si le moindre assaillant comptait se montrer, l’armée des nations gèrerait la crise.

Ses pas résonnaient dans ce couloir peu emprunté de l’aile ouest. Au bout, deux issues : une porte menait au parc royal et majestueux, l’autre aux cachots sombres et humides. Il suivait seulement ses pas, ne sachant encore quelle serait sa destination. C’est alors que sur sa droite, une porte entrouverte attira son regard. Il s’en approcha doucement, et aperçu une robe encore posée sur son mannequin, une jeune femme à ses côtés. Lyra, la douce blonde aux envies tortionnaires. Elle hantait ses esprits jours et nuits depuis qu’elle était descendue auprès de lui lui demander de lui apprendre ses méthodes peu orthodoxes. Il observait à présent la grâce de ses gestes de couturières, cette même grâce qui habitait ses doigts lorsqu’elle tranchait la peau des détenus. Toute de grâce qu’elle était, un ange en apparence. Mais Loras savait mieux que ça, il l’avait vu, ici-bas, le monstre qu’elle avait laissé deviner. Raison de plus pour s’intéresser à elle, cette jeune femme si complexe, si douée pour cacher qui elle était. En quelques jours, elle était devenue sa nouvelle obsession. Il entra dans la pièce sans un bruit, ombre discrète qu’il était, son regard ne quitta pas la belle demoiselle. « La robe que tu porteras à la cérémonie ? » Il fit quelques pas de plus, tourna autour du mannequin, admirant le travail accompli. La robe était, on ne pouvait le nier, une création divine. Fluide et travaillée, d’un tissu léger et d’une couleur toute aussi profonde. « Elle fera certainement des jalouses. Et des envieux. » Ses doigts caressèrent le tissu maladroitement, Lyra dans son dos. Il s’imaginait, le temps d’un instant, la demoiselle habillée de cette création, et lui qui la faisait tourner, tourner et virevolter dans la salle de bal, sous le regard admirateur de tous.


Dernière édition par Loras Harlaw le Jeu 14 Sep - 8:50, édité 1 fois
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water nation
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‹ AGE : vingt-six ans, et autant de mensonges, de secrets.
‹ STATUT : dans une autre vie, elle serait sans doute mariée, peut-être mère aimante. dans la sienne, elle fait passer sa tête avant son coeur.
‹ SANG : argent, le cadeau empoisonné offert par merle pour s'octroyer son allégeance, un sang qui coulait déjà dans ses veines sans que personne ne le sache.
‹ COMPETENCES : espionnage (niv. 3), empathie (niv. 2), ténacité (niv. 1).
‹ METIER : la couturière aux doigts de fée qu'elle était a cédé sa place à l'espionne au coeur du danger.
‹ ALLEGEANCE : son allégeance à la résistance a volé en éclat, et désormais offerte à deux options son coeur balance.
‹ ADIUTOR : aucun, son statut était bien trop pauvre pour que l'on daigne sacrifier un adiutor à une bronze sans intérêt.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Mer 13 Sep - 0:25

Je descends deux enfers plus loin,
pour que l'orage s'annonce
loras / nurie
- - - - - - - ❖ - - - - - - -

D'un geste expert, elle s'affairait à achever une nouvelle création, sans la doute la plus belle qu'elle ait jamais cousue de ses propres doigts agiles. Les étoffes précieuses de la capitale étaient incomparables, la replongeaient tout droit dans ses rêves de gamine, ceux qui ne finissaient pas systématiquement en cauchemars pour la réveiller au beau milieu de la nuit dans un souffle saccadé. Dans une autre vie, voilà ce qu'elle aurait pu devenir, la plus grande couturière d'Aksana, la divine créatrice des tenues les plus splendides, portées par les femmes les plus importantes, celles que l'on commenterait, envierait, jalouserait. Avec un peu d'effort, en fermant les yeux et son esprit, Nurie aurait presque pu toucher le rêve du bout des doigts et oublié qu'elle avait choisi un chemin bien plus périlleux. L'acclimatation à la vie du Palais se faisait difficilement, elle n'en avait que trop conscience. D'ordinaire docile, écoutant et suivant les ordres sans y réfléchir à deux fois, elle peinait à courber l'échine devant ceux qui lui avaient volé sa vie. Tout, ils lui avaient tout pris, sa véritable famille, ses parents adoptifs, son avenir, son passé, pour ne plus laisser dans leur sillage qu'un parfum de vengeance, un besoin oppressant sa poitrine d'obtenir une justice égoïste. Devant eux, elle n'était que Lyra la petite couturière aux doigts enchantés, la Bronze si bas dans l'échelle que personne n'avait jamais entendu parler d'elle, capable de se faufiler dans les rangs royaux jusqu'à se hisser à un rôle de domestique qui n'incluait pas de nettoyer des pots de chambre. Son mensonge tenait bon, elle était même parvenue à gagner la confiance d'une Oshun. Sans doute pas la bonne, définitivement pas la plus importante, mais en l'espace de quelques semaines il s'agissait d'une progression notable, capable de lui ouvrir des portes. Elle s'était résignée à devoir presque supplier Thyra de la laisser créer la robe qu'elle porterait à ce mariage dont tout le monde parlait – et qui n'intéressait pas le moins du monde la fille de l'eau aux préoccupations si éloignées des événements mondains – mais sans succès. Par dépit, elle s'était malgré tout lancée dans le projet titanesque, songeant qu'elle aurait bien d'autres occasions de gagner son estime et que la robe servirait un jour ou l'autre. Thyra était – et de loin – la membre de la famille impériale la plus simple à appréhender, parce que le poids des responsabilités ne pesait pas sur ses épaules : elle ne serait jamais Impératrice et sa seule mission était de profiter de tout ce que sa situation avait à lui offrir. Elle était vaine, terriblement vaine, mais moins superficielle que Nurie ne l'aurait imaginé. Il lui arrivait parfois d'apprécier réellement sa compagnie, avant de se rappeler que son empathie ne devait jamais lui faire oublier le contexte : elle était l'ennemie. Tout comme celui qui venait de pénétrer dans la pièce, aussi discret qu'une ombre, et qu'elle n'aperçut qu'à la faveur d'un reflet dans le miroir. Instinctivement, elle afficha un sourire innocent, contrit, le même sourire détestable de fausseté qu'elle lui offrait à chaque fois, jouant tous les rôles qu'il voulait bien lui donner. L'ange, le démon, la victime, le bourreau, l'innocente, la meurtrière. Tous, sauf le véritable visage, celui de la résistante, la vengeresse aux idéaux meurtris par une guerre dans laquelle on l'avait projetée sans jamais lui demander son avis. D'un geste gracieux, elle se tourna pour lui faire face, posant sur la table en bois les épingles qu'elle tenait encore quelques secondes plus tôt. « Bien sûr que non, on ne m'autoriserait jamais à porter une telle robe. Je ne suis qu'une domestique » rappela-t-elle, voilant son ton d'une pointe de déception. En dépit du sang de Bronze sous lequel elle se présentait, elle n'en restait pas moins tout en bas de la chaîne alimentaire, insignifiante parmi les insignifiants. Si elle n'avait pas travaillé au sein du Palais, sans doute aurait-elle pu se hisser jusqu'à une place parmi les siens, mais son travail la priverait probablement de l'opportunité. En vérité, elle n'avait pas réfléchi à la question – assister à un mariage royal était la dernière de ses préoccupations, pas alors que Maverick se trouvait sans doute quelque part ici, dans les cachots. « Je doute qu'elle soit portée. Pas aujourd'hui, du moins. Thyra a préféré les services de quelqu'un d'autre. » Elle haussa les épaules, prétendant ne pas être affectée par cette décision. « Je suppose qu'elle restera là, sur le mannequin, en attendant de trouver preneur. » L'ombre d'une idée lui traversa l'esprit mais elle préféra ne pas la soumettre au jugement du bourreau. Leur relation, fragile, balbutiante, les obligeait à jouer aux funambules, à trouver l'équilibre entre séduction innocente et apprentissage violent. Tout ce qu'il fallait pour maintenant son intérêt, et l'empêcher de poser trop de questions à son sujet. « Que me vaut cette visite ? D'ordinaire, c'est moi qui viens te trouver, pas l'inverse. »
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Jeu 14 Sep - 10:03

