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playground love (keira)

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air mutant
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‹ AGE : VINGT-QUATRE années passées à effleurer l'air, à flotter dans l'éther. le maître couronné contemple sa jeunesse étiolée, avec le sentiment d'avoir déjà vécu mille vies.
‹ STATUT : le cœur enchaîné, l'annulaire est pourtant réservé pour une autre. FIANCÉ, le mariage se profile lentement à l'horizon.
‹ SANG : la couronne ceint le front, les mèches blondes des valaeris étreignent le pouvoir. il est l'incarnation de la royauté, prince au sang BLEU.
‹ POUVOIR : comme tous les valaeris, c'est l'air qui se plie à sa volonté, obéit au moindre commandement. depuis quelques semaines, sa maîtrise s'est transformé, pour le rendre souverain des TORNADES.
‹ METIER : les galons accrochés aux épaules, les médailles au revers de la veste. altesse guerrière, il était OFFICIER DE L’ARMÉE D'AERINSTIN. il est désormais BRAS DROIT de son cousin, le roi andrei bolkonsky.
‹ ALLEGEANCE : depuis toujours, c'est aux valaeris et à aerinstin que va son allégeance. depuis la mort de liza, c'est son cousin ANDREI BOLKONSKY qu'il soutient ouvertement, prince qu'il espère propulser à la tête du pays. un nouveau roi, pour une nouvelle ère.
‹ ADIUTOR : la situation ne lui a jamais plu, mais il est bel et bien maître, celui dont la vie mérite d'être protégée au détriment d'une autre. s'il a été le maître d'IDA SOLSKIEN, il s'espère maintenant son ami.
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MessageSujet: playground love (keira) Jeu 24 Mai - 11:02


playground love

15 octobre 2159.

Le parc de l'Académie embaume les senteurs d'automnes. Les arbres se parent de couleurs chatoyantes, dans un dégradé de jaune, d'orangé, de rouge. Des couleurs parfaitement accordées aux élèves mêlés qui apprennent depuis quelques mois à protéger des vies. Pas la leurs, mais celles des maîtres qu'ils côtoient au quotidien. Des jeunes gens en apparence identiques, avec les mêmes espoirs et les mêmes peines, mais que leurs naissances distinguent les uns des autres. Certains viennent au monde pour diriger des nations, comme lui. D'autres, comme le groupe de Vertes qui passe en riant, devront donner leur vie pour le protéger. Depuis longtemps ce système le révolte. Depuis Myra, et ses enseignements humanistes. Depuis qu'il a compris que chaque vie, qu'elle soit celle d'un humain, d'un mêlé ou d'un maître, a exactement la même importance. Mais le prince est pris au piège de sa propre naissance et du nom qu'il porte. Un nom qu'on espère le voir transmettre un jour, même si, il le sait, son mariage aura moins d'importance que ceux de ses cousins. Il n'est, après tout, que l'enfant cadet d'un fils cadet. Un héritier, mais de quoi ? Des miettes laissées par son oncle et ses enfants. Des enfants qu'Alexei idolâtre et qu'il considère comme sa véritable fratrie, malgré le sentiment de n'être jamais tout à fait à sa place nulle part. Ce qui n'est pas entièrement vrai, puisque Oleg et Dyana l'ont toujours accueilli à bras ouverts et vu comme un second fils. Mais il n'en a que le nom, il le sait, et il restera toujours Alexei Valaeris, fils de Danilka et Galya, frère d'Elvira et d'Ambroise.

