AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
nouvelle guerre à aksana
C'est la guerre à Aksana! Les maîtres apprennent à maîtriser leurs pouvoirs et les frontières sont gardées.
saison deux
La saison deux à été lancée ! Pour en savoir plus...
clique ici !
previously on putw
Votre personnage fait partie de l'histoire, intégrez le !
Venez nous dire ce qui est arrivé à votre personnage
et en quoi il a un impact sur l'histoire

Partagez| .

- she wore her hope like a crown -

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 642
‹ AVATAR : LILY JAMES, LA DEESSE.
‹ CRÉDITS : AV/@WITCHLING.
‹ COMPTES : YO, RK.

‹ AGE : âgée de vingt-huit ans, princesse de rien, de tout, adulte, enfant, elle a le coeur d'une adolescente, le physique d'une femme, l'impulsivité d'une enfant.
‹ STATUT : fiancée à un griffith, un boulet à son pied, pourtant ingénieuse alliance. si tout semblait s'être abattu contre elle, adonis ne semble pas si mauvais parti.
‹ SANG : sang bleu, princesse, royauté exécrée, elle est le fruit d'une famille qui ne connaît que sang et pouvoir.
‹ COMPETENCES : leadership (lv4), commérage (lv1), évaluation (lv1)
‹ METIER : princesse de pacotille, inutile petit bijoux appartenant à la famille royale, son seul métier est de courber l'échine et de sourire face au sang argent.
‹ ALLEGEANCE : elle-même, réitérant le même motto depuis trois ans, elle contre le monde entier, elle seule contre la terre entière.
‹ ADIUTOR : weiss, l'ange sauveur, la seule et unique personne, acompagné de son frère, en qui isaure a pleinement confiance.
‹ POINTS : 1291

Carnet de bord
Choses à savoir:
Relations:

MessageSujet: - she wore her hope like a crown - Mer 5 Avr - 12:56


isaure oshun
like a fire i will burn at best
prénom, nom ‹ ancestrale nom qui sait se faire craindre, ça n'a toujours été qu'une malédiction pesante à son égard. oshun, les empereurs d'un royaume déchu, détruit, en colère, menant avec un poing de fer le peuple oppressé. une douce mélodie qui s'enivre dans ses oreilles, alors qu'elle se délecte de son pouvoir nouveau. boulet enchaîné à sa cheville, il est source de jouissance comme de pleurs, une histoire qui ne s'arrête jamais, qui entame les tambours des gens en colère. isaure, la princesse disparue, envolée, naïve, innocente. reconstruite, démunie de toute innocence, on l'appelle la guerrière, la poupée princesse au regard acerbe et aux crocs acérés. âge ‹ vingt-huit ans qu'elle sue, elle attend qu'on la délivre de son maléfice. malédiction qui suinte la tristesse, elle a vécu dans une tour d'argent, méprisant l'idée de grandir loin des siens. adulte, enfant, elle ne sait toujours pas qui elle est, ni combien de temps elle sillonera encore cette terre. date et lieu de naissance ‹ elle est née un cinq août, à la faveur de l'été, sous un soleil frappant, tapant qui s'est insurgé dans ses veines. fille du feu, il n'était que naturel que le prince et la princesse naissent dans une magnifique journée ensoleillée. elle a vue pour la première fois le jour au palais royal dans la capitale. partageant ce jour divin avec son frère, c'est pourtant l'anniversaire, ce mot endiablé, qu'elle méprise. statut matrimonial ‹ seule contre le monde. une entité qui se bat et se débat pour renaître de ses cendres. gamine qui était autrefois amoureuse de la vie, elle s'en est mordue les doigts et s'en est brûlée les ailes. à présent fiancée à adonis griffith, elle sent le coeur qui sombre dans la poitrine alors qu'elle dit adieu à son célibat.  sang ‹ le sang rumine, se délie, se délivre. bleu comme la vie, bleu comme la noblesse décalquée, elle est membre de la royauté, d'une famille qui règne par le sang et les flammes. princesse, non pas héritière du trône, sa seule complaisance est de poursuivre cette couronne acerbe. métier ‹ princesse, mordue par la chance et le pouvoir, elle n'était rien avant de devenir tout. membre du sang bleu, celui qui se délecte de ne rien faire que de fureter le long des couloirs les oreilles aguets, elle se contente de se pavanner pour faire bonne figure et s'oublier. adiutor ou Maître ‹ Maître, elle appartient à ce peuple-là qui n'a jamais manqué de rien, qui se maîtrise et s'accompagne dans le couloir de flammes. amoureuse de cette idée, méprisant les injustices, ce côté pourtant adoré s'est effacé au cours des dernières années. pouvoir ou élément maîtrisé ‹ le feu, les flammes, la terrible destruction, le sang et le cri des infâmes. une maître du feu qui n'est rien d'autre qu'un symbole, elle se délecte pourtant du toucher des flammes sur ses doigts endoloris quand elle utilise l'élément qui la conditionne. allégeance ‹ aucun côté, aucune opportunité qui s'offre encore à elle. neutre, ambitieuse, en soif de vengeance, tout ce qui lui importe c'est de faire tomber ces gens qui l'ont laissé, abandonné. à commencer par le prince héritier. localisation actuelle ‹ dans son palais de glace, là où la froideur cande son nom, là où elle régit son petit monde écroulé. groupe ‹ shimmering silence, la neutralité dans toute sa splendeur. avatar et crédits ‹ lily james, @tumblr. 
naive flower ‹ Fleur fanée par les années, le temps qui est passé sur son innocence, qui l’a détruit, piétiné, n’a fait que détruire son cœur, à l’époque, pas si mauvais. En comparaison à sa famille, ainsi qu’à son nom, Isaure avait une réputation très positive au sein du château. Contraire à sa mère, ou son frère ou sa sœur, on se disait que sur ses épaules régnait l’espoir d’une vie meilleure, d’un royaume plus uni. Mais comme toute belle chose doit être détruite, la naïveté, ou plutôt l’innocence ou gentillesse de la princesse ont fini par être enterrés. Loin. Si loin. golden prison ‹ Aveuglée par l’amour, par ses yeux, par sa voix, Isaure a probablement commis sa plus grosse erreur quand elle n’était alors âgée que de dix-huit ans. Tombant follement amoureuse d’un Mêlé, qui ne se servait que d’elle au lieu de l’apprécier sincèrement, sa trahison n’a que davantage approfondi cette rage dans les entrailles de la princesse. Elle le hait plus que tout, mais hait la Dragonne encore plus. Vile femme, vile homme, elle rêve la nuit de pouvoir les étrangler. Enfermée dans sa tour d’ivoire pendant plus de huit ans, elle est terrorisée par la possibilité d’être dérobée de sa liberté ; à nouveau. the other half ‹ Cal. Le jumeau, l’insignifiant alter-ego qui ne l’a pas même sauvé, quand elle était en mal de son aide, de son support. Si la relation entre le frère et la sœur s’est détérioré, cette rancune va plus loin, plus profondément. Elle coupe comme des couteaux trop bien aiguisés. Elle veut sa place, lui voler tout ce qu’il a construit, il veut la faire disparaître pour ne plus ressentir cette culpabilité. fire burn at best ‹ son élément est sa plus grande fierté, comme sa plus grande hantise. incapable encore de pouvoir le contrôler, elle cauchemarde parfois de brûler l'entièreté du palais et le peu de gens qu'elle y apprécie encore, à cause de cette impulsivité à laquelle la pousse ses flammes. crown on the ground ‹ seconde-née, seconde servie. telle est sa malédiction. quelques minutes après son jumeau, elle aurait pu devenir la princesse héritière. une ambition, dissimulée bien au fond de ses entrailles. engagement ‹ isaure a eu la joie de pouvoir découvrir qu'elle était fiancée à adonis griffith. une nouvelle qui aurait probablement dû la chambouler davantager. mais ce n'était qu'une question de temps avant que sa main ne soit scellée à une autre. protect me ‹ son Adiutor, Weiss, a toujours été là pour ramasser les pots cassés. Si Isaure aime peu de gens, Weiss est pourtant la seule personne envers qui elle ressent un gré de reconnaissance très élevé. Elle lui a appris à se battre, à comprendre son élément, l'a protégé dans de situations grotesques. Sans Weiss, Isaure aurait probablement déjà fanée un bon nombre de fois, et elle le sait pertinemment. ice is thicker than blood ‹ la rage qu'elle ressent pour sa famille n'a jamais eu d'égale. ses relations avec sa mère ne vont pas plus loin qu'un sourire hypocrite lancé à son égard au coin d'un couleur. cal est sa proie et victime préférée. sa soeur est une petite écervelée qu'isaure compte bien rééduquée. et puis, il y a maven, son petit frère, le seul qui ait osé la défendre, crier au loup quand sa famille toute entière était censée crier en coeur.