Ses doigts caressaient le tulle de la robe d’un bleu profond, d’un bleu qui rappelait si nettement le bleu des lacs dans lesquels le jeune gamin qu’il fut se baignait avec ses frères et sœur. Il tournait encore le dos à Lyra, n’osant réellement lui faire face, ou croiser son regard clair. En sa présence, il était différent. Il ne savait exactement en quoi, mais il sentait en ces entrailles un changement. Plus hésitant dans ces gestes, dans ces paroles. Et une chaleur qui s’emparait de son ventre, des flammes vomissant pulsions qu’il avait du mal à contrôler. Elle était jolie Lyra, elle était belle même. Il avait remarqué ce fait avant même que la demoiselle ne s’introduise dans son atelier. Les mêmes pulsions qui le prenaient quand il croisait quelconque autre jeune femme, celles sauvages et instinctives, celles de l’amour et du pêché. Mais celles qui le poussaient vers Lyra étaient - légèrement - différentes : elles n’étaient pas éphémères. Lui qui avait l’habitude de ne pas garder plus d’une fois la même partenaire n’était pas contre l’idée de recommencer encore et encore avec elle. Encore fallait-il commencer. Là était le problème : malgré ces pulsions, ces envies, rien n’avait été amorcé. Et là était le changement : il se réfrénait, il devenait prudent. Il prenait le temps, le temps de quoi ? De mieux la connaître ? Ou serait-ce d’admirer la frêle créature qu’elle est avant qu’elle ne passe entre ses mains et ne devienne le monstre qu’elle cache à tous ? Peut-être serait-il l’agent de sa destruction, elle si gracieuse, si douce, si élégante. Peut-être ne voulait-il point être dans ce rôle, celui du destructeur des belles choses. Sa présence était néfaste, corrosive. Il était le monstre des sombres cachots, le loup parmi les agneaux. Si corrompre les autres ne le dérangeait pas - demoiselles de la cour au cœur déjà pourri par l’ambition et les complots - il sentait que son effet sur Lyra lui apporterait regrets et remords. Et pourtant. Il était curieux, et plus que ça. Une obsession s’était emparée de lui quand il avait deviné la nature cachée de la demoiselle. La douce créatrice qui voulait manier les couteaux. Elle souhaitait délaisser la mode pour la torture, la lumière de la cour pour les ténèbres des cachots. Loras avait décelé, à ce moment là, la part sombre de son âme, lui qui la pensait immaculée. Mais si bref fut ce moment, qu’il pensa avoir rêvé. Etait-elle simplement celle qu’il apercevait dans les couloirs, ou avait-il raison à son sujet : était-elle aussi corrosive que lui ? Voilà ce qu’il voulait savoir, ce qu’il voulait découvrir. Dans un lit, ou au cœur d’une cellule, qu’importe. « Bien sûr que non, on ne m'autoriserait jamais à porter une telle robe. Je ne suis qu'une domestique » Sa main lâcha le bout de tissu, retomba le long de son corps. « C’est bien dommage. » lui répondit-il, son regard encore posé sur la création de tissu. Loras trouva la déception dans la voix de la jeune femme, et la partagea avec elle. Il allait à ce mariage seul, solitaire éternel qu’il était, mais peut-être aurait-il pu y aller avec la belle Lyra, si joliment vêtue dans une de ses créations. Ils auraient fait sensation alors, auraient délié les langues de tous, volant la vedette au couple du jour. Une idée folle, aussi folle qu’impossible. Comme elle le soulignait, elle n’était qu’une domestique. Et lui, était en mission. Ils ne pouvaient trouver quelques heures pour briller ensemble. « Je doute qu'elle soit portée. Pas aujourd'hui, du moins. Thyra a préféré les services de quelqu'un d'autre. » Toujours de dos, il écoutait la voix de la demoiselle porter jusqu’à ces oreilles, mélodie exquise qui étirait ses lippes de satisfaction. Qu’il devait être doux d’entendre ses plaintes libertines, ses murmures orgasmiques. « Je suppose qu'elle restera là, sur le mannequin, en attendant de trouver preneur. » Il observait la robe encore une fois, l’imaginait sur sa peau clair-de-lune, subissant l’épreuve de ses doigts, de ses mains et de leurs multiples caresses. Il la voyait sur le sol, roulée en boule, le corps nu de Lyra à sa portée. Il se mordit la lèvre, ferma les yeux, lutta pour effacer ces idées. Il ne devait pas y penser, pas ici, pas maintenant. Oh, mais qu’est-ce qu’il en avait envie. « Que me vaut cette visite ? D'ordinaire, c'est moi qui viens te trouver, pas l'inverse. » Parlons d’autre chose, enlève-moi ces idées de la tête. Il rouvrit les yeux, tourna les talons et enfin, fit face à la couturière. Un instant de plus, une seconde de silence. Juste le temps de brider la folle horde de ces pulsions cavalières. Il hocha la tête, acquiesça à son affirmation. « Tu as raison. J’avais envie de changer les rôles aujourd’hui. » Moi qui entre dans ton monde, toi qui ne ferme pas l’œil de la nuit, moi qui t’obsède, toi qui te contrôle malgré chaque cellule de ton corps te criant - te hurlant même - de foncer, de me dominer. « Je passais dans le couloir, en vérité, et je t’ai aperçue. La cérémonie ne commence que dans quelques heures, j’ai du temps à tuer. » Au lieu de tuer des résistants, attaquons-nous au temps. Ensemble.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Dim 17 Sep - 21:38