Il chasse ses pensées lorsqu'il aperçoit Keira au loin. Il lui a demandé de le rejoindre après la dernière heure de classe, car il a quelque chose d'important à lui dire. L'annonce qu'il a à faire ne le transporte pas de joie, loin de là. Mais il ne peut plus mentir. Ni à Keira, ni à Yeva, ni à lui-même. Car depuis plusieurs mois, c'est la blonde Bolkonsky qui hante ses pensées. L'ovale parfait de son visage l'empêche de dormir et l'azur de ses yeux flotte toujours à la lisière de son esprit. Le prince se sent coupable, car c'est à Keira qu'il a donné son coeur. Son coeur, et bien plus. Il a promis de l'épouser. Une promesse arrachée dans les rires, un soir d'ivresse enfantine. Une promesse à laquelle il n'a jamais vraiment cru. Mais il craint que Keira, parfois rêveuse, s'y soit trop attachée. Déjà empli d'inquiétude, le prince accueille la jeune fille d'un baiser rapide. Délicatement, il attrape entre ses doigts une mèche de cheveux bruns pour jouer avec. Il en a pris l'habitude et c'est devenu un réflexe. « Merci d'être venue. » Il savait qu'elle le ferait. Il n'en a jamais douté. Mais ces mots sont quelques instants volés, qui lui permettent de repousser encore un peu son annonce. D'un geste, il invite Keira à s'asseoir dans l'herbe, avant de la rejoindre au sol. Ses jambes vacillantes menaçaient de lâcher à tout moment. Il lui faut prendre une grande inspiration avant de se lancer. « Keira, je suis amoureux... » Un instant, ses yeux se ferment et sa gorge se serre douloureusement. Il n'a pas envie de continuer. Il voudrait laisser sa phrase en suspens, laisser Keira croire que c'est d'elle qu'il parle. Que c'est avec elle qu'il voudrait bâtir sa vie. Mais il ne peut pas. Le mensonge qu'est devenu son existence lui pèse trop, l'empêche de respirer. « ... De Yeva Bolkonsky. » Un instant passe, avant qu'il n'ose regarder Keira. Il se sent misérable, le prince. Horrible, infâme. Il voudrait rentrer sous terre et passer là l'éternité. Mais le poids qui lui enserrait la poitrine s'est envolé, en partie.
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‹ AGE : vingt-trois années offertes aux sept, aux divinités que tu vénères, vingt-trois années de sang argent, fille d'avril et du printemps.
‹ STATUT : promise aux sept seulement, aucun anneau pour orner le doigt, encore, mais la vie qui n'a jamais appartenu à celle qui la détient, et la possibilité, toujours, d'une alliance politique.
‹ SANG : argent, du mercure liquide qui fait battre ton coeur. tu es argent. les tiens l'ont toujours été. fossoyeurs de platine dans l'humus, rois de la terre sans couronne, maisons fairhorn, maison wheatdrop, si proches du pouvoir. mais le sang qui goutte de tes plaies est carmin, lui. argent parmi les wheatdrop déshonorés, argent parmi les bronze.
‹ POUVOIR : la terre t'a abandonnée, la terre t'a quittée, les sept t'ont maudite, malgré toute ta foi. désormais, tu maîtrises le métal, comme des boucliers, comme des poignards.
‹ METIER : ancienne haute sacerdas, la démission présentée au roi, devenue assassin pour les sept, en croisade contre les hérétiques.
‹ ALLEGEANCE : les sept avant les wheatdrop, les sept avant tout le reste.
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MessageSujet: Re: playground love (keira) Ven 15 Juin - 20:38

Elle est paisible, la fille de la terre. Elle regarde danser l'ocre des feuilles, regarde virevolter les jupons pâles de jeunes femmes, regarde tranquillement le sang noir de l'encre sur l'ouvrage qu'elle tient entre ses mains. Elle sent presque la terre battre sourdement dans ses oreilles, comme un cœur rassurant - comme celui de sa propre mère, qu'elle a laissée derrière elle, à Biogheriha. Elle ferme les yeux, laisse le soleil caresser sa peau d'or et se laisse envahir par sa terre-mère.
Détachée des souhaits et volontés des mortels, détachée de leurs rêves et de leurs ambitions. Un pied dans le réel, la tête dans le divin. Sculptée dans l'argile tendre par les doigts célestes des Sept, façonnée de leurs mots sacrés. Créée pour les servir, dédiée toute entière à leur cause et à leur foi. Elle est le miroir calme de leur divin éclat, la paisible incarnation de leurs paroles d'évangile. Les mots de leurs prières qui courent sur ses lèvres, murmures sacrés comme la caresse d'une plume, angélus inconscient.
Mais lorsqu'elle rouvre les yeux, c'est mortelle qu'elle redevient. Le jeu de la lumière dorée dans les cheveux pâles, prisme vivant et humain. Il lui avait demandé de le rejoindre, et elle s'était exécutée, la princesse sans royaume. Le livre ne tarde pas à rejoindre le banc où elle est assise, alors qu'elle se relève, le front empreint d'humilité. Elle se damnerait de sa faiblesse, de ses réactions par trop humaines, par trop mortelles. Mais, alors qu'il avance, c'est son pouls qui s'emballe, juste un peu. Il n'est que mirage, qu'illusion, que rêve de petite fille qui a trouvé en lui le prince charmant de ses romans, le chevalier blanc de ses livres.
Il n'est pas de rêve qui ne se brise, pas d'illusion qui ne s'effondre.
Mais elle est par trop aveugle, la petite fille, par trop naïve. Elle s'illusionne, se persuade que rien n'est erreur. L'anneau presque passé au doigt, déjà, la promesse d'une éternité, et son serment aux Sept respecté. Elle l'épouserait et prendrait son nom, et par là, elle honorerait les siens et les divins.
Mais déjà, il parvient à sa hauteur, et le cœur traître rate un unique battement. Il a l'air grave, le petit prince, et elle s'inquiète brusquement. Le goût presque amer de ses lèvres qui ne la quittent pas, son jeu distrait avec le brun sombre de ses cheveux sauvages, le ton de sa voix. « Merci d'être venue. » Le doute qui lui ronge le cœur comme un acide puissant. L'inquiétude qui la dévore tel un feu de forêt. Même elle ne réalise pas encore, la naïve - et c'est pour lui qu'elle s'inquiète. Mais elle suit son invitation, et s'assoit avec précautions dans l'herbe tendre, en étalant soigneusement ses jupons autour d'elle, sans un instant quitter Alexei des yeux. Ses prunelles sombres qui accrochent celles, pâles, du jeune prince, et leurs mèches de cheveux qui dansent dans la brise d'automne, comme un domino devenu vivant.
Mais le trouble évident d'Alexei l'empêche d'apprécier l'esthétique du tableau.
Elle s'apprête à prendre la parole, elle qui écoute toujours, s'apprête à partager le poids qui écrase le prince de l'air. Mais il se lance, et elle se fige. « Keira, je suis amoureux... »
Elle ne sait que répondre, la fille de la terre, les mots qui lui échappent comme des oiseaux sauvages. Elle ne sait qualifier ce qu'elle éprouve vis-à-vis d'Alexei. Mais son corps qui s'envole dans sa poitrine a décidé pour elle.
Et brusquement, elle réalise que le trouble du prince n'est pas de ceux qui devraient précéder la confession - ni la suivre. Il est de ces troubles qui traduisent le tourment, et l'inquiétude revient la submerger comme une déferlante.
Et lorsqu'il reprend la parole, c'est le monde qui s'écroule dans un séisme qui l'emporte sans pitié.
« ... De Yeva Bolkonsky. »
Elle ferme brièvement les yeux, refuse de les entendre, alors même que leur écho danse dans son esprit. Non. C'est son avenir qui s'effondre à l'horizon, c'est son cœur qui s'écrase dans l'abîme. La terre vibre sous le poids de son corps et de sa peine, et l'air lui manque brusquement, la poitrine serrée dans un étau qui ne connaît ni commencement ni fin. Elle aimerait n'avoir jamais cédé à ses propres désirs mortels, elle aimerait n'avoir jamais pris ses mensonges à lui comme évangiles. Pantin de ses propres faiblesses, marionnette entre les mains du démon. Elle a envie de pleurer, l'enfant, mais elle retient les larmes. Les sanglots se feront pierres précieuses, diamants étincelants au bord de ses paupières - mais ils ne couleront pas. Elle fuit son regard, mais elle gardera la tête haute, le front auréolé de sa fierté.
Elle ne prononce pas un mot, ôte simplement l'anneau à son doigt. Tout sauf une bague de fiançailles - une promesse d'enfants, une babiole, un cadeau. Dont elle ne veut plus, désormais. Ses doigts trouvent ceux d'Alexei, qu'elle connaît par coeur, et c'est avec délicatesse qu'elle referme les doigts du prince sur l'anneau qui repose désormais dans sa paume. 'Je suppose que tout est dit.' Le détachement apparent qui s'écroule par un trémolo sur la dernière syllabe. Elle finit par relever les yeux vers lui, finit par croiser son regard, et les mots échappent à son contrôle. Froids, détachés, empreints de sa peine sous-jacente. 'Depuis combien de temps?'
Femme blessée.
Depuis combien de temps, Alexei? Depuis combien de temps me mens-tu?
Mais elle sent, indistinctement, que tout n'est qu'épreuve de sa foi par les Sept. Pour la façonner à leur image, la rendre plus forte, plus apte à parler en leurs noms. Elle ne doit pas se laisser envahir par la rancune, la petite princesse sans royaume. Elle doit tendre l'autre joue, se montrer au-dessus de leurs illusions de mortels.
Même si ça la tue.
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MessageSujet: Re: playground love (keira) Ven 22 Juin - 10:57


playground love

15 octobre 2159.

Le son d’un coeur brisé est une douce symphonie, pour celui qui se délecte des blessures de l’être. Pour Alexei, ce n’est rien de plus que le bruit d’une catastrophe annoncé. D’une souffrance à venir, dont il est l’unique responsible. Coupable de n’avoir pas su retenir les élans de son palpitant. Coupable d’avoir regardé ailleurs, au-delà de l’anneau offert à Keira, au-delà des promesses qu’il ne pourra plus tenir. Mais il n’y peut rien. Ce n’est pas la raison qui l’a poussé à poser ses yeux sur Yeva Bolkonsky. Bien au contraire, il s’est rendu fou à force de résistance. Il refusait de voir la vérité, d’accepter les faits. Ils sont pourtant là. Le prince est amoureux de l’étoile. Irrémédiablement amoureux. Plus rien ne pourra le faire dévier de ce chemin, il le sait. Et il ne trouvera pas de bonheur autre que de se tenir aux côtés de la douce. Pour autant, il ne peut effacer totalement la maître de la terre de sa vie. Amie, amoureuse, elle aurait pu devenir l’amante de ses nuits s’il avait été sûr de l’épouser à la sortie de l’académie. Maintenant, cette issue s’éloigne lentement, comme un rêve dont on peine à se rappeler la teneur au réveil. Avec une pointe au coeur, Alexei regarde sa petite fiancée ôter la bague qu’il lui a un jour remis en souriant. Sans un mot, il la laisse saisir sa main et y placer le bijou. Lui ferme les yeux, pour ne pas voir l’effondrement de leur couple. Mais en on-t-ils jamais été un ? 'Je suppose que tout est dit.' Au son de sa voix, le prince pose à nouveau ses pupilles claires sur la belle. « Keira… Je suis sincérement désolé. » Vains mots. Peu importe le réconfort qu’il essaiera d’apporter à la blessée, ses paroles resteront vides de sens. Un meurtrier ne soigne pas sa victime. Et c’est ce qu’il est ; meurtrier de leur histoire avortée.

'Depuis combien de temps?' Le ton froid de la maître de la terre ne le surprend pas. Après tout, il la connaît bien. Mieux que personne, se plaît-il à croire. Il sait qu’une fois offensée, Keira s’enveloppe d’une carapace d’acier, pour ne pas souffrir d’avantage. Non pas qu’il soit responsible de plusieurs de ses blessures passées. Mais il connaît son fonctionnement, sa façon de réagir aux attaques du monde extérieur. Une nouvelle fois, le prince voudrait la protéger du mal, la protéger des coups. Faire d’elle une princesse intouchable, pure et intacte des agressions qui l’ont affectées jusqu’à maintenant. Mais une telle chose n’est pas en son pouvoir et comme les autres, Keira doit se heurtrer aux choses de la vie. Lui, impuissant spectateur, parfois offensseur, ne peut rien y changer. Avec un soupir, il rempoche la bague qui traîne toujours, symbole de leurs amours mortes, dans sa paume. Il voudrait éviter de répondre à la question de la belle, mais il sait qu’elle n’aura de cesse de le poursuivre s’il esquive. