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don’t let your fire disappear (braam)

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‹ STATUT : veuf, on lui a arraché sa moitié sans qu'il ne puisse rien y faire. perdu, détruit, son myocarde n'est désormais plus capable de ressentir quoi que ce soit.
‹ SANG : gouttes d'argent parsemées dans une hémoglobine pure et supérieure, ils n'ont rien besoin de prouver pour exister, leur réputation est déjà faite depuis de longues années.
‹ POUVOIR : maître du feu, il manipule les flammes vengeresses avec habilité. Suite au fléau qu'a abattu le virus sur lui, son contrôle du feu s'est vu diminué, tandis que la maîtrise de la lumière est venue s'y ajouter.
‹ METIER : sans métier, il n'a plus rien à protéger, et plus aucun but en tête. il a tout perdu, et ne voit plus l'intérêt de chercher un sens à son existence.
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MessageSujet: don’t let your fire disappear (braam) Lun 4 Juin - 15:24

don’t let your fire disappear
Braam & Idriss

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Cachots, Palais des flammes, Launondie


L’ombre pesante et envahissante de la nuit venait de s’écraser sur Launondie, assombrissant chaque petite parcelle du majestueux Palais des flammes, demeure de l’empereur. Dans ce silence accablant et épais, peu d’âmes se trouvaient encore éveillées, tandis que l’astre nocturne trônait bien haut sur la voûte céleste. Mais le Swanson ne dormait pas lui, au même titre que les nombreux soldats responsables de protéger le bâtiment. Et pourtant, il n’était pas de garde ce soir, il était libre. C’était une toute autre raison qui l’avait poussé à se frayer un chemin silencieux à travers les couloirs du palais. Une raison qui n’avait rien à voir avec ses fonctions d’ailleurs, le motif était entièrement personnel. Guidé par la lumière des torches qui brûlaient au palais, il évoluait d’un pas rapide et déterminé vers sa destination, sans se tromper une seule fois de chemin. Il connaissait bien le lieu après tout, pour y passer le plus clair de son temps. En tout bon Swanson qu’il était, servir l’armée et les Oshun semblait faire partie de ses gênes. Plusieurs regards inquisiteurs et méfiants se posèrent sur lui, ceux des gardes qu’il croisait, et qu’il gratifiait d’un regard glacial et indifférent. Il n’avait pas de temps à perdre avec eux, et aux quelques soldats qui osaient lui demander la raison de sa présence ici, il répondait qu’un Swanson n’avait pas à justifier la raison sa présence dans ces lieux. Sa famille n’était-elle pas dévouée depuis longtemps à la couronne ? N’étaient-ils pas de loyaux guerriers ? Personne n’avait le droit de remettre en question cela, et chacun en était bien conscient. Alors on le laissait passer sans un mot, peut-être grâce à son nom, peut-être grâce à la crainte d’avoir des problèmes avec le terrible Ernest Swanson, peut-être parce qu’on savait ce qui se racontait sur le dernier fils et ses « fréquentations impériales » il n’en savait rien. Quoi qu’il en soit, c’est sans réelle complication qu’il parvient jusqu’à son objectif : les cachots.

C’est ici que les choses se corsèrent. Pourquoi le laisserait-on passer ? Pourquoi lui autoriserait-on une visite à un prisonnier en pleine nuit ? Très bonne question, dont il aimerait vraiment avoir la réponse. Mais il essayerait, parce qu’il n’avait pas grand-chose à perdre finalement. Que feraient-ils ? Rapporter qu’un Swanson avait insisté pour discuter avec un prisonnier ? Rien de bien grave d’après lui, il pourrait encaisser les conséquences, qu’elles soient graves ou non. Après tout, un tel acte n’était pas passible de la peine de mort, n’est-ce pas ? Prenant une grande inspiration, il se plante finalement face aux gardes chargés de surveiller l’accès aux cachots. - Swanson ? Tu n’as rien à faire ici, surtout à une heure pareille. Disparais. - Il ne bronche pas, presque agacé qu’un homme portant le même grade que lui puisse lui faire une telle remarque. Des poings se perdaient, à coup sûr. - Je viens m’entretenir avec le prisonnier, l’Osoryd, ordre de mon père. - Il reste de marbre, sans trahir aucune émotion. Son interlocuteur lui renvoie un regard perplexe, consultant rapidement son acolyte. Ils ne le croyaient pas, ou bien ne comprenaient pas la raison d’une telle "mission". - Peut-être que vous ne me croyez pas, mais je ne fais que suivre les ordres d’Ernest. Les visites en pleine nuit sont plus fructueuses que celles en journée, m’a-t-il dit. C’est là qu’ils sont plus vulnérables, dérangés dans leur sommeil des plus précieux. C’est dans la crainte de l’ombre qu’on se livre la plus, a-t-il précisé. - Il hausse les épaules d’un air insouciant tandis que les soldats plissent les yeux. - Mais si vous ne voulez toujours pas me croire, peut-être devrais-je réveiller mon père, pour lui dire que les gardes n’ont pas voulu me laisser passer. - Il soupire, faisant demi-tour d’un pas lent. Il ne savait pas du tout si la carte "Ernest" allait fonctionner, mais qui ne tente rien n’a rien.