Loras Harlaw était-il un homme effrayant ? Probablement, et pour bien des raisons, à commencer par son appréciation des objets tranchants et leurs effets sur les peaux humaines. La lueur dans son regard, la première fois qu'il lui avait montré l'étendue de ce qu'il appelait art, ne trompait personne : il était un prédateur, un homme dangereux qui imposait une méfiance de tous les instants. Parfois, Nurie retenait son souffle lorsqu'elle l'observait faire, à la fois impressionnée et craintive de provoquer chez lui une colère dévastatrice. L'enjeu principal, naturellement, était de ne pas être découverte. Elle n'osait imaginer ce qu'il lui ferait subir s'il découvrait que la petite couturière qu'elle prétendait être cachait une résistante déterminée à atteindre son but, peu importe les conséquences. Mais Nurie appliquait au pied de la lettre ce vieux proverbe que lui avait enseigné Maverick, garde tes amis proches et tes ennemis plus proches encore. En soulevant l'intérêt de l'espion de la couronne, elle s'était elle-même mise en danger d'être découverte à la moindre erreur de calcul. Alors, plutôt que de rester passive, elle avait opté pour l'alternative la plus simple : aller dans son sens, continuer d'éveiller son intérêt, se plonger jusqu'à perdre pied dans un rôle qu'elle ne maîtrisait pas tout à fait mais dont elle s'imprégnait chaque jour un peu plus. Devant lui, elle n'était que Lyra, la couturière, la dame de compagnie de Thyra avec elle aussi un penchant pour les armes tranchantes et la torture. Et la vérité, c'était qu'elle y prenait goût. Loras, en plus d'être doué, était un excellent professeur capable de susciter la fascination chez son élève. Nurie n'avait jamais été violente, c'était même l'inverse : enfant, elle se montrait étonnamment docile à l'inverse du turbulent Maverick. Etudiante, elle préférait le calme de la bibliothèque à l'agitation des dortoirs. Peut-être était-ce à cause de son élément, si douce, si trompeuse, à l'inverse du feu évident et dévastateur. Mais plus elle s'enfonçait dans sa mission de résistante, plus elle se découvrait un attrait insoupçonné pour la démonstration de force. Et torturer l'était, indéniablement. Il fallait posséder une force de caractère surprenante pour résister au dégoût d'infliger des blessures juste assez profondes pour faire mal mais pas assez pour ôter la vie. Ou bien il fallait être dénué de la moindre émotion, à l'instar de son professeur. Un professeur qui, de plus en plus, semblait tenté de franchir certaines limites à en juger par son comportement. « Ce n'est pas ma couleur, de toute façon. » mentit-elle avec aisance. Le bleu avait toujours été sa couleur préférée, pour bien des raisons à commencer par ses origines. Mais Lyra, elle, préférait le rouge du feu Oshun, le rouge de la passion, de la destruction, de la folie. Loras lui fournit des explications auxquelles elle ne s'intéressait pas, sans pouvoir s'empêcher de noter qu'il se tenait dangereusement près d'elle, et qu'une lueur gourmande brillait dans ses yeux. Avait-elle considéré la possibilité de s'offrir à lui ? Oui, mais principalement pour se protéger de lui, pour s'enfoncer toujours plus dans le mensonge qu'était Lyra et ne pas se mettre en danger. Si elle pouvait l'éviter, elle le ferait : il y avait quelque chose d'inquiétant à l'idée de susciter un tel désir chez un homme capable de la dépecer avec un plaisir malsain. Imperceptiblement, elle se décala pour ajouter de la distance entre eux. « Du temps à tuer, toi ? Je pensais que tu aurais des tâches quelconques à accomplir pour la couronne... » répondit-elle en haussant les épaules, comme si cela ne l'intéressait pas. En vérité, c'était probablement une bonne chose : sans savoir exactement quoi, elle savait cependant que les Osanos profiteraient de l'occasion pour semer le chaos et renforcer la résistance. Mieux valait qu'un homme comme Loras se trouve en sa présence pour l'instant, plutôt qu'à l'affut de leur présence à eux. Au service de la résistance, se rappela-t-elle, songeant qu'elle devait être inconsciente pour pousser sa mission aussi loin. « Et bien, je comptais terminer de coudre ma robe mais si tu as une autre idée en tête, je pourrais toujours la terminer plus tard » suggéra-t-elle, presque entre ses dents, sachant pertinemment qu'il s'agissait de la réponse attendue. Elle priait seulement pour que l'idée qu'il ait en tête soit de son ressort et ne l'oblige pas à dépasser les limites qu'elle continuait de se fixer mentalement.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Jeu 21 Sep - 18:04

Il se rappelait son enfance, et les robes que portait sa mère. Le plus souvent dans les tons cuivrés, certaines arboraient des couleurs verdoyantes, l’alliance parfaite entre terre et verdure : leur nation, leur gagne-pain. Il se souvenait également d’une robe bleue, aussi bleue que celle qui se tenait alors devant lui, d’un bleu aussi profond que les lacs de son enfance, aussi céleste que le ciel qui les couvrait. Cette robe n’avait été portée qu’à une seule occasion, un bal parmi les autres au palais Griffith de Greenstall. Un temps de pause au milieu de la guerre, une soirée loin des offensives et du sang que celles-ci généraient. Les nobles et bourgeois de ce temps se réunissaient, insensibles au reste du monde : « Chandeliers et caviar, la guerre ne peut nous toucher ici. » se rappelait-il avoir entendu à l’une de ces réceptions où la richesse coulait de toutes parts, suintait des murs dorés, étouffait toute forme d’inquiétude. Ils étaient riches, ils étaient en sécurité. A cette époque-là, Lancel était déjà parti aux combats. Mandaté ou de son plein gré, son jeune frère ne se souvenait désormais plus la raison de son départ. Toujours était-il qu’Aurelianna Harlaw était, ce soir-là, de toute splendeur dans sa robe couleur lagune. Loras s’en souvenait, de cette soirée, et tout le royaume devait sans doute s’en souvenir encore : la musique et les danseurs occupaient tout l’espace de la grande salle, la famille royale attiraient regards envieux et jaloux, les rires et les sourires sur toutes les lèvres. Dans un coin de la salle, cependant, un émissaire arrive, tout discret qu’il est, et s’avance vers le couple des parents Harlaw. Loras charme plus loin quelques demoiselles, et Luwyn, comme à son habitude, est retranché dans un coin sombre. Lyanna, encore trop jeune pour faire son entrée dans le monde, est restée avec sa gouvernante dans la propriété familiale. Et même si la musique retentit de toute force, et même si les rires et les conversations emplissent la salle d’un bourdonnement odieux, le cri poussé par Aurelianna Harlaw semble déchirer la voûte céleste. D’un même mouvement, la salle se retourne vers la femme, désormais au sol, le visage noyé sous ses chaudes larmes. On vient de lui apprendre la mort de son fils aîné et chéri Lancel. Son mari, le visage ferme, tente de la relever tout en rappelant à lui ses fils d’un simple regard. Il est temps pour la famille Harlaw de mettre fin aux festivités.

La scène était encore si claire dans son esprit, Loras pouvait avoir l’impression qu’elle s’était déroulée hier. Mais des années avaient passé, et malgré les tenues sombres portées par Aurelianna depuis ce jour, son fils ne pouvait oublier les robes aux couleurs merveilles qui avaient épanoui son enfance. Cette robe qui se tenait devant lui, créée de toute pièce par celle qui était son apprentie attisait en lui l’admiration, tout comme l’innocence qui fut autrefois sienne. Flot de sentiments mitigés qui s’abattait sur le fort de son âme, Lyra avait toujours attisait en lui une tempête difficile à contrôler. Envie de la faire sienne, de l’ajouter à sa collection. Admiration et curiosité s’emmêlaient également. La conversation débuta, subtile et retenue, bridant les réelles intentions de l’homme. « Ce n'est pas ma couleur, de toute façon. » lui répondit-elle, du mensonge dans la voix. Il le savait, qu’elle mentait : il pouvait jurer que toutes les couleurs de l’arc-en-ciel lui allait, qu’elle serait belle en toutes circonstances. A l’instar de feu sa mère. La conversation continua, question, réponse. « Du temps à tuer, toi ? Je pensais que tu aurais des tâches quelconques à accomplir pour la couronne... » Il sourit, comme il savait si bien le faire, de ce sourire mesquin, cet étirement des lippes carnassiers qui le caractérisait si bien. « Peut-être suis-je en mission, à vrai dire. » chuchota-t-il alors qu’il s’approchait encore d’elle. La surveiller, elle, encore et encore, serait une tâche des plus plaisantes. Lui arracher ses secrets à coups de baiser, de reins. La déposséder de ses zones d’ombres, de ses habits ternes de domestique. « Et bien, je comptais terminer de coudre ma robe mais si tu as une autre idée en tête, je pourrais toujours la terminer plus tard » Des idées, il en avait tout un tas, elle-même ne pouvait en imaginer la moitié. Il s’approcha encore d’elle, la dominant toujours de sa hauteur terrifiante, débridant son instinct et le laissant prendre le dessus. Il pouvait le laisser faire complètement, là, dans cette petite salle du palais. Là, personne ne viendrait les déranger. Il pouvait faire d’elle, ici et maintenant, ce qu’il désirait. La prendre, lui faire goûter le plaisir comme elle ne le connaissait pas, la faire crier et soupirer. La faire sienne, comme il en rêvait depuis des nuits. « Non. » souffla-t-il, ne sachant réellement s’il s’adressait à elle, ou bien à lui-même. « Je ne voudrai pas te déranger. Retourne donc à ta tâche. » Les poings serrés, il ne bougeait plus. En lui se jouait les prochaines minutes : le chasseur qu’il était tentait de remettre la main sur la bride de l’animal fou qu’était son instinct. Ce n’était ni le moment, ni l’endroit, ni la bonne personne. Il devait partir et ce, dès à présent. Quitter la pièce et ne recroiser la couturière bien plus tard. Mais l’instinct était difficile à dompter, et même si la tempête qui s’abattait sur le fort de son âme semblait se calmer, un geste fou s’empara de sa main. Celle-ci monta le long de son corps, et s’arrêta à hauteur du visage angélique de la demoiselle. De deux doigts, il attrapa une mèche de cheveux et la rapporta derrière son oreille.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Dim 24 Sep - 23:52

Elle se rappelait avec précision, jusque dans les moindres détails, comment tout avait commencé, comment elle s'était approchée de lui, proposant de lui vendre son âme en échange d'un apprentissage qu'elle ne comprenait pas. Savait-elle, à cet instant précis, que le pacte qu'elle faisait lui volerait les rares morceaux d'innocence qu'elle possédait encore ? Etait-ce ce qu'elle avait cherché, détruire les relents d'humanité, les souvenirs de la Nurie d'avant, celle qui ne comprenait pas la violence du monde dans lequel elle vivait, les intrications de chaque action, chaque conséquence ? Peut-être son geste avait-il été conscient, réflexe d'autoprotection, ou volonté réelle de s'affranchir enfin de la gamine d'Aguarini. D'une voix calme, elle avait demandé à apprendre, à devenir bourreau, monstre sans doute. Elle se rappelait l'instinct qui l'avait guidée à lui, la peur au ventre à l'idée d'échouer dans sa mission, d'être découverte et de tout perdre par simple excès de confiance en elle. Elle avait senti sa suspicion dès le premier regard échangé, avait compris pleinement l'ampleur de la tâche et les dangers dont elle regorgeait. Attendre, ou agir. Alors elle avait choisi de faire d'une pierre deux coups, de se rapprocher d'un homme qui lui trancherait la gorge s'il apprenait qui elle était, d'apprendre à ne pas laisser les émotions l'atteindre. Elle découvrait les gestes mécaniques, vidés de cette empathie qui lui tordait encore le ventre, la précision du couteau le long d'une peau, le sang jaillissant d'une entaille, le questionnement méthodique pour obtenir des réponses. Et elle y prenait goût. C'était peut-être ça, le plus dangereux. Plus encore que de fréquenter aussi régulièrement un tortionnaire, plus encore que de jouer à la petite couturière innocente. Savourer le parfum de désespoir s'échappant des prières d'une victime, sentir le rictus victorieux déformer ses traits, continuer sans s'arrêter et faire taire l'oppression dans sa propre poitrine sous le regard fasciné du maître en la matière. Elle n'était pas poupée, pas même docile, il ne la transformait pas : il la révélait.

La présence de Loras emplissait la pièce d'une tension qu'elle peinait à comprendre. Elle n'aurait pourtant pas du être surprise, tant l'esquisse de relation entre eux reposait uniquement, pleinement sur cette sensation. Sa voix résonna, alors même qu'il n'avait que murmuré, elle répondit à son tour d'un sourire innocent. Il n'était pas en mission, jamais quand il était avec elle. Elle le savait parce qu'elle l'avait observé faire avec d'autres, avait reconnu les gestes contrôlés, les sourires creux, les phrases vides de sens. Il se comportait comme tous le faisaient dans ce Palais, avec une suavité hypocrite et mesurée que Nurie détestait. A Baeri, les gens étaient vrais, authentiques parce que leur vie l'exigeait. Il n'y avait pas le temps de jouer à des jeux d'esprit, seulement l'urgence de vivre, d'avancer sans encombre. C'était la première fois qu'elle s'y confrontait et leurs manières lui donnait envie de hurler. Mais avec elle, Loras n'était pas en mission, et elle constata avec une pointe de regret que d'eux deux, c'était elle qui le trompait. La petite couturière, Lyra aux doigts de fée, ne reposait que sur un mensonge qu'elle déroulait petit à petit. Elle apprenait les codes avec une facilité déconcertante, comme si elle les avait toujours sus et n'attendait que l'occasion de les utiliser. Elle était comme eux, mais en avait conscience et continuait de se justifier de la même façon : la fin justifie les moyens. « Je ne le crois pas » répondit-elle calmement. « Tu ne te comportes pas de la même manière avec moi » ajouta-t-elle pour faire bonne mesure. Alors seulement, le constat la frappa : ce n'était pas Loras qui créait la tension mais elle. Elle cherchait la réaction chez lui tout en se défendant de la vouloir, elle espérait créer le désir pour en jouer du bout des doigts. Elle tentait de le contrôler en exacerbant la tension, en provoquant le désir, en se faisant à la fois sainte et démon, innocence et corruption, jouant au même jeu que lui mais avec un degré de compréhension que seule une femme pouvait posséder. La peur vint enserrer une nouvelle fois son ventre face à la réalisation que la Nurie qu'elle pensait être n'existait pas – ou plus. Mais l'appel du jeu la reprit de plus belle, tandis que Loras faisait mine de ne pas vouloir rester. « Comme tu voudras » fit-elle d'un ton d'où perçait la déception. Elle était incapable de savoir quelle part de celle-ci était simulée et quelle part était réelle. Se découvrir sous son regard fasciné lui plaisait, même quand elle prétendait que ce n'était pas le cas. Le geste qu'il esquissa la prit pourtant de court : elle pensait qu'il partirait, qu'il garderait le contrôle comme elle le faisait, mais il se trahit de façon inattendue. Nurie retint son souffle, plongeant son regard dans celui de Loras, tétanisée par une émotion sur laquelle elle ne parvenait pas à poser de mots. Enfin, ses lèvres s'entrouvrirent. « Rien ne presse » murmura-t-elle, sans être certaine de savoir à quoi elle faisait référence.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Lun 25 Sep - 16:57

Un sourire brodé sur ses lippes, un murmure au creux de son oreille, et un jeu à laquelle on voulait qu’elle croit. Qu’il n’était pas là juste par plaisir, qu’on lui avait demandé d’être là, avec elle. Qu’il ne pensait pas à elle jour et nuit, que son intérêt n’était que purement professionnel. Mais la blonde n’était pas bête, et balaya le sourire du lion d’un simple geste. Elle était calme, la belle, et pourtant proie du terrible prédateur. Il tournait autour d’elle, ses lippes étirées, pensant déjà au repas qu’il ferait d’elle. Ne pensant qu’à cela, à vrai dire. En sa présence, plus rien n’avait ni d’intérêt, ni d’importance. A ses côtés, il était faible. Il ne voyait pas le danger rôder autour de lui, il ne voyait qu’elle. Elle et ses mains d’artiste, elle et ses cheveux de blé, ses yeux aussi bleu que les lacs de son enfance. Elle et son corps divin qui n’était encore sien. « Je ne le crois pas » finit-elle par dire, effaçant le sourire de l’homme. « Tu ne te comportes pas de la même manière avec moi » Elle l’observait donc, quand il était à ses côté, quand il ne l’était pas. Elle se rendait compte de ses changements de comportement, de son attitude dans les divers milieux qu’il comportait. De nouveau, sur ses lippes fleurit un sourire insolent. Il revint cependant à lui, tenta de contrôler l’appétit du démon en lui, et décida de quitter au plus vite ces lieux damnés et cette présence angélique. « Comme tu voudras » lui avoua-t-elle simplement, la déception teintant tout de même son ton de voix. Il n’avait pas encore bougé, il ne semblait plus savoir bouger. Il se criait de partir, d’être plus fort que sa part d’ombre, mais celle-ci pesait sur ses jambes, et l’empêchait de reculer. L’instant d’après, ses doigts tenaient entre eux une mèche singulière qu’ils replacèrent derrière son oreille, effleurant au passage la joue délicate de la poupée. Un avant-goût de ce dont il aurait droit par la suite, s’il si prenait bien ; une caresse avant l’heure. Son regard grisâtre balayait longuement le visage de Lyra, descendant le long de son nez fin, remontant ses pommettes rougies, s’attardant sur ses lèvres divines. Cet instant volé entre deux âmes sembla immortaliser le temps, et tout autour d’eux suspendit son cours. La ligne temporelle se tordait, la lumière s’intensifiait : le rayon de soleil se posant sur les lèvres de la couturière narguait le soldat du privilège qu’il avait à l’embrasser. « Rien ne presse » murmura-t-elle entre deux baisers du soleil. Elle avait raison, rien ne pressait. Pas même la cérémonie, pas même sa quelconque mission. Ici, maintenant, plus rien n’importait. Loras n’était plus Loras, Lyra n’était plus Lyra. Ils n’étaient que deux inconnus dont les regards se croisaient pour la première fois ; ils n’étaient que deux vieilles âmes se reconnaissant pour la première fois. Il lâcha les brides, laissa les chevaux galoper follement dans les hautes herbes du fort de son âme, leurs pattes léchées par les hautes vagues de la tempête marine. Tout en lui semblait si apocalyptique - le déchaînement de la mer, les chevaux sauvages, le fort détruit - et pourtant, tout semblait si calme - aucun bruit ne venait corrompre le tableau horrifique. La peinture était belle, les éléments déchaînés de son fort intérieur offraient alors un paysage chaotiquement sublime. C’est alors que, suivant le mouvement des fol étalons, son bras se leva et vint attraper la nuque délicate de la jeune femme, attirant alors son visage à lui. Ses lèvres féminines, toujours embrassées par ce malin soleil, ne gracièrent pas celles de Loras de ce même privilège : seuls leurs fronts, pour le moment, se rencontrèrent. Ses yeux gris plongés dans son regard océanique, le monde autour d’eux s’effaça de manière certaine et définitive. « Non, rien ne presse ». Le chaotiquement sublime avait pris le dessus sur le chaos pur, et l’âme de l’espion se sentait apaisée. La proie pourtant à sa merci, aucune brusquerie ne vint briser leur étreinte. Il se contentait de la regarder, profondément, enregistrant chacun des détails de sa peau, ses doigts massant aussi délicatement qu’ils le pouvaient la nuque de la jeune femme. Son pouce descendait et remontait en vagues irrégulières le long de son col dénudé, caressant chaque parcelle de peau qu’elle lui offrait. « Rien ne presse. » répéta-il une seconde fois dans un souffle inaudible.

Le temps n’était plus. L’espace n’était plus. Il n’y avait qu’eux qui comptaient.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Mar 26 Sep - 22:37

Il n'y avait pas d'arme plus redoutable que le corps d'une femme. Plus tranchante qu'une lame affutée, plus efficace qu'un tir d'arbalète, plus délicate qu'un poison s'infiltrant lentement dans les veines de sa victime. C'était un moyen de défense autant qu'un moyen d'action, permettant d'arriver à ses fins plus sûrement que sous le coup d'une menace. Cette expérience, Nurie l'avait apprise au contact de Loras, découvrant pour la première fois l'utilité d'une féminité qu'elle ne s'était alors jamais donné la peine d'explorer. Elle avait longtemps considéré son corps comme un lien la rattachant à la vie, un bien qu'elle ne protégeait qu'occasionnellement, qu'elle n'utilisait jamais dans une autre optique que celle de la survie. Femme, mais pas féminine. Elle s'était adonnée au plaisir de la chair plusieurs fois, mais possédait un rapport infiniment délicat à l'intimité, sans doute parce qu'elle n'avait jamais fait grand cas de ses conséquences. Mais à présent qu'elle côtoyait les nobles du Launondie, elle prenait conscience des atouts en sa faveur dans un endroit où elle ne pouvait compter que sur la ruse de son esprit à défaut de pouvoir utiliser d'autres armes. Nurie n'avait pas immédiatement compris l'utilité qu'elle pourrait faire de ce corps qu'elle dissimulait sous des robes bouffantes, de la même façon que l'attirance qu'elle pouvait faire naître chez des hommes était un sujet qu'elle n'avait que difficilement appréhendé. Sa proximité avec Loras cependant avait éveillé en elle une prise de conscience dépassant largement le cadre de sa mission. Nouer un lien avec sa féminité lui avait permis de l'utiliser avec une subtilité tout à fait féminine. Si les hommes dominaient par la force, les femmes les égalait par l'utilisation qu'elles faisaient de leur esprit et Nurie s'était prise au jeu avec une facilité déconcertante. Se laissant aller à un contact plus intense que d'ordinaire, elle retint son souffle sous le regard de Loras, dont elle aurait juré qu'il luttait contre des démons intérieurs tentant de le corrompre et de se laisser aller à son désir. Consciente que parler aurait sans doute brisé l'intensité du geste, elle se contenta de lui rendre son regard, son front collé contre le sien, ses lèvres à une proximité infime des siennes. Nurie n'avait jamais envisagé Loras autrement que comme un pion sur l'échiquier qu'elle tentait de mettre en place au sein du château, jamais comme autre chose qu'un moyen permettant d'arriver à une fin, une protection qu'elle s'octroyait pour le détourner de sa méfiance. Même lorsqu'elle avait senti son regard se poser plus longtemps qu'il ne l'aurait du sur elle, elle s'était toujours montrée réservée, pudique, refusant de s'offrir à lui si elle ne se trouvait pas dans une impasse sans autre solution. Mais à cet instant précis, sous les rayons d'un soleil automnal à la douceur semblable à une caresse, la vulnérabilité de Loras face à elle lui présenta l'espion sous un angle qu'elle n'aurait jamais cru possible. Pour la première fois, depuis leur tout premier échange, il livrait une autre facette, moins brutale, moins assurée, se soumettant à la volonté d'une femme sur laquelle il n'aurait, dans d'autres circonstances, jamais posé le moindre regard. Et pour la première fois, Nurie sentait le désir creuser son ventre, malgré tout les risques que cela représentait. Avec une lenteur innocente, elle continuait de l'observer, ses lèvres effleurant celles de Loras sans jamais s'en emparer. Quelque chose en elle lui soufflait que le faire aurait ruiné un instant suspendu dans le temps, authentique et fragile. Elle le laissa se poursuivre, s'étendre avec langueur de longues secondes avant d'y mettre un terme presque à contrecoeur. « Ce ne serait pas raisonnable » souffla-t-elle lentement. Pas raisonnable, pour tellement de raisons différentes et sans qu'aucune ne soit plus importante que l'autre. Pas raisonnable, car elle aurait débordé du cadre qu'elle s'était fixé dans sa mission. Pas raisonnable, car Loras était l'ennemi, l'homme de la couronne, de la justice arbitraire. Qu'il était aussi dangereux qu'insondable, sans même parler de la différence d'âge qu'elle s'efforçait pourtant d'ignorer le plus souvent. Pas raisonnable, enfin, car concrétiser ce qu'ils avaient créé au fil des semaines aurait un goût de fin auquel elle ne s'était pas préparée. Il y avait un avant, mais elle refusait d'envisager un après et tous les doutes que cela créerait en elle. Elle inspira profondément, détournant le regard pour le reposer sur sa création dont les pierres précieuses reflétaient la lumière du soleil.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Dim 1 Oct - 11:48

L’un contre l’autre, et plus rien n’existait. Une proximité nouvelle, inconnue, et des sensations semblables. Loras avait lâché la bride, et profitait à présent de l’instant présent, de leurs fronts l’un contre l’autre, de leurs regards plongés l’un en l’autre. Elle était toute aussi belle de si près qu’elle ne l’était à distance formelle. Lyra, délicate couturière du palais, reposait enfin entre ses bras. Elle était à sa portée, petite gazelle à la merci du terrible lion, et, d’un seul mouvement, il la mangerait toute crue. Pourtant, il ne le faisait pas. Il restait là, interdit, à contempler la beauté innocente qui se tenait face à lui. Lui-même ne se reconnaissait pas, ainsi posé. S’il elle avait été toute autre jeune femme, cela aurait fait bien longtemps que Loras aurait fait d’elle une autre de ses victimes, rajoutant son nom à son tableau de chasse déjà bien garni. Et pourtant, il ne bougeait pas, il ne tentait rien : à croire que la proximité qu’elle lui offrait à présent suffisait à satisfaire son désir. Mais en lui, auprès des chevaux galopant librement, persistait tout de même cette flamme rageante, celle qui ne pouvait se contenter de si peu, celle qui voulait plus, toujours et toujours plus. Elle brulait en lui, à petits feux, presque imperceptible et pourtant là. Elle lui soufflait au creux de l’oreille de réclamer ce qui lui était dû, de prendre les lèvres de cette fille, de prendre bien plus encore. Et Loras aurait cédé, si seulement elle ne s’était retirée. Il ne savait combien de temps s’était écoulé, mais le grand sablier reprit son cours. Tout revint à lui, alors qu’il la voyait s’éloigner : le mariage, son serment, les attaques, et toutes autres cruautés rythmant une vie à Aksana. « Ce ne serait pas raisonnable. » souffla-t-elle alors qu’elle filait entre ses doigts. Une douleur vint prendre Loras dans la poitrine alors qu’il réalisait ce qui aurait pu être, ce qui n’était pas. Elle lui avait offert un instant hors du temps, avant de reprendre espoir et envie qui l’avait assaillie. Il la regardait, interdit, revenant peu à peu à la réalité. Son esprit encore embrumé, les chevaux toujours libres et pourtant contraints de finir leur course, de retrouver les brides, d’oublier la possibilité de liberté inconditionnelle qui, un instant auparavant, était leur. Il était temps de rentrer à l’écurie, et de quitter les vertes vallées. Il était temps pour la tempête de se calmer, et d’oublier les désireux baisers qu’elle déposait contre les remparts du fort de son âme. Il était temps pour la tourmente de se finir, et à la mission de commencer. Il devait tourner les talons, quitter la pièce, et faire ce qu’on demandait de lui : se taire, écouter. Ne rien espérer. Mais tout cela n’était pas raisonnable. « Au diable les autres. » lui répondit-il, sa main attrapant le bras de la demoiselle, attirant celle-ci à lui. Aussitôt, ses mains reprirent place sur le visage de Lyra, comme si là était leur destinée. Et sans hésiter une seconde de plus, Loras couvrit les lippes de son apprentie d’une caresse insatiable. Sa bouche était chaude, le délice de ses lèvres plus doux qu’il ne l’aurait imaginé. Il avait saisi l’instant, tout comme il avait saisi l’opportunité. Tout comme il l’avait saisi elle. Elle ne pouvait plus s’échapper à présent, il avait goûté ses lèvres et en demandait plus. La flamme en lui s’intensifia, alimentée par le désir qui faisait battre son cœur, et l’association des deux lui brûlait le ventre. Divine douleur pour un baiser avec un ange. Son baiser s’accrut, à l’instar de l’étreinte de ses mains sur son doux visage. Il la tenait, il ne voulait plus la laisser partir. Il fallait pourtant vivre, et respirer était une obligation : contre lui-même, il dû libérer les lèvres de Lyra. Il ne la lâcha pas pour autant, et sa bouche trouva d’autres formes de plaisir. Il embrassa son front délicat, descendit le long de sa joue, se plaça dans son cou, baisant chaque parcelle de peau qu’elle avait à lui offrir. Il était avide, rien n’était assez, toujours il en voulait plus. Ses mains délaissèrent le visage de la blonde pour suivre le chemin des lèvres, caressant la nuque de la jeune femme, ses pouces laissant une trace plus marquée que les autres. Son cœur, comme la flamme en lui, s’emballait : au creux de son oreille battait le rythme de son désir. Sa respiration se faisait plus saccadée au fil des embrassades. Et alors que ses mains trouvèrent leur place au creux de ses reins, et que ses lèvres regagnèrent celles de Lyra, il réalisa qu’il avait perdu le contrôle. Les chevaux avaient repris leur course, et la flamme brillait de milles feux.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Mar 3 Oct - 23:45

Elle sentait la résistance de l'espion faiblir, sa volonté se soumettre aux gestes mesurés et pudiques de Lyra, si similaires à ce que Nurie aurait pu faire. Sa compréhension de l'utilité qu'elle pouvait faire de son corps lui avait demandé un travail remarquable, mais elle n'avait jamais pu la mettre en pratique, ni même désiré. Ses émotions trop à vif, trop intenses, nourries du chagrin et de la haine d'avoir perdu tout ce qui l'avait créée, l'empêchaient de goûter aux plaisirs simples, même les plus innocents. Naturellement, rien n'était innocent avec Loras, mais il y avait eu d'autres hommes avec lui. Il y avait eu Maverick, qui n'avait pas été le premier, ne serait pas le dernier, mais qui l'avait éveillée au désir d'une façon qu'elle n'aurait cru possible. Il y avait Sareth, le pêcheur de Baeri, celui qui l'avait courtisée dès sa sortie de l'Académie, nourrissant l'espoir d'un jour la faire sienne en lui passant un anneau au doigt. Il y avait eu quelques rencontres, souvent insignifiantes, des noms qui lui échappaient tant ils avaient laissé un impact périssable sur son esprit. Mais leur nombre se limitait à ce que Nurie avait accepté de donner d'elle. Avec la mort de ses parents, cette portion d'elle-même s'était réduite comme peau de chagrin, remplacée par un besoin viscéral de vengeance dominant ses pensées au point de la lancer sur un chemin où les hommes n'avaient pas cette place. Loras changeait la donne, sans qu'elle n'en prenne la pleine mesure. S'il ne serait jamais qu'un moyen permettant d'accéder à une fin, elle apprenait à le considérer avec la même fascination qu'il lui retournait, alimentée par la curiosité qu'il créait en elle, et l'impression de puissance qui se dégageait de lui. Ce n'était pourtant pas cette fascination-là qui la perturbait aujourd'hui, et la faille béante en lui remplaçait l'impression de maîtrise complète qu'il lui avait jusqu'à présent offerte. Elle aurait pu – aurait du, sans doute – se demander ce qu'il trouvait en elle qu'il ne trouvait pas chez les courtisanes, ni chez les nobles qu'il fréquentait depuis toujours. Elle le soupçonnait de se laisser attirer par le goût de la nouveauté, la forme d'exotisme qu'elle incarnait, elle qui ne venait ni de son monde, ni de sa région, qui se faisait démon dans un corps innocent, ou bien l'inverse au rythme de leurs rencontres. Ou peut-être était-ce la certitude inconsciente qu'elle n'était pas ce qu'elle prétendait être et le besoin de comprendre, de savoir, de démêler le vrai du faux, Lyra de Nurie, la petite couturière de la résistante aux desseins sans doute trop sombres même pour elle. Loras avait abandonné, laissant libre court à une envie qu'il ne parvenait plus à réprimer. Le contact de leurs lèvres la surprit, l'espace d'un instant, une infime seconde d'incompréhension avant que son corps ne lui rappelle la panoplie d'émotions qui accompagnaient un baiser fiévreux. Instinctivement, son cœur se mit à battre plus fort, plus rapidement, cognant dans sa poitrine avec violence, tandis que ses paupières se fermaient pour se laisser guider par le rythme de leur baiser. Il y mettait tout ce qu'il ne parvenait pas à exprimer autrement, songea-t-elle, tout ce qu'il gardait enfoui au fond de lui parce que céder revenait à accepter de ne plus maîtriser, de perdre le contrôler, de laisser les émotions le guider sans saisir pleinement les conséquences du geste. D'abord anxieuse, Nurie lâcha prise à son tour, acceptant de donner à Loras plus que ce qu'elle aurait voulu. Elle lui rendit son baiser avec autant d'empressement, offrant sa nuque à la caresse de ses lèvres, la marque appuyée de ses doigts. Elle laissa son corps la guider, parce qu'il était plus simple d'agir par instinct que de réfléchir, autant que parce qu'elle se surprenait à apprécier le contact de leur corps et les sensations qu'il provoquait en elle. Elle se rapprocha de lui, réduisant à néant la distance tandis qu'il regagnait ses lèvres, s'emparant d'elle avec une intensité renouvelée. Nurie se refusa pourtant à s'engager plus loin, pas comme ça, pas maintenant, surtout pas au moment où son esprit se devait de rester clair pour mener à bien la mission qui l'attendait quelques heures plus tard. A contrecoeur, elle se dégagea de lui, inspirant lentement pour reprendre la parfaite maîtrise de son rythme cardiaque. Son index remonta jusqu'aux lèvres de Loras, retraçant les gestes de sa bouche. Un sourire, timide, gagna les siennes. « Je ne veux rien précipiter » murmura-t-elle, se gardant d'exprimer le fond de sa pensée, nouvelle démonstration d'une pudeur malvenue. « Et encore moins n'être qu'une domestique à ajouter à une liste... » Voilà un angle d'approche qui saurait sûrement éveiller à nouveau l'intérêt de l'espion.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Sam 21 Oct - 16:01

Le monde brûlait. Les vagues déferlaient sur les côtés. La terre se craquelait. Le monde périssait de toutes parts. Mais eux, eux étaient à l’abri, loin du chaos apocalyptique. Dans les bras l’un de l’autre, protégés par leur passion commune, sauvés par les baisers échangés. Le reste du monde n’existait plus, le temps n’était plus, plus rien n’importait si ce n’est le corps de l’autre. Sensualité intemporelle qui attise le feu qui les entoure, qui les enveloppe, les gobbe, leur lèche la peau de ses flammes incandescentes, qui brûle tissus et chairs. Elle si près de lui, le monde pouvait crever, il ne la lâcherait pas. C’était un poison que les embrassades qu’il lui offrait, ses lèvres contre sa peau, son parfum délicat l’enivrant à chaque nouveau contact entre leurs deux peaux. Elle faite de vagues salées, lui d’argile brune ; les marées s’entrechoquaient sur les grèves de terre. Il le savait d’ors et déjà, sans pourtant vouloir se l’admettre réellement, elle serait sa perte. De ses bras il chuterait, seulement pour rencontrer plus bas le sol dur et froid. Ou bien arraché à ses baisers et ses étreintes précieuses et mis sur le bûcher par ceux à qu’il eut prêté serment. Une guerre se jouait en lui, raison contre passion. Mais bientôt, les batailles le dépasseraient, et les éléments se jureront infidélité. Parmi les belliqueux, l’amant qu’il est connaîtra sa malédiction de voir l’objet de ses désirs se retourner contre lui - et non pour plus d’embrassades. Mais cela, le chien impérial ne le savait encore. Il oubliait pour le moment le temps qui le berçait lui et ses compères depuis la nuit des temps, seulement pour satisfaire la poupée qui se trouvait entre ses mains. Baisers sur les lèvres, au creux du cou, sur sa peau fragile et tant désirée. Et la jolie se laissa faire, s’abandonna à lui, sort cruel qui était le sien. La fragile couturière fit tomber ses barrières, et le chien en profita, il jubila. Elle se faisait sienne, le laissant maître de la danse, chorégraphe de leur funeste destin. Les baisers s’intensifièrent, leurs cœurs tous deux s’emballant dans une course folle où seule la passion dominait. Leurs sens n’étaient plus, et la raison avait perdu : l’un comme l’autre s’offrait enfin. Il la serrait contre elle, interdisant à l’oiseau indocile de s’envoler vers d’autres contrées. Ses mains sur ses reins, il l’attirait à elle, lui intimant de se laisser faire. Tous avaient perdu désormais, et la seule salvation pour eux était de laisser l’appétit du monstre se sustenter. Menu facile, l’ogre des sous-sols se contenteraient volontiers de quelques baisers, de caresses affolantes, de murmures soufflés au coin des lèvres. Et le gourmand qu’il était prendrait un dessert, coups de reins sur lit défait. Mais l’hirondelle n’était pas apeurée, et s’approcha de lui, répondant avec envie à ses désirs. Une nouvelle pluie de comètes traversa le ciel gris de ses prunelles, alors qu’il fondait derechef sur ses douces lèvres. L’appétit n’était jamais satisfait, et la horde chevaleresque en lui en demandait toujours plus. Ses mains alors se firent plus baladeuses, glissant le long des cuisses de la demoiselle, ses doigts chatouilleurs. Une main experte et connaisseuse souleva les jupons de la domestique royale et s’aventura en ce terrain inconnu, cette terre promise qu’il touchait enfin du bout des doigts. Mais l’aventure s’arrêta aussitôt, sans qu’il ne puisse comprendre pourquoi. D’entre ses doigts filait l’oiseau, et le chien mit quelques instants avant de reprendre ses esprits. En lui brûlait toujours la flamme de ses désirs, redoublant d’effort, mécontente qu’on eu l’idée incongrue de s’échapper. Le doigt exquis se balada sur les lèvres quelques instants plus tôt si divinement embrassées. Il nargua ainsi chevaux sauvages, ogre affamé, flamme désireuse. Tous grognaient de ce repas si brusquement refusé. « Je ne veux rien précipiter » fut murmuré. Foutaises, crièrent-ils tous. Elle le voulait, ici, maintenant, tout comme lui la voulait, maintenant, ici. Pourquoi donc réprimer ses plus folles envies, alors que tous pouvaient finir satisfaits ? « Et encore moins n'être qu'une domestique à ajouter à une liste... » Une réputation qui le poursuit jour comme nuit. Foutaises, foutaises, foutaises ! criaient-ils tous en lui. Achève-la maintenant, prends-la comme tu prends toutes les autres. Loras, de sa main, attrapa le poignet de sa partenaire, l’obligeant à rester encore à ses côtés. «  Ce n’est pas comme ça. » grogna-t-il. « Tu n’es pas comme les autres. » Jamais ne sera-t-elle comme toutes les autres qui défilaient sans aucun intérêt entre ses draps. Sa main remonta, insouciante et taquine, le long de son bras et ce, jusqu’à la joue rougie de la demoiselle hirondelle. Des doigts qui se posèrent le long de la peau, une paume qui se plaça presque délicatement contre sa mâchoire. « Tu es bien plus que tout cela. » Elle n’était pas une proie, elle était quelque chose de bien plus grand. Une étoile sous laquelle rêver. Un astre éclairant les sombres pensées. Une ombre qui se faisait cachée, attisant curiosité et désir. Elle était plus que toutes celles qu’ils n’avaient jamais croisées. Loras aurait aimé lui avouer cela, en ces lieux, en ces instants. Mais l’homme était homme de force, non de lettres, et les mots lui manquaient cruellement.
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‹ SANG : argent, le cadeau empoisonné offert par merle pour s'octroyer son allégeance, un sang qui coulait déjà dans ses veines sans que personne ne le sache.
‹ COMPETENCES : espionnage (niv. 3), empathie (niv. 2), ténacité (niv. 1).
‹ METIER : la couturière aux doigts de fée qu'elle était a cédé sa place à l'espionne au coeur du danger.
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MessageSujet: Re: edelweiss (w/nurie) Mar 31 Oct - 23:18

Tu n'es pas comme les autres, lui signifia-t-il, la voix rendue rauque dans un mélange de désir et de frustration. Peut-être disait-il vrai, Loras Harlaw, le bourreau de la couronne, qui semblait discerner la part d'ombre grandissant en elle. Tâche sombre s'étalant sur son âme, noircissant la jeune femme autrefois si innocente et désormais victime du monde qui l'entourait. Elle esquissa un sourire, posa sa joue le long d'une main tendre. Elle ferma les yeux quelques secondes, s'abreuvant du silence entrecoupé seulement de leur respiration hachée. Rien ne lui sembla plus naturel que cet échange, où les mots ne résonneraient jamais aussi intensément que leurs gestes dénués de réflexion. « A combien de domestiques as-tu dit ça ? » finit-elle par répondre d'un ton doucement moqueur. Sans doute le portrait qu'elle peignait de lui dans sa tête était aussi éloigné que celui qu'il dessinait d'elle dans la sienne. Elle prit conscience, plus que jamais, des fondations bancales de leur relation, quelle qu'elle fût. Loras imaginait Lyra à la place de Nurie, part d'elle sans jamais la représenter pleinement. Il savait des bribes d'informations, tout ce qu'elle avait laissé transparaître de son plein gré ou inconsciemment. Il devinait que sous ses traits innocents d'agneau, le loup prenait une place de plus en plus large, nourri à la vengeance. Mais d'elle, il ignorait l'essentiel. Le passé, qu'elle même ne connaissait qu'à peine, tout ce qui l'avait définie, tout ce qui la guidait, la seule raison de sa présence ici. Il n'imaginait pas n'être qu'un pion, un point d'entrée, une protection qu'elle s'autorisait pour s'aventurer plus loin dans les méandres d'un Palais ennemi. Il s'intéressait à un mensonge, une chimère. Il avait raison, Loras. Elle était bien plus que cela, bien plus que ce qu'elle avait à lui donner, mais elle doutait être ce qu'il avait en tête, ce qu'il pouvait même désirer. « Ne dis pas ça » souffla-t-elle, sa joue toujours bercée par la main cajoleuse de l'espion. « Tu ne sais rien de moi. » Elle ne disait pas cela dans un vain instinct de préservation, pour se protéger de lui et de ce qu'elle réveillait chez lui. Il ne s'agissait pas de distance à mettre entre eux, et pourtant elle sut d'emblée que ce serait l'interprétation qu'il donnerait à ses paroles. « Si tu savais tout de moi, tu changerais d'avis. Je crois que tu es en train de te construire une fausse idée de moi. » Elle retira sa joue pour mieux l'observer avec le plus grand des sérieux. Elle hésita à lui révéler une partie de son identité pour la première fois depuis leur rencontre. Nurie n'avait jamais ne serait-ce que songé à le faire auparavant, car Loras était l'inconnu de l'équation, la mise en danger perpétuelle à chaque seconde passée avec lui. Mais à cet instant précis, l'équilibre de leur relation venait de basculer à son avantage. Il se révélait, vulnérable, accessible, soumis lui aussi à l'histoire vieille comme le monde du cœur qui s'éveille au contact d'une autre. Il n'aurait été qu'équitable de ré-équilibrer la balance en se confiant à lui. Pas assez pour qu'il sache, mais assez pour qu'il devine. L'envie sur le bout de la langue, elle s'apprêtait à dire quelque chose quand deux coups de trompette sonnèrent. Aussi brutalement qu'elle s'était immiscée entre eux, la tension disparut, les rappelant tous deux dans la réalité de leur monde, un monde où ils étaient aussi éloignés l'un de l'autre que possible, un monde où Loras redevenait danger, un monde où il était l'ennemi à ne pas sous-estimer. Elle s'écarta de lui, se raclant la gorge avec nervosité. Elle plissa son jupon pour occuper ses mains, sans pouvoir reposer le regard sur lui. D'ici quelques heures, Cal Oshun épousait Saeko Yinren. Plus important encore, elle serait aux premières loges pour permettre l'entrée des résistants au sein du Palais. Qu'il avait été agréable de l'oublier, l'espace d'un instinct, de ne pas se préoccuper de ses responsabilités ni même de leurs conséquences. De faire passer la femme avant la résistante, Lyra avant Nurie. L'instant de grâce s'était pourtant évanoui, et rien n'aurait pu le recréer avec autant de spontanéité. Elle s'autorisa enfin à regarder Loras, qui n'avait pas esquissé le moindre moment. « Tu ferais sans doute mieux d'y aller. Tu es sûrement attendu... Et je dois encore terminer la robe avant le mariage. » Elle se retourna, prétextant retourner à la couture du tissu pour ne pas avoir à le regarder partir. Elle le sentit prêt à rétorquer quelque chose, peut-être même à refuser, mais s'il en eut envie, il n'en montra cependant rien. Elle entendit ses pas s'éloigner, lentement, rebrousser chemin vers la sortie de la pièce et après quelques secondes, Nurie se retrouva à nouveau seule, livrée à l'éternelle bataille contre ses propres démons.

rp terminé. I love you
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edelweiss (w/nurie)

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