‹ comment vous comportez vous vis à vis des Mêlés et de la loi des Adiutor ?
Isaure ne fait pas de différence, loin du château, loin de ces rivalités, elle n'a pas eu les convictions que sa mère souhaitait lui inculquer. Si elle a toujours pensé que les Mêlés étaient ses égaux, elle se servait également d'eux et de ses relations à eux pour enrager sa mère. A priori sa Mêlée a été sa plus grande alliée depuis son emprisonnement dans sa tour. Elle ne se permettrait jamais de traiter l'un des siens comme rien. Elle souhaite peut-être jouer de la couronne, elle souhaite peut-être plus de pouvoir, mais jamais au dépit de ceux qui ont pu l'aider dans le passé. La loi Adiutor l'a plus arrangé qu'autre chose. Weiss l'a sorti de son mutisme, de cette solitude pensante, fracassante. Elle se sent en sécurité, Weiss lui a appris plus que d'autres ne le feront jamais, et ce lien, malgré sa superficialité, a été pendant longtemps un moyen de la raccrocher à la réalité.
‹ quel est votre avis sur la nation du feu et sur l'actuelle famille régente ?
Isaure pourrait jouer à l'hypocrite et dire qu'elle voudrait voir sa famille tomber, voir la couronne dans d'autres mains, mais ça serait mentir. Elle se délecte bien entendu du fait d'être une sang bleue, ses droits et son pouvoir dépassent monts et marais. Si elle veut voir sa mère tomber et son frère également par la même occasion, elle s'imagine parfois encore parcourir les terres une couronne immense trônant sur ses cheveux blonds. Le problème n'est pas réellement d'en vouloir à sa famille et de souhaiter la voir pendre, mais plutôt les ambitions sombres qui lui font vouloir ce qu'elle n'aurait jamais voulu avant; le pouvoir absolu. la nation du feu est à ses yeux, l'une des plus puissantes au sein du royaume, après des observations, elle s'est doutée que leur orgueil finirait probablement par les faire sombrer, mais le temps n'y est pas encore.
‹ quelle est la relation du personnage à son élément, c'est-à-dire son apprentissage et l'influence qu'il a sur sa vie de tous les jours?
Le feu. des flammes qui jouent sur son visage, alors qu'un sourire presque cristallin se forme sur ses lèvres. Maître de ses mains, de son corps, elle a un rapport plutôt incohérent avec ce qui se nomme son élément. elle a appris à contrôler celui-ci de manière normale à l'académie, puis d'en ressentir les effets plus violents, plus impulsifs sous la colère ou encore la rage. elle sait ce que le feu peut faire, elle sait le faire aparaître quand tout semble la frustrer. elle pourrait faire du mal à quiconque l'embêterait. mais la loi lui vient en travers de son chemin, l'empêchant de mener à bout son plein de détruire le royaume sous des flammes.
pseudo et prénom ‹ SA MAGNIFICIENCE DE SA MAJESTE IMPERIALE RESPECTEE ET AIMEE DE TOUS (dans son imagination) PRENOMMEE LA FLEUR DES BROUILLARD, SA GRACE MANON, connue aussi sous ice and fire. la meuf swaggée.  much wow  âge ‹ DIX NEUF mais bientôt 20 genre le 18 juillet (faites vous un mémo j'insiste yakoi ) comment as-tu trouvé le forum? ‹ en vrai g envie de sortir la vieille grosse blague: de ma tête bien sûr. c venu comme un mirage dans mes rêves (je déconne pas j'en ai rêvé) puis je l'ai posté sur papier et soudoyer tous les autres membres du staff pour me rejoindre (sauf laura elle est venue volontairement mais demandez aux autres, ma voix est telle celle d'une sirène et elles n'ont pu résister) pays ‹ l'allemagne pour ses grandes saucisses et sa choucroute (lol c même pas allemand c alsacien) fréquence de connexion ‹ tous les jours 'cause no life votre avis sur le forum ‹  tryharder  smiley préféré‹  saltyaf  gif qui décrit le mieux votre personnage‹
Spoiler:
 
©️ PINNED UNDER THE WEIGHT 2017



Dernière édition par Isaure Oshun le Sam 10 Juin - 10:10, édité 10 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 642
‹ AVATAR : LILY JAMES, LA DEESSE.
‹ CRÉDITS : AV/@WITCHLING.
‹ COMPTES : YO, RK.

‹ AGE : âgée de vingt-huit ans, princesse de rien, de tout, adulte, enfant, elle a le coeur d'une adolescente, le physique d'une femme, l'impulsivité d'une enfant.
‹ STATUT : fiancée à un griffith, un boulet à son pied, pourtant ingénieuse alliance. si tout semblait s'être abattu contre elle, adonis ne semble pas si mauvais parti.
‹ SANG : sang bleu, princesse, royauté exécrée, elle est le fruit d'une famille qui ne connaît que sang et pouvoir.
‹ COMPETENCES : leadership (lv4), commérage (lv1), évaluation (lv1)
‹ METIER : princesse de pacotille, inutile petit bijoux appartenant à la famille royale, son seul métier est de courber l'échine et de sourire face au sang argent.
‹ ALLEGEANCE : elle-même, réitérant le même motto depuis trois ans, elle contre le monde entier, elle seule contre la terre entière.
‹ ADIUTOR : weiss, l'ange sauveur, la seule et unique personne, acompagné de son frère, en qui isaure a pleinement confiance.
‹ POINTS : 1291

Carnet de bord
Choses à savoir:
Relations:

MessageSujet: Re: - she wore her hope like a crown - Mer 5 Avr - 12:56


innocence died screaming
ask me honey i should know

i - this was the boy i loved, a little bit messy,
a little bit ruined, a beautiful disaster.
just like me.


Il faisait beau ce jour-là. Les fleurs naissaient, les insectes volaient au gré du vent, alors que la gamine, aux cheveux or courait dans tous les sens. Dans sa main vagabondait un petit bouquet de fleurs, alors qu’un sourire se muait sur ses lèvres timides. Elle dansait avec les autres filles, elle riait parce qu’elle en avait envie, elle était libre Isaure, libre. L’innocence qui émanait de son aura, la naïveté qui se lisait dans ses yeux, elle était l’ange, l’ange apporté des cieux, disposé dans une famille cruelle. Son rire retentissait dans les jardins du palais, alors qu’elle continuait à cueillir des fleurs. Adolescente, jeune et bête, sa voix s’étendait sur les prés, les buissons, les plantes abondantes. Accompagnée de sa petite cour, elle ne disposait pourtant d’aucun jugement, capable d’accepter quiconque la faisait sourire, on la prenait pour un rayon de soleil. La gamine au regard perçant, au rire frais. Isaure avança dans les hautes herbes, se fichant des mouches ou des insectes qui pouvaient venir lui piquer les jambes. Elle continua à se mouvoir dans cette petite jungle, sans se soucier du temps, du vacarme qui se faisait plus calme. Le monde avait peut-être ses yeux sur la princesse, mais on ne s’était pas même rendue compte de sa disparition. Sa cheville vacilla alors qu’elle trébucha contre une pierre, coinçant son pied dans un trou. Elle cria d’effroi et de douleur, avant de se rendre compte que personne n’était là pour la cueillir ; la petite fleur fanée par les larmes. – Princesse, puis-je vous aider ? – La gamine releva le menton, essuya les petites gouttes perlant sur ses joues, avant d’apercevoir la silhouette qui s’était postée devant elle. Grand, plutôt beau, un sourire aux lèvres, la sueur perlant sur son visage narquois, il lui tendit la main. Isaure, déboussolée, accepta l’aide du garçon avant de lui offrir son plus beau sourire. – Merci beaucoup. – Sans hésiter il s’inclina, puis lui baisa la main. Les joues de la gosse rougirent au contact de sa bouche contre le dos de sa main, alors qu’elle bougea de droite à gauche sur ses deux petites jambes. – Que faîtes-vous ici, seule ? Ici n’est pas un lieu pour une princesse, encore moins une si jolie princesse. – Ses joues s’enflammèrent davantage, alors qu’elle essaya pourtant de garder une mine composée. – Où suis-je ? –


ii - i tried to fix you
but you just broke me


Elle enlace ses doigts dans les siens, un grand sourire mué sur ses lèvres pourpres. Les cigales chantent, les arbres remuent au gré du vent, les oiseaux volent au-dessus de leurs visages émerveillés, les insectes grésillent et travaillent tout autour d’eux ; le temps semble s’être arrêté. Elle tourne la tête vers celui de Naos, il a les yeux fermés, un sourire satisfait sur les lèvres, alors que la gamine l’abrite du soleil de sa main libre. Elle aime le regarder, se dire qu’il est tout à lui, qu’elle a rencontré la seconde moitié sans même chercher. Il n’est pas de son statut, pas même du même sang, il est tout le contraire d’elle et pourtant, Isaure elle l’aime, elle l’aime beaucoup. Il l’a sauvé comme un chevalier, comme ceux qu’elle rencontre dans ces contes rocambolesques et elle est tombée tête première dans ses bras. Elle est finalement une princesse, une vraie, une amoureuse, une petite fille aux rêves si grands, si innocents. Isaure elle a même parfois peur, peur d’être trop amoureuse. Prête à tout pour lui, à se jeter corps est âme contre le feu pour le sauver lui, elle ne se rend pas même compte de l’amour interdit qui a fleuri entre eux. Incapable pourtant de s’arrêter ou de mettre des frontières entre ce qui semble être une histoire impossible, se réprimander ne sert plus à rien. Isaure est finalement amoureuse, et ça de la tête jusqu’au pied. – Tu sais ça a presque quelque chose de dérangeant quand tu m’observes comme ça. – La gamine fait la moue et se recouche à côté de lui, laissant les rayons de soleil se balader sur sa peau pâle. – On ne se voit pas assez, je profite de toutes les secondes quand nous nous retrouvons. – Il rit délicatement à ses propos et relève la tête pour se pencher contre son visage. Elle se languit de ce contact, de cette proximité, et pourtant, pourtant leurs lèvres ne se sont jamais effleurées. Peut-être parce qu’elle a peur l’enfant, elle a peur de perdre complètement la tête pour ses yeux. Il enlève une mèche de cheveux de ses yeux et caresse délicatement sa joue. – Je comprends ce que tu veux dire. Si on se faisait attraper, on me pendrait probablement. – La gamine sent son cœur battre comme un tambour dans sa poitrine, alors qu’elle serre davantage la main de Naos. Jamais rien ne lui arriverait ; jamais. – Personne ne nous attrapera jamais. Promis. –  Des promesses envoyées dans le vent, qui ne font pas même sens, mais mentir, s’occuper dans un déni malsain vaut tellement mieux que la vérité plate, trop réelle. Isaure veut rêver, vagabonder, s’aventurer dans la jungle, dans le rien inconnu, et pourtant, elle sait, bien au fond, qu’elle n’en aura jamais la chance. Une couronne vacille sur sa tête, celle qu’elle méprise si tendrement. – Si tu le dis. D'ailleurs bientôt je vais être répartie à mon Maître, des rumeurs disent que ton frère sera l’heureux élu. –  Un sourire se forme sur les lèvres de la gamine. Cal serait un excellent choix, jumeau, seconde moitié, Naos saurait très bien s’en charger, ils sont après tous les deux seules personnes en qui Isaure a pleinement confiance. – Hm tu verras Cal a ses sautes d’humeur, mais tu aurais pu tomber pire. – Il lui sourit, puis, s’approche davantage. – Est-ce que j’ai le droit de t’embrasser Isaure ? – C’est la première fois qu’il lui pose la question ou que leurs visages se retrouvent à une telle proximité. Elle sent les battements de son cœur s’intensifier, alors que ses mains se desserrent. Elle articule un petit oui timide, alors qu’il dépose ses lèvres contre les siennes. Automatiquement, la gamine ferme les yeux et se laisse aller. C’est nerveux, timide, nouveau, mais ça lui donne envie de plus ; toujours plus. Elle ouvre les yeux avant la fin, et voit que Naos n’a jamais fermé les yeux. Pourquoi n’a-t-il pas fermé ses yeux ?


iii - he is a weapon, a killer
do not forget it.
and it's nature will never change.


Des pas retentissent dans les couloirs vides, alors qu’elle sent son cœur la lâcher. Isaure s’empare des derniers habits dont elle a besoin et les fourre rageusement dans son sac. Ses mains tremblent à l’idée de se faire attraper par les gardes de sa mère. Elle sait déjà ce qui pourrait lui arriver, les conséquences de ses actes. Elle n’a pas même le temps de se retourner, que la porte s’écraser violemment au sol ; Quelques soldats entrent, la danse se termine. Un visage macabre entre dans la petite chambre princière, un sourire froid mué sur les lèvres. Isaure l’observe, le regarde, tente de comprendre, d’y voir une lueur, mais rien, le néant, un vide qui fait mal au cœur, qui grise l’âme, qui grise l’espoir. – Par un décret de son Altesse Royale, nous vous demandons Princesse de nous suivre. Dans le calme si possible. – Elle entend les mots, mais ne les assimile pas tout de suite. Naos. L’homme qu’elle aime tendrement bombe le torse et poursuit sa mine farouche. Un jeu qui semble impossible, peu plausible ; un jeu pour lequel elle n’a pas les cordes, ni l’âme. – Pourquoi ? – Une voix timide, des mains serrées contre une robe qui ne souhaite qu’être lachée. Pourquoi lui faisait-il ça ? Lui ? De toutes les personnes présentes ? Il lui avait dit, le matin même, qu’à l’aube ils s’enfuiraient, partiraient, se marieraient et vivraient tendrement ensemble. Le cœur lâche, les mains s’actionnent, alors qu’elle pousse ce qui lui encombre les mains. – Partir ou plutôt s’enfuir du palais royal sans l’autorisation de sa Majesté impériale est une trahison et va à l'encontre de tout règlement. C'est pour cela que nous nous voyons dans l’obligation de vous amener avec nous. – Elle veut se débattre, leur ordonner de s’arrêter, mais l’adrénaline ne monte pas, rien ne réagit ne serait-ce peut-être ses larmes. On lui prend les bras, et on la pousse vers la sortie, elle sent le parfum de naos venir enivrer ses narines, alors qu’il hoche simplement de la tête, un rire suffisant retentissant jusque dans le couloir. Isaure cherche à se faire lâcher, elle se débat enfin, les mécaniques de son cerveau ayant repris le court de leur fonctionnement. – Où m’amenez-vous ? – Aucun des gardes ne semblent comprendre qu’elle s’adresse à eux. Elle tente d’écraser le pied de l’un qui l’ignore sans grande difficulté. Si menue, si petite, si fragile, Isaure ne fait peur à personne. Elle pourrait crier, se débattre, pleurer, ou tout simplement les gifler, mais sa force est moindre, ses yeux sont embrumés par des larmes, et sa bouche ne forme qu’un simple o. Un o de surprise, d’étonnement, de douleur. Elle arrive devant les grandes grilles qui la mèneront vers les écuries où on l’enverra probablement loin, si loin dans un chariot invisible. Mais ses yeux croisent enfin ceux d’une personne qu’elle reconnaît. Son cœur fait un bond, celui de l’espoir. – Cal. Cal ! AIDE-MOI. – un cri qui vient du cœur, un sanglot qui s’émancipe de cette bouche naïve. Mais le jumeau ne bouge pas, droit comme un piquet, les yeux grands ouverts, il observe comme des soldats traînent sa sœur, son autre moitié vers une porte dont on ne connaît pas la sortie. Elle se débat plus, encore plus qu’auparavant, elle voit son petit frère s’approcher, peut-être même crier, mais Cal reste immobile, statique, presque stoïque. – Aidez-moi. – Un supplice, une demande, un appel ; auquel personne ne répondra jamais.


iv - everything is shattering
and it's my mistake


Tic. Tac. Tic. Tac. Des secondes, des minutes, des heures. Des jours, des semaines, des mois. Puis, des années, à attendre, se morfondre, à subir, pleurer et se démunir ; Oublier, effacer, rager, pleurer, ou rire. Emotions passagères titubantes alors qu’elle regarde les nuages voler au-dessus de ses yeux. De cette fenêtre empoisonnée, de cette seule source de lumière qui la nargue tous les matins, tous les midis, tous les soirs. La même rengaine qui se répète encore et encore. Alors qu’un homme tente de lui inculquer les bonnes manières, qu’il la gifle quand elle n’obéit pas ou qu’elle n’écoute pas. On essaye de l’endoctriner, de lui faire croire que sa mère l’a envoyé ici pour son propre bien. Mais Isaure est lâche, elle est passive, elle est presque morte. Pâle, seuls ses doigts caressent encore la couverture des livres qui l’intéressaient encore autrefois. Les larmes n’existent plus, éteintes, séchées, oubliées, elles ont passé leur route, parce que si l’eau a quitté ses iris, l’émotion a quitté son âme. Elle se demande quand elle aura enfin la chance de sortir d’ici, de s’échapper enfin de cette prison. De revoir les visages de ces gens qu’elle aimait profondément, qu’elle pensait avoir comme allié ; mais poignardé dans le dos, voilà ce qu’était sa destinée. Isaure se lève, elle attrape la petite guitare pendue sur le mur de sa chambre, et entonne quelques notes, un sourire triste mué sur les lèvres. Naos lui avait appris ces quelques paroles, il avait touché, caressé son épaule pendant qu’elle s’était essayée à jouer de l’instrument. Seuls les souvenirs subsistaient, et qu’est-ce qu’ils faisaient mal. Sa voix enrouée ose à peine dépasser les portes de sa bouche alors qu’elle murmure la mélodie que sa nourrice lui chantait alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle a mal au cœur Isaure, de repenser à tous ces moments, à ces personnes qui l’ont trahi, démuni de toutes ses armes, qui ont cassé, piétiné la fierté et l’innocence. Naos vient à elle, ce sourire franc, ou du moins qu’elle croyait honnête, il la hante à chaque pas qu’elle fait. Alors qu’elle se souvient de ses sentiments futiles, de cet amour qui n’a fait que l’amoindrir. Elle n’était déjà rien, à présent elle ne représente qu’une fine part du néant. Elle ne sait pas quand on lui autorisera de partir, elle ne sait pas combien de temps elle devra encore se morfondre dans ce donjon absurde.  Haïr le monde, voilà ce qu’on lui inculque, à part sa mère, à part son nom, à part la couronne, à part la noblesse et le sang bleu. Mais le reste, des ennemis. Mais Isaure n’a pas encore arrêté de penser par elle-même, elle se refuse d’accepter, d’implorer son pardon auprès de la dragonne ; Elle refuse de baisser la tête et d’ignorer ce qu’on a bien pu lui faire subir. Elle s’en mord les doigts, elle s’en veut, s’en veut d’avoir été si naive, d’avoir aimé pour un simple rien. Les excuses, les mensonges, les pardons, les sourires menteurs, les regards abusifs, elle comprend, elle comprend enfin tout ce qu’ils veulent dire. Si on la laisse sortir, si on la défait de ses chaînes, alors son cœur battra, il battra plus fort qu’auparavant. Elle peut feindre la passivité ou l’ignorance, mais la rage, elle est là, présente, enflammée, répugnée de tous ces ingrats qui l’ont tâché. La guitare est posée par terre, alors que ses mains forment deux poings bien distincts. Un jeu pour le trône, un jeu pour son orgueil, que celui-ci commence ; Isaure est enfin prête.


ii - sweet lullaby
put me to die


Les nuits dans la tour d’or étaient d’un ennui épuisant. Isaure se demandait parfois si sa vie prendrait fin, bientôt, si un jour elle sortirait de ce trou à rats, si un jour elle pourrait tendre à plus. Elle s’en voulait, elle s’en voulait pour tant de choses. Avoir amené Weiss avec elle, l’avoir forcé à vivre cette vie. Elle soufflait, elle soufflait toujours, de lassitude, de passivité, d’ennui. – Votre Altesse, que faîtes-vous encore réveillée à cette heure-ci ? –  Le visage de sa servante s’approcha de la petite fenêtre à laquelle Isaure était adossée. Elle avait les cheveux couleurs feu, elle avait le regard si chaleureux, quelque chose se cachait chez cette fille, qu’Isaure ne pouvait pas même expliquer. Une chose intrigante qui lui rappelait les yeux de son père. – Je m’ennuie, et il semble que je n’arrive pas à trouver le sommeil. – Elle marqua une pause. – Et toi ? –  La petite enfant sauvage s’assit à ses côtés, elle posa son menton sur ses genoux et leva les yeux vers le ciel. – C’est le soir que je suis le plus triste. Je pense à ma maman et à mon papa. – Isaure sentit un sourire attendri se former sur ses lèvres, elle ne connaissait rien de la vie de cette enfant, elle la savait impulsive, tête brûlée, mais ne lui avait jamais posé la question du pourquoi, pourquoi était-elle là, enfermée ici depuis tant d’années ? Des secrets que sa mère n’avait osé dévoiler, un secret qu’Isaure déterrerait. – Ils sont encore en vie ? – Ce n’était pas une question qu’une princesse devait demander aussi franchement, mais l’étiquette ne comptait plus quand seuls deux personnes étaient son public. A voir le visage triste de la gamine, Isaure posa sa main sur sa tête. – Il ne faut pas y penser, parfois il suffit de fermer les yeux pour tout oublier. – Elle marqua une petite pause, laissant les paroles de son père résonner dans son esprit. – Quand j’étais petite je cauchemardais presque toutes les nuits. Mon père me chuchotait ces mots avant de chanter une petite berceuse. – Elle commença par siffler, puis par chanter doucement et délicatement la chanson qui n’avait jamais failli à sa tâche ; la faire tomber dans les bras de Morphée. C’était le seul souvenir que la princesse avait encore de lui, un souvenir qui lui était cher, si cher. Quelques minutes passèrent alors qu’elle fredonnait, tout en caressant le haut de la tête de l’enfant sauvage. Se tournant vers elle pour s’assurer que la berceuse fonctionnait, un sourire se mua sur ses lèvres quand elle vit Ophelia profondément endormi à ses côtés. Otant son petit cardigan pour le mettre sur l’épaule de l’enfant, elle resta ainsi, le regard braqué vers les étoiles, se souvenant des temps plus heureux où son père vivait encore.


v - don't think twice
it's all right


– Défends-toi pour l’amour de Dieu. –  Isaure lève les yeux, une mine dépitée, la transpiration perlant sur son visage pâle. Elle sent ses mains se serrer, ses poings se former. Foutue coordination qui ne fait aucun sens. Elle est pas capable de tenir debout, de former un coup de pied correct ou même de lever la main pour attaquer. Eponge frêle, elle est l’image même d’une royauté incapable de se défendre. Isaure se rend compte de l’importance de sa Mêlée, si beaucoup sont contres, si nombreux sont ceux qui ne les acceptent pas dans leurs vies, la blonde n’a jamais été plus reconnaissante qu’envers Weiss. Sa seule compagnie dans sa tour d’ivoire, elle est pourtant celle aussi qui l’aide à développer ses capacités. – J’essaye, mais tu es trop rapide. – Weiss lève, comme presque toujours, les yeux au ciel, et aide Isaure à se relever. Les équilibres dans ses pieds sont catastrophiques, sa peur de saigner du nez est flagrante et son courage, celui qui la définissait autrefois, a disparu au court des quelques mois. – Tu crois que ton adversaire prendrait une pause ? Ou ralentira ses gestes pour faire plaisir à mademoiselle la princesse ? Non. Tu dois être prête et anticiper les mouvements de ton ennemi. –  Elle lui monte le menton, bouge ses bras dans une position censée la protéger et donne un coup violent sur ses avant-bras. Les muscles inexistants souffrent sous le choc, les os fragiles s’entrechoquent. Isaure n’a qu’une seule envie ; s’enfuir. La rengaine continue jusqu’à ne plus finir. Les nerfs d’Isaure sont gravement touchés, elle sent la colère monter, l’envie de prendre son Adiutor entre ses mains et l’assommer d’un coup de tête. Mais l’éducation prime, celle qui lui ordonne d’être bien élevé, de ne pas dépasser les bornes, ni de s’énerver, ni de faire usage du don qui sommeille en elle. Mais à bat les conventions, à bat les ordres, les règles d’autrefois. Elle est seule dans cette tour, incapable de lever le petit doigt sans se fracasser la main. Fragile, frêle, inutile, elle a envie d’avoir la rage, d’être imbattable, dangereuse, plus mielleuse ou innocente. Naïveté qui lui a joué des tours, qui l’a balafré, qui l’a reclus d’une société qui n’a pas de place pour les gens faibles. Mais Isaure a toujours été faible, un synonyme de son prénom, de sa personne. Alors, quand Weiss lui assène un énième coup, elle la pousse violemment, laissant apparaître au bout de ses doigts une flamme incandescente qui illumine la petite salle où elles s’entrainent. – Ah ben tu vois, c’était finalement pas si difficile. –  Isaure observe le feu entre ses doigts. Elle a l’habitude de le voir apparaitre, il est son élément, sa maison, son appartenance à une nation gagnante. Mais jamais ne lui a-t-on autorisé de l’utiliser dans un moment de rage. Conditionné à rester au fin fond d’elle-même, c’est dans des tours de passe-passe que le feu semble s’éteindre chez les Maîtres. Mais ce pouvoir, cette fois-ci est si différent. Il veut plus, brûler des contrer, cette prison dorée, faire agoniser les traîtres, les ingrats. Une lueur dans ses yeux s’illumine ; une lueur de vengeance. – Je crois que j’ai compris commet c’est censé fonctionner. –  Elle a bien plus que seulement compris, c’est ouvrir une porte vers un tout nouveau pouvoir, vers quelque chose qu’elle pensait ne jamais comprendre, qu’elle a pourtant assimiler aujourd’hui. – Je crois que finalement éteindre l’élément chez nous était une terrible erreur. Imagine ce que je peux faire avec ça. –  Une question rhétorique, une question qu’elle se pose à elle-même, sans vraiment attendre de réponse. – Maintenant faut-il encore apprendre à le contrôler. –  Un sourire froid, sournois illumine le visage de la blonde. Que les jeux commencent ; ceux qui seront, probablement toujours en sa faveur.


vi - mama, i just killed a man
put a gun against his head
pulled my trigger now he's dead


Le menton haut levé dans le ciel, le sourire glaçant mué sur des lèvres pourpres, alors que la princesse fait son entrée à la cour. Les regards se posent sur sa silhouette, alors qu’elle en joue frivolement. Rien n’a changé, et pourtant tout est différent. Les mœurs, l’étiquette, l’hypocrisie, l’argent et le pouvoir, ce sont les choses qui sont restées indemnes. Une vieille chanson, une mélodie qui s’est introduit dans les cervelles de ces incompétents. Mais Isaure n’est plus la même, elle a traversé monts et marais pour arriver à ce but aujourd’hui, pour les décalquer de sa beauté et de son amertume. Qu’ils payent tous, que l’enfer les accueille en son sein, à tous ceux qui n’ont pas arrêté la dragonne, qui n’ont pas stoppé son incarcération. Qui l’ont entendu souffrir du haut de sa tour, ignorant ses cris étranglés, ignorant ses larmes tombées trop de fois. L’innocence on lui a volé, on lui a tué, on l’a piétiné sans se douter une seule seconde qu’on l’avait façonné à devenir tout autre chose ; un monstre. Elle ne veut pas régner, encore moins le trône de son frère, mais si elle arrive à les faire tomber plus bas que terre, alors peut-être qu’elle aurait mené à bout cette vengeance qui la consume. Cal, Naos, tous ces hommes qui lui ont fait courber l’échine. L’impératrice, sa sœur et son frère, tous ces gens qui n’ont pas pipé mot à sa disparition. Des pourris, des dégueulasses, qu’elle crèvera de son poing de fer. Les regards ne s’arrêtent jamais, curieux, étonnés, on se demande qui est cette fille aux cheveux blonds, aux traits qui ne crient qu’une seule chose ; une Oshun. Se rendant dans les appartements de sa soi-disant mère, elle repère quelques visages connus, probablement des personnes qui baissent les yeux à son passage, leur conscience les bouffant de l’intérieur. Qu’était arrivé à la princesse ? Où avait-elle disparu pendant toutes ces années ? Dans son donjon, à se morfondre. Elle voit à ses côtés Weiss, son épaule sur laquelle pleurer, un poing auquel elle peut se lier, une autre moitié, celle qui la défendra bec et ongle pour ce qu’elles ont à accomplir. Weiss est la seule constante stable dans sa vie, elle l’a toujours été et le sera probablement toujours. Ces mécréants regretteront d’être venus traverser sa route, car ils goutteront à la franchise de sa Mêlée. Arrivée devant la grande porte de l’impératrice, Isaure hoche en direction de l’homme pour qu’il lui ouvre. Laissant Weiss à proximité, elle sait pourtant qu’elle n’a pas le droit de la laisser entrer ; hélas.
–  Isaure, tu es enfin de retour parmi nous. –  Un sourire faux emprunté sur les lèvres de sa mère, une mimique que la gamine lui rend. Elle n’arrive plus à dissocier le mal du bien, mais est convaincue que cette femme, cette dragonne ne lui a toujours voulu que du mal. – Merci Mère, de m’avoir donné cette opportunité. Je vais vous prouver ma valeur. – Une valeur biaisée, une valeur qui ne veut rien dire aux yeux de sa mère, ni aux yeux du reste de la Cour. – Nous allons devoir te réintégrer dans le palais, je ferais une annonce publique dans quelques heures pour qu’il n’y ait aucun malentendu. – Un malentendu qu’elle a amené, qu’elle a provoqué. Que ces gens-là ne connaissent pas même la princesse, la jumelle du prince héritier. Elle grince des dents, ses mâchoires contractées, mais se retient pourtant d’exploser. Contrôle. Contrôle. Contrôle. – C’est une excellente idée. J’ai entendu dire que beaucoup pensaient que j’étais fiévreuse à mon départ et que je n’avais pas tenu le coup. – Un léger regard en biais à sa dragonne de mère, puis un sourire flagrant, faux, se mue sur ses lèvres. – As-tu déjà croisé Cal ? – Cal. Son pire ennemi, sa future proie, sa première cible. La raison pour laquelle elle a pleuré, la raison pour laquelle elle s’en sentie trahi. Que Naos soit un enfoiré, elle n’en a jamais vraiment douté, mais lui, pourquoi lui ? Son autre moitié, son jumeau ? – Non mais je vais m’y rendre immédiatement, j’ai quelques petites choses à lui dire. – Un poing dans sa figure. Petite courbette, hochement de la tête de la mère et un pas en arrière avant de sortir de cet énième donjon.


vii - bound by blood
They say blood is thicker than water,
but I say ice, can be more solid than blood,
when times get cold.


Elle laissait claquer ses talons contre le marbre du palais avec arrogance, suffisance. Elle avait appris à ne plus baisser le menton, à ne plus craindre le regard des gens. Weiss lui avait dit de garder la tête haute, coûte que coûte et Isaure l’avait écouté. On ne parlait toujours pas de respect, ni d’admiration pour la princesse disparue, en revanche on n’osait plus parler de sa personne en sa présence. Les chuchots, le vacarme des rumeurs lui importaient peu, la seule chose qui lui tenait à cœur était de se créer des alliances contre ceux qui lui avaient opposé troubles. La liste était longue, à commencer par ces ingrats qui l’avaient abandonné, délaissé pour maintenir leur statut d’ivresse noble. Le jumeau était la première cible, l’ancienne moitié, le cœur en miettes, elle s’était décidée de le consumer, autant qu’il lui avait tordu les entrailles. Il avait vu son regard, le besoin de sa personne, de son cri, de son désaccord, mais jamais rien n’était venu, jamais rien ne viendrait ; Cal, au contraire de sa sœur, était une statue. Inébranlable, stoïque, elle ne se laissait pas prendre au jeu, aux difficiles coups qu’Isaure mitraillait en le voyant. Il était noyé dans une honte, une culpabilité dont elle jubilait la garce. Elle ne s’était jamais sentie aussi puissante, qu’en voyant Cal grimacer face à ses critiques, aux mots si vrais, puant la vérité dissimulée. La gamine silencieuse n’était plus, elle avait disparu après son emprisonnement, elle s’était effacée, laissant place à la flamme, la flamme qui ne s’éteignait jamais. Au contraire, elle vivait, se rallumait, s’évertuait à poursuivre sa route vers la victoire, sa vengeance exacerbée. Le couloir était vide, et pourtant, Isaure, de sa simple présence le remplissait. Elle savait enfin se montrer présente, intimider ceux qui ne respectaient aucune de ses souhaits. La princesse avait la tête dure, peut-être un peu trop au goût de certains, cette qualité qui l’avait poursuivi malgré ces années de torture. Elle avait toujours eu l’insolence dans le palpitant, la rage de vaincre, de dire non, de s’accorder sur les désaccords des autres. Son souffle se voulait calme, calme, si calme alors que la tornade fermentait les organes en rage. Elle voyait au loin la silhouette, celle de son frère ; du traître. Il était toujours vêtu du même agencement, une belle veste avec l’insigne royale brodée dessus, son badge de futur héritier, ses cheveux pourtant très décoiffés. Un sourire malsain se forma sur les lèvres d’Isaure, qui d’un pas plus encouragé encore qu’auparavant, se dirigeait droit vers son ancienne moitié. – Je ne suis pas d’humeur Isaure. – Il éleva la voix pour lui faire comprendre qu’il ne voulait rien avoir à faire à elle. Mais Isaure n’écoutait jamais, elle ignorait les appels, les ristournes qu’elle avait supporté pendant trop longtemps. – Je n’étais pas d’humeur non plus quand on m’a forcé à quitter le palais il y a dix ans, ce jour-là tu m'as entendu crier, pleurer et tu m'as ignoré. Alors j'ai décidé d'ignorer tes opinions, frère. – Laisse-moi te faire du mal, laisse-moi te crever comme tu m’as crevé. Il arqua un sourcil alors que ses mains jointes formèrent des poings. – Tu ne t’arrêteras donc jamais ? Emmerdeuse. – Elle leva les yeux au ciel. – C’est déjà mieux que d’être une vulgaire lâche. – Langue bien trop pendue, crocs acérés, la vipère s’approcha davantage de son ennemi. – Tu comptes me le répéter jusqu’à ma mort ? – Mesquine petite gamine, mesquine gamine, elle était une sale gosse et avait le malheur d’en avoir conscience. – Repaye moi ces huit années gaspillées et peut-être que j’arrêterai Cal. – Une pique franche, trop honnête qui brisait encore une fois les murailles qu’elle avait bâti autour de son cœur meurtri. – Je ne peux pas. Je ne le ferai pas. Te rends-tu compte de l’insolence de tes propos, tu ne parles pas à n’importe qui, tu parles au futur empereur. – Un regard sévère, autoritaire, qu’Isaure essuya d’un petit clin d’œil. Elle s’approcha de son visage, puis de son oreille. – Pour combien de temps mon Prince ? Les lâches finissent toujours par tomber, à quand cet instant où je porterai la couronne à ta place ? – Chuchot discret, presque invisible, mais si fort en impacte. Il ne dit rien, il la regarda droit dans les yeux. Cette sœur qu’il avait autrefois adoré, était devenue l’alter-ego d’une mère maléfique. – Isaure, fais attention à ce que tu dis. Le temps court, et ma patience avec. – Un énième clin d’œil accompagné d’un sourire moqueur, la gosse se détacha du jumeau, avant de tourner les talons et s’en aller. Fuir le mal, fuir l’ennemi.


viii - i'll chew you up
and spit you down
'cause that's all your love is about


Les pas retentissent, alors que les yeux observent sa proie. Naos est là. Présent, toujours dans ce foutu château à la narguer tous les jours. Il n’est pas mort, il n’a pas été emprisonné ni renvoyé de la cour. Il est là, souriant ; alors qu’il devrait être mort. Isaure s’avance, elle n’a jamais été si sûre d’elle, elle n’a jamais autant ressenti cette haine cuisante qu’à cet instant, en croisant ces yeux pour lesquels, autrefois, elle aurait succombé. Si sa rage est palpitante, son cœur bat au rythme de cette colère. – Jagger. – Respirer. Inspirer. Expirer. Ne pas se laisser aller, ne pas disjoncter. Serrer les poings dans les pans de sa robe, sans lui montrer la rage humaine qu’elle est devenue. – Où est Cal ? En tant que bon chien de garde que tu es ne devrait-il pas être à tes côtés ? – Une pierre deux coups. Un frère ingrat, un ancien amant plus malotru que quiconque d’autre. Deux personnes qu’Isaure, hait, elle les hait comme la peste. Devenue exacerbée, un simple reflet brisé de ce qu’elle était autrefois, la princesse n’est plus princesse, elle n’est plus que glace. On ne la respecte pas, on ne l’aime pas, on la moque, on la méprise ; mais elle vit, elle vit pour ces regards, pour cette jalousie, pour ce mépris. Qu’ils aillent tous en enfer, elle les y rejoindra à sa mort. – Qu’est-ce que ça peut te faire ? – Elle sourit sournoisement, si avant elle l’aimait à en crever, à présent elle ne ressent que de l’indifférence. Après des années à s’en convaincre, elle croit enfin y croire. Mais c’est absurde, car Isaure, Isaure est une femme qui vit dans le passé, qui ne sait faire que ça, qui ne sait que pourrir son présent pour rappeler son passé. – As-tu oublié qui j’étais Naos ? Une princesse, alors adresse-toi à moi en bonne et due forme, tel le règlement le proclame. –  Une pause d’amertume. – Car si je me souviens bien, les règles  semblent très importantes à tes yeux Jagger. – Naos lève les yeux au ciel. Et ça ne la rend que plus colère. Comment haïr autant ? Comment détruire innocence et naïveté pour la remplacer par ce flot de rage. Comment était-ce possible ? La réponse se trouve devant ses yeux. – Qu’est-ce que ça peut bien vous faire, votre Altesse ? – Elle sait que si elle lève le poing, elle n’a aucune chance, malgré l’entraînement de Weiss, malgré sa formation, elle ne peut se permettre de disjoncter dans les couloirs. Les regards n’attendent que ça, qu’elle explose, implose ; Toute excuse est bonne pour renvoyer la princesse dans son cachot. – Si nous passions les commodités Naos ; Je vois que finalement tu as bien été réparti à mon frère. Les ingrats se retrouveront toujours. – Des traitres, des lâches. Parce que Naos est un lâche. Il n’a jamais eu le courage de lui dire, de s’excuser, de lui faire comprendre quoi que ce soi. Et elle est tombée si bas Isaure, si bas à cause de lui. Elle a perdu des années de sa vie pour ces yeux qu’elle souhaite à présent arracher. – Son Altesse royale le prince semble très satisfait de mes talents, comme vous l’aviez prédit Princesse. – A l’époque où elle avait crié les éloges des deux, où elle avait pensé vivre dans un conte de fée. Ces choses qui s’étaient résolues en un claquement de secondes. Quand l’un l’avait envoyé en prison, quand l’autre n’avait pas réagi. – Deux lâches qui s’entendent un comble. A voir lequel de vous deux tentera de trahir l’autre en premier. J’attendrais patiemment. – Elle marque une pause. – Ta vie ici Naos va prendre une toute autre tournure. Je préfère te prévenir, que les choses soient claires. Si tu pensais t’en être sorti, en jouant à l’innocent, en tentant même de manipuler mon petit frère, ces temps-là sont, malheureusement pour toi, résolus. –  Peut-être qu’il veut dire quelque chose, répondre, lui dire qu’il a mieux à faire, mais elle ne lui laisse pas le temps. –  Pendant deux ans de ma vie tu as parlé, maintenant à mon tour de te faire comprendre à quel point je vais te faire vivre un enfer. Je ne parle rien de physique, mais tout ce que tu penses avoir acquis ici, popularité, richesse, reconnaissance ou je ne sais quoi. Sache que, une chose après l’autre. Je te la prendrais, lentement, terriblement facilement, pour la réduire en flammes. La seule chose dont tu te souviendras seront les larmes que tu pleureras pour signifier ta perte. –  Elle pourrait peut-être le remercier, le remercier de ce qu’il a fait pour elle. Il l’a fait évoluer, d’une certaine façon. – Je commencerais par les plus belles choses. Tu diras bonjour de ma part à Oona. –  Sourire suffisant sur les lèvres, une mine conquérante, car il ne peut rien contre elle, plus maintenant, plus jamais. C’est fini, cette mascarade, ce jeu, cette pourriture tomberait, elle tomberait si bas, que les derniers morceaux ne seraient pas même récupérables. – Touche à ma sœur Isaure, et je te jure que je te tue. – Un dernier sourire, elle tourne les talons, et lui tourne le dos. Tout en lui faisant un signe de main obscène.


ix - she wore her smile like a loaded gun
she would not, could not
be broken or tamed


Son cœur bat la chamade ; Il s’entrechoque dans cette poitrine trop étroite dans l’attente de savoir, comprendre. Une grande nouvelle doit lui être révélée, celle qui chamboulerait probablement son futur ainsi que sa vie au palais. Isaure sait déjà, elle l’a senti arrivé, elle l’a senti venir la narguer. Un mariage de sa personne à une autre, un brouhaha de n’importe quoi. Incapable d’aimer quiconque d’autre qu’elle-même ou encore Weiss, elle est bien décidée à n’épouser personne. A se refuser au malotru qui lui servirait de mari, lui rendre la vie tellement plus difficile qu’elle l’est déjà. Le prénom, ni la famille ne lui ont encore été révélé, pourtant Isaure a un pressentiment que l’époux, la soi-disant seconde moitié ne vient pas de la grande noblesse. Les familles du feu ont eu vent de ses écarts, et savent à qui s’attendre en accueillant une Oshun au sein de leurs rangs. Emmerdeuse finie, elle est devenue le diable de la cour, incapable de se tenir, incapable de fermer sa bouche, elle est le cauchemar des riches, de ces ingrats malaimés. – Princesse, je vous demande de me suivre. –  Isaure lève à peine le menton en direction de l’esclave qui lui demande d’entrer dans les appartements de la dragonne. Seuls de mauvais souvenirs viennent entraver sa cervelle quand les mots mère ou encore impératrice lui viennent à l’esprit. Cette femme est un tyran, mais elle a au moins le mérite d’en être un et pas un empereur. Elle entre le torse bombé, le menton haut, la mine farouche. Des pièges seront lancés, des piques seront envoyées, rien d’anormale, juste du normal. – Cela fait longtemps que nous ne nous sommes plus vues ma fille. –  Sourire adéquat à la situation, faux et hypocrite, Isaure s’avance vers le bureau de sa mère. Elle est belle l’impératrice, si elle n’était pas aussi hystérique, peut-être que beaucoup d’hommes tomberaient amoureux d’elle. Au fond Isaure se sait comparée à cette chère et tendre femme, que ce soit dans le caractère ou le physique. Beaucoup chuchotent qu’elle terminera comme elle, veuve, assise sur un trône telle l’imposteur qu’elle représente. Isaure aime rire à ces remarques, les ignorant d’un bref regard noir. – Oui Mère, mais vous avez fait appel à moi. – Une voix mielleuse, menteuse, manipulatrice, dégueulasse et pourrie. – Il me semble d’ailleurs que je sais déjà pourquoi. – L’impératrice lève les yeux de ses feuilles et observe sa fille pendant quelques secondes. – Tu as grandi Isaure. Tu es devenue une femme. –  Elle pose ses petites lunettes sur son tas de devoirs, et pose ses coudes sur le rebord de son fief. – On me parle beaucoup de toi tu sais ? Ton ambition n’a de limite me dit-on. On me demande souvent où est passé l’enfant rieuse que tu étais auparavant. –  Hm. Enterrée par sa majesté impériale. Un sourire narquois se forme sur les lèvres de la gamine, bien consciente que sa mère doit savoir que l’innocence n’a jamais eu sa place au sein du palais royal. Elle était destinée à devenir ce qu’elle est aujourd’hui et malgré la fatalité de ces propos, Isaure a appris qu’il valait mieux être pessimiste, qu’une insolente optimiste. On la saboterait davantage avec les années qui passeront, elle récupèrera tout son courage en détruisant les autres. Un jeu du chat et de la souris, interminable, tellement minable. – Elle a disparu Mère, loin très loin. Maintenant arrêtons de tourner autour du pot voulez-vous ? A qui offrez-vous ma main ? – Un sourire se mue sur les lèvres de la dragonne alors qu’elle se lève cette fois-ci de ce faux trône. Se postant droit devant les yeux de sa fille, elle lève sa main pour lui caresser la joue. Isaure voudrait l’éviter, assener un coup pour la tuer à tout jamais, mais elle se refuse de laisser ses instincts prendre le dessus. Elle accepte cette affection de sa tendre mère tout en continuant à sourire. – Adonis Griffith. –  Un maître de la terre. Décevant. Ses yeux tentent de rouler dans ses orbites, mais sa mine reste stoïque. – Je croyais que nous évitions de nous mêler aux chiens. Les Griffith ne sont rien comparés aux Oshun, pourquoi dois-je me traîner un boulet pareil ? – L’impératrice bouge tel un tigre dans sa cage. – Car personne d’autre ne voulait de toi, ma tendre fille. – Isaure la fusille du regard, consciente des mots et de la vérité derrière ceux-ci, la blonde croise ses bras sur sa poitrine. – Je ferais ce qui est demandé de moi. En revanche, ne vous attendez pas, chère maman, à ce que mon fiancé ne vive une vie facile au sein du château. L’on dit qu’un accident est vite arrivé. – L’impératrice tourne les talons et retournent s’asseoir à son bureau, un sourire satisfait formé sur ses lèvres. – Je n’en attendais pas moins de toi Isaure. –  Faisant un signe de main pour la faire partir, les poings se forment au niveau des doigts de la princesse, alors que la rage intérieur rugit de colère.


ix - heavy is the head
that wears the
crown


Isaure tenait dans sa main la lettre qu’elle avait découvert il y a quelques mois à propos d’une enfant, d’une fille bâtarde enfanté par son père. Le sourire sournois qui s’était formé sur ses lèvres à la lecture de ces écrits, refaisait surface de temps en temps, quand elle se souvenait de la mine déconfite de sa chère et tendre mère. Isaure n’avait pas mis longtemps à reformer le puzzle, n’oubliant aucun morceau, sa théorie s’était avérée vraie, Ophelia était sa demi-sœur, l’enfant saugrenue cachée du monde entier. Elle l’avait accueilli au sein du château faisant d’elle sa servant officiellement ; officieusement, ses yeux et oreilles au sein de la cour royale. Isaure se délectait de ce nouveau pouvoir acquis et si son affection pour Ophelia n’était pas seulement mensonges et manipulations, l’Isaure de la tour n’était rien de ce qu’elle était à présent. Elle entendit quelqu’un toquer à la porte de sa grande chambre, laissant l’individu entrer, elle reconnut immédiatement les cheveux roux de sa petite sœur. S’asseyant à ses pieds, comme elle le faisait par habitude, pour qu’Isaure puisse lui brosser sa longue chevelure, elle avait pourtant l’air contrarié. – Les gens parlent tu sais ? – Elle marqua une longue pause, perdue dans ses pensées. – Ils ont dit que tu n’étais pas mieux que ta mère, que tu allais être un tyran et que quiconque sein d’esprit ne te mettrait sur le trône. – Isaure se contrôla pour ne pas serrer les poings ou lui tirer les cheveux violemment. Ces rumeurs, ces jacassements répétitifs. Elle ressemblait physiquement à cette mère dragonne, mais se refusait d’accepter les apparences mentales. La princesse ne pouvait devenir pire que sa mère, elle réprimanderait quiconque oserait le lui reprocher. – Ce ne sont que des racontars Ophelia, des rumeurs futiles. – Elle observa sa sœur se ronger un ongle, l’air pensive. – Ne me dis pas que tu y crois. – Elle ne voulait pas perdre une alliée, pas une de l’ampleur d’Ophelia. Une bâtarde cachée, déterminée à tout faire, absolument tout pour détruire sa garce de mère. La réponse se faisait languir, alors que la gamine semblait plus nerveuse que jamais. Isaure leva les yeux au ciel, et s’assit en face de l’enfant sauvage. – Tu as peur que je te trahisse, que je te laisse de côté comme ma mère ? – Elle commença à lever le menton de l’enfant, vrillant ses yeux dans les siens. – Est-ce que je t’ai donné une raison de douter de moi Ophelia ? Si c’est le cas, je m’excuse d’avance. – Ophelia secoua frénétiquement la tête telle une poupée démantelée. Elle attrapa les mains de sa demi-sœur et osa enfin lever les yeux. – Jamais, jamais je ne douterais de toi. – Des mots sincères, trop honnêtes. Isaure aurait pu culpabiliser, si à la place de son cœur ne se retrouvait pas un palais de glace. Elle l’aimait beaucoup cette enfant, mais pas assez pour la protéger du monde à la cour, de cette noblesse épuisante, étriquante. Si des sacrifices devaient être provoqués, Ophelia ne serait pas exemptée de sa liste ; peut-être qu’Isaure était convaincue de n’avoir rien de sa mère, et pourtant l’ogre dans ses entrailles criait à la cruauté. – Je l’espère. Tu es ma sœur Ophelia, jamais je ne pourrais te blesser. – Elle marqua une pause. Peut-être qu’elle se servait de cette enfant, parce qu’elle s’y reconnaissait quand elle était elle-même encore une enfant. Naïveté, innocence, le besoin insouciant de déposer toute sa confiance envers une personne. Ophelia apprendrait pourtant, que l’on ne pouvait compter sur personnes ; leçon apprise, sûrement à ses propres dépens. – Le sang est plus solide que la glace, ne l’oublie pas, si tu tombes, je tombe. Je t’ai fait une promesse et je la tiendrais ; ma mère va mourir coûte que coûte. – La promesse n’avait pourtant jamais été de la tenir en vie jusqu’à cette éventualité.
© PINNED UNDER THE WEIGHT 2017



Dernière édition par Isaure Oshun le Mar 13 Juin - 12:13, édité 12 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 579
‹ AVATAR : NICOLA PELTZ.
‹ CRÉDITS : PERSEPHONE (AVATAR) // CLARA ET SON TALENT DE FOU (GIF SIGNATURE)
‹ COMPTES : CA, MO.

‹ AGE : vingt-cinq années marquant son visage de poupée, le quart de siècle accroché à l'épiderme.
‹ STATUT : seule, sans fiançailles et sans attaches. ses fiançailles avec braam ososryd ont été annulées lorsque celui-ci a été dénoncé et accusé d'être résistant. désormais son coeur balance contre son âme soeur et une âme qu'elle aimerait purifier, ses désirs se mêlant dangereusement à ses sentiments.
‹ SANG : bleu, pureté royale salissante qui s'entache à son être. une fierté déconcertante, un sourire narquois accroché aux lèvres.
‹ COMPETENCES : charisme (niv. 4), manipulation (niv. 5), méfiance (niv. 4).
‹ METIER : aucun, jamais elle n'a connu cette obligation et jamais elle ne la connaitra, noble jusqu'au bout des ongles.
‹ ALLEGEANCE : son allégeance se tourne vers son frère et ce qu'il représente ; cal oshun. avec la mort de sa mère et la fin de l'emprise psychologie qu'elle détenait sur wanda, la gamine pu enfin se délivrer et prendre le contrôle de ses propres aspirations ; c'est donc aux côtés de son frère qu'elle se tient, envers et contre tous.
‹ ADIUTOR : allen, un mêlé orange, sa deuxième identité, son ombre, désormais traitre il l'a abandonné.
‹ POINTS : 315

Carnet de bord
Choses à savoir:
Relations:

MessageSujet: Re: - she wore her hope like a crown - Mer 12 Avr - 13:08

mais c'est qu'on est tous bg chez les oshun 8D
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 642
‹ AVATAR : LILY JAMES, LA DEESSE.
‹ CRÉDITS : AV/@WITCHLING.
‹ COMPTES : YO, RK.

‹ AGE : âgée de vingt-huit ans, princesse de rien, de tout, adulte, enfant, elle a le coeur d'une adolescente, le physique d'une femme, l'impulsivité d'une enfant.
‹ STATUT : fiancée à un griffith, un boulet à son pied, pourtant ingénieuse alliance. si tout semblait s'être abattu contre elle, adonis ne semble pas si mauvais parti.
‹ SANG : sang bleu, princesse, royauté exécrée, elle est le fruit d'une famille qui ne connaît que sang et pouvoir.
‹ COMPETENCES : leadership (lv4), commérage (lv1), évaluation (lv1)
‹ METIER : princesse de pacotille, inutile petit bijoux appartenant à la famille royale, son seul métier est de courber l'échine et de sourire face au sang argent.
‹ ALLEGEANCE : elle-même, réitérant le même motto depuis trois ans, elle contre le monde entier, elle seule contre la terre entière.
‹ ADIUTOR : weiss, l'ange sauveur, la seule et unique personne, acompagné de son frère, en qui isaure a pleinement confiance.
‹ POINTS : 1291

Carnet de bord
Choses à savoir:
Relations:

MessageSujet: Re: - she wore her hope like a crown - Ven 12 Mai - 10:45

tu l'as dit
on est pas seulement les régents du royaume, mais aussi les plus beaux
on est swaggé jusqu'au bout
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

MessageSujet: Re: - she wore her hope like a crown - Lun 15 Mai - 22:37

manon
ô quel beau canon
sa beauté est si magnifique
que tous les gars veulent lui faire la nique
et même max irons
et je galère désormais à trouver une rime pour irons
manon elle est trop belle
et fais gaffe à toi
c'est une rebelle
elle te dévore tout cru en un claquement de doigts

I love you I love you I love you I love you
Revenir en haut Aller en bas

- she wore her hope like a crown -

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» crown brush
» Méthode Crown and Glory
» The Crown sur Netflix
» Peyton Ҩ As human beings sometimes it's better to stay in the dark. Because in the dark there may be fear, but there is also hope.
» [Background de la Campagne] La légende du Capitaine Crown

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PINNED UNDER THE WEIGHT :: INTO THE ABYSS :: les petits papiers :: fiches validées-