- C’est bon, tu peux y aller. Mais ne t’éternise pas tu veux ? Il n’y a rien d’intéressant à tirer de lui. - Idriss se contente de hocher la tête d’un air plus que sérieux. - C’est ce que je viens confirmer ce soir. S’il n’a en effet rien d’intéressant à offrir, sa vie n’aura plus aucune valeur aux yeux d’Ernest. - Il accompagne ses paroles d’un sourire cruel, cette même cruauté qu’il tenait de son père, et qui lui avait été transmise par les coups, par la haine, par les mots. Pourtant, cette fois-ci, elle n’était que feinte, car Idriss n’avait rien contre le prisonnier, au contraire. Il voulait seulement l’aider, lui faire savoir qu’il n’était pas seul, quand bien même sa situation semblait désespérée. Un ami, c’est ce qu’il était pour lui, et il n’hésiterait pas à mentir encore pour le soutenir du mieux qu’il pouvait. Quoi qu’il en soit, il avait réussi à passer le dernier obstacle avant de pouvoir rejoindre les cachots, chose qu’il fit sans plus attendre. Tandis qu’il avançait dans l’obscurité, ses pas résonnaient contre les murs lugubres des cachots. S’emparant d’une torche, c’est un à un qu’il dut éclairer les visages de ceux qui étaient détenus ici. Puis il l’aperçoit finalement, avec ses cheveux sombre, cette peau pâle, cette expression. C’était bien Braam. Ni une ni deux, il s’accroupit devant la cellule, éloignant la torche des yeux du captif. L’aveugler n’était pas le but. - Braam, c’est moi. Idriss. - Derrière les barreaux, l’Osoryd ne payait pas de mine. Le voir dans cette situation, et dans cet état, lui serrait le cœur. - Comment… Comment vas-tu ? - Question stupide, bien sûr qu’il ne respirait pas la joie, et qu’il n’était pas en forme. Le Swanson cherchait seulement à se rendre compte de l’état de Braam. Plus il en saurait, mieux il pourrait l’aider à affronter cette épreuve. Et un jour, Braam retrouvera la liberté, Idriss y comptait bien.

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Dernière édition par Idriss Yinren le Mer 20 Juin - 13:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: don’t let your fire disappear (braam) Lun 4 Juin - 23:56

« Braam Osoryd, vous êtes aujourd’hui convoqué devant sa Majesté Cal Oshun, souverain d’Aksana, par sa seule volonté. » Le chevalier, capitaine de l’armée de l’empereur, se tenait en contrebas de l’estrade de marbre sur laquelle l’empereur avait installé le trône où il s’était assis. Seul, dans une salle du trône noire de monde. La noblesse s’était amassée là, quittant ses activités courtisanes le temps de voir leur messie prononcé sa sentence. Braam, homme d’une grande humilité, n’avait jamais connu une telle foule, uniquement réunie pour lui ; l’empereur s’entretenait à l’habitude avec le leader de ses soldats en comité restreint. Ainsi l’agora s’entassant, le capitaine comprit aussitôt que cette convocation s’engageait sous de très mauvais augures. Les anoblis se regroupaient en son dos, lui empêchant tout accès à la porte de sortie, comme pour lui signifier qu’il était prisonnier de ces rapaces, agglomérés pour assister à la déchéance d’un des leurs, espérant secrètement que l’un des membres de leur famille accéderait au post qu’il laisserait vacant. Le commis du roi, debout à ses côtés, poursuivait sa lecture tandis ce que le souverain, impassible, toisait son général. « D’après ses mots, la paix est assurée car tout rapport hiérarchique se base sur le devoir d’obéissance, corroboré par un sentiment de confiance partagé. Sans cette combinaison, c’est toute la pyramide qui s’écroule. Elle chute. Son altesse impériale ne saurait mettre en péril cet édifice. » Un discours moral, une leçon que le roi voulait faire entendre à son subordonné. Mais la situation était d’ores et déjà critique. Il lui était impossible d’envisager de se racheter. Cette cérémonie de destitution sonnait le glas de son existence. « Braam Osoryd, votre service rendu à l’empire fut admirable. Mais les soupçons pesant sur votre allégeance fragilise la confiance que vous porte, ici présent, sa Majesté Cal Oshun. » La convocation n’était rien de plus qu’une condamnation, la fin du guerrier, son inexorable chute. A mesure que la tirade s’allongeait, l’aîné Osoryd posait son regard charbon sur son souverain, le méprisant ardemment, il le lui rendait aisément. « Vous êtes, par la présente, poursuivit pour crime de haute trahison à l’encontre de l’Empire des nations.  Vous séjournerez dans les cachots du palais jusqu’à la tenue de votre procès. » Aussitôt saisit par deux gardes parés de leurs armures d’acier, on le contraint à garder ses poings dans le dos. Il ne quittait pas des yeux son souverain, comme s’il l’avertissait que ce ne serait pas la seule fois où il s’en prendrait à l’empire, comme pour lui dire que ses soupçons se transformeraient bientôt en de terribles vérités.

Les cachots, leurs parois froides et humides, l’odeur nauséabonde de l’urine. Tout, autour de lui, lui semblait un calvaire. Le fer rouillé des barreaux le retenant captif le séparait d’un devenir de  traître en cavale, et pourtant, il n’aspirait qu’à cela. Une liberté précaire lui suffisait, il lui fallait simplement s’échapper de sa cage.
Il lui était impossible de trouver le sommeil. L’esprit occupé dans des dizaines d’interrogations, Morphée n’avait pas encore fait son trajet jusqu’au chevalier déchu. Il pensait à sa famille, qui devait à cette heure songer à la déception que leur inspirait sa trahison. Il se demandait ce qu’il adviendrait de lui dans ces prochaines heures. Plus encore, il tentait de résoudre l’énigme pesant sur lui. Il tentait de comprendre qui avait bien pu révéler ses intentions si secrètes à l’empereur, qui avait bien pu le trahir. Braam envisageait le moindre de ses proches, la moindre personne susceptible d’avoir su, mais il ne trouvait personne dont il aurait pu questionner la confiance à ce point.
Laissant son regard parcourir les alentours, il croisait ceux des autres détenus, ces prisonniers de l’empire qu’il avait déjà interrogé en personne. Certains étaient là, moisissant dans leur cellule, depuis des dizaines d’années. Ils le méprisaient, tirant par ailleurs une certaine satisfaction de le voir là, assis sur la même paille qu’eux, lui qui prenait très à cœur les ordres de son roi, lui scandant de les torturer jusqu’à ce que mort s’en suive. L’ennemi du roi était l’ennemi de Braam Osoryd. Si seulement cette affirmation fusse vraie encore à ce jour. Mais quand bien même il ne partageait plus aucune pensée du souverain, ses codétenus se délectaient déjà de la souffrance que lui aussi subirait. Il se serait sans doute excuser, mais ils n’auraient jamais voulu comprendre. Et puis, il entendait à l’autre extrémité des cachots, derrière la massive porte de bois close à double tour, une voix familière, mais il remit cela sur le compte de la fatigue, de la faim et de la déshydratation. Le tintement d’un trousseau, la serrure cédant au contact de la clef ; la porte s’ouvrit au loin. Braam, le visage maculé par la poussière, la sueur, la crasse, laissa tomber sa tête, ses yeux contemplant un sol salit par le sang de ses prédécesseurs. Une torche illuminait hasardeuse les murs de la caverne aux prisonniers, agitée avec empressement par son détenteur. Puis la flamme imposait sa présence devant le guerrier. « Braam, c’est moi. Idriss. » Ces quelques mots eurent l’effet d’un électrochoc. Il redressait soudainement la tête, les yeux écarquillés par la surprise. Les flammes dansantes se reflétaient dans les pupilles noires du prisonnier. Elles illuminaient le visage de son soldat, faisait resplendir sa chevelure rousse. Braam pouvait déceler dans ses yeux la pitié qu’il éprouvait à son égard, cette seule pensée le révoltait, mais il n’osa pas se le mettre à dos, et bien moins attirer l’attention des gardes, souhaitant plus que tout en découdre avec un prisonnier récalcitrant. « Comment… Comment vas-tu ? » Des formalités, oui, mais Braam appréciait la simple attention que lui portait l’un de ses soldats et proche ami. Il savait pertinemment qu’il serait un des rares, sinon le seul, qui ne cracherait pas sur son supérieur, salissant un homme qu’ils adulaient des heures auparavant. « Très bien, ne t’en fais pas pour moi, tout ira bien. » Détestant s’apitoyer sur son sort, il évoqua brièvement sa condition pourtant déplorable, estimant que des choses bien plus importantes étaient en jeu. Comme la liberté d’Idriss, qui elle, était encore intacte. Il trouvait cependant le moyen de la mettre en péril en venant le voir. Braam ne pouvait pas l’accepter. « Toi, que fais-tu ici ? Tu dois repartir tout de suite ! Qui sait ce qui t’arrivera si l’on apprend que tu es venu ici. Qui sait ce que fera Oshun quand il saura ? Tu as pris trop de risques en venant ici, tu dois t’en aller ! » Le chevalier aux cheveux noirs, retenu dans les abysses d’un empire sur le déclin, refusait qu’un autre périsse en tentant de lui venir aide.
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‹ STATUT : veuf, on lui a arraché sa moitié sans qu'il ne puisse rien y faire. perdu, détruit, son myocarde n'est désormais plus capable de ressentir quoi que ce soit.
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‹ POUVOIR : maître du feu, il manipule les flammes vengeresses avec habilité. Suite au fléau qu'a abattu le virus sur lui, son contrôle du feu s'est vu diminué, tandis que la maîtrise de la lumière est venue s'y ajouter.
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MessageSujet: Re: don’t let your fire disappear (braam) Mer 20 Juin - 14:45

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Cachots, Palais des flammes, Launondie


Les yeux accrochés au visage poussiéreux de son ancien supérieur, Idriss sentait une rancœur certaine grandir en lui, rancœur dirigée envers tous ceux qui avaient laissé l’Osoryd pourrir ici. C’était un feu brûlant, s’élevant toujours, animant chacun des muscles du Swanson. Ce feu, qui avait pourtant toujours été présent au fin fond de ses entrailles, et qui, probablement, ne s’éteindrait-il qu’à sa mort. Mais il arrivait bien souvient qu’il s’agite, qu’il s’attise sous l’influence des émotions de l’homme. Et à l’instant même, il grondait. Il grondait de colère, pour cet homme qu’il avait toujours respecté et qui était désormais considéré comme un simple criminel. Comment les soldats pouvaient-ils se plier à une telle décision, alors que toute leur vie ils avaient servi l’Osoryd ? Idriss ne comprenait pas, et peut-être ne voulait-il pas comprendre. Il ne voyait pas où était la faute qu’on reprochait au prisonnier, et pour cette raison même, il voulait l'aider. Peut-être ne pourrait-il pas faire grand-chose, mais il serait là, bien présent, en soutien perpétuel. À commencer par retrouver celui ou celle qui avait été responsable de cette situation. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Idriss tenterait de le découvrir, la vengeance au cœur, la rage aux lèvres. Braam n’était peut-être pas de son sang, mais Idriss avait appris à connaître l’homme, à respecter le supérieur qu’il avait été, et au nom de l’amitié qu’ils avaient tissé, il ne pouvait pas rester les bras croisés. Il ne faisait pas partie de ces moutons de soldats, qui se contentaient d’obéir aux ordres, sans pour autant y réfléchir à deux fois. Lui avait ses propres opinions, ses propres valeurs, et bien que sa loyauté à l’armée soit acquise, il était seul maître de ses décisions, et de ses faits et gestes. Et c’est en cela que résidait la raison de sa présence ici. L’envie de se battre pour l’ami qu’il s’était fait, le désir de comprendre cette vérité qui se cachait derrière cette décision, mais également la volonté de réparer l’injustice qui avait été causée, qu’elle soit justifiée ou non. Idriss ne savait pas vraiment où il avait mis les pieds, impulsif à souhait, pourtant il était bien là, et il ne comptait pas faire marche arrière.

- Très bien, ne t’en fais pas pour moi, tout ira bien. - Idriss se contenta de hocher la tête, tandis que l’habitude de ne pas contredire son supérieur subsistait malgré les évènements. Le Swanson doutait de la véracité de ces propos, mais il ne dirait rien, parce qu’on lui avait appris à se taire lorsque le moment y était propice. Néanmoins, comment Braam pouvait-il être sûr que tout irait bien ? C'était impossible. Et quel était donc le sort qu’on lui réserverait ? Le doute se creusait bien trop pour que l’insouciance soit de mise. Il fallait agir avant que les choses n’aillent trop loin, Idriss le sentait. - Toi, que fais-tu ici ? Tu dois repartir tout de suite ! Qui sait ce qui t’arrivera si l’on apprend que tu es venu ici. Qui sait ce que fera Oshun quand il saura ? Tu as pris trop de risques en venant ici, tu dois t’en aller ! - Il ricana, indifférent au danger qui pesait au-dessus de sa propre tête. Peut-être que Braam se trouvait dans une bien mauvaise position, mais il n’avait pourtant pas tort en affirmant qu’Idriss pouvait en être touché également. Néanmoins, ce dernier n’en avait cure, et c’était bien le dernier de ses soucis. Idriss n’aura jamais été le plus fervent partisan de la couronne, oh que non. Si sa fidélité est sans faille, c’est sans aucun doute à cause de Saeko, la femme qu’il aimait, aussi appelée Impératrice des flammes. S’il offrait sa lame à l’Oshun au pouvoir, c’était bien pour pouvoir veiller sur sa femme, l’amante secrète du Swanson. Mais également, pour des raisons familiales, car les Swanson sont, et resteront toujours de fidèles serviteurs de la famille impériale. C’était la vie qu’il devait mener, l’avenir qu’on lui avait tracé avant même sa naissance, et il le suivrait. Parce que c’était ce qu’il avait toujours fait, et peut-être le ferait-il toujours. Quoi qu’il en soit, ses idéaux propres n’allaient pas toujours dans le sens de la couronne, et c’est encore une fois qu’il le prouvait. S’il venait aider Braam, c’était de son propre chef, et il ne le regretterait pas. Il avait fait son choix, mûrement réfléchi à ses heures perdues. Maintenant qu’il était ancré dans son crâne, il ne reviendrait pas en arrière, quoi que puissent être les conséquences de ses actes.

Haussant alors les épaules d’un air détaché, il fixa un instant les flammes dansantes au bout de sa torche. - Je suis ici pour t’aider, Braam. Moi choix est fait, je ne reviendrais pas dessus. - La détermination était un trait de caractère dont lequel le Swanson pouvait se vanter. Lorsqu’une idée venait se poindre dans son esprit, elle revenait sans arrêt, et ne s’arrêterait pas avant qu’il aille au bout des choses. Et c’est bien ce qu’il comptait faire avec l’Osoryd. Replongeant ses pupilles dans celles, bien plus sombres, du prisonnier, il reprit la parole avec fermeté. - Personne ne saura pourquoi je suis venu ici. Les gardes pensent que je t’interroge, pour tenter de tirer quelque chose de toi. Je soutiendrais cette version, et je continuerais de mentir s’il le faut. Je ne suis plus à ça près, tu sais. - Il faisait ici référence à sa relation adultérine avec l’impératrice des flammes. Avec elle, il se brûlait déjà les ailes, jouant avec le feu sans arrêt. Il marchait sur une corde, maintenant l’équilibre avec succès, pour le moment. Un jour peut-être tomberait-il, mais ce moment n’était pas encore arrivé. - Cal ne saura donc jamais la véritable raison de ma présence en ces murs, avec toi. Et quand bien même l’apprendrait-il un jour, j’assumerais mes actes, comme je l’ai toujours fait. C’est un risque que j’ai accepté de prendre, et personne ne pourra me faire changer d’avis. - Pas même toi, voulut-il rajouter, mais il s’arrêta là. De toute façon, il ne voyait pas bien ce que pourrait faire Braam pour l’empêcher de faire quoi que ce soit. Malheureusement pour lui, les barreaux le rendaient bien trop impuissant. - Je pense que tu me connais désormais, tu sais que je ne renoncerais pas. Je ne compte donc pas partir, entends-moi bien. - Il affichait un air sérieux, qui ne faisait aucune place à la contradiction. C’était un fait, il fallait l’accepter. - Nous devons trouver une solution Braam, un moyen de te sortir d’ici. Tu ne mérites pas le sort que l’on t’a infligé, j’en suis certain. - Et le feu brûlait en lui, nourri par la loyauté du soldat, par l’honneur du Swanson, par l’envie d’agir pour changer les choses. Peut-être n’était-ce qu’une petite étincelle, s’allumant lentement au fin fond d’une prison bien sombre. Mais l’étincelle finirait par devenir brasier, et ravagerait tout sur son passage.

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MessageSujet: Re: don’t let your fire disappear (braam)

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don’t let your fire disappear (braam)

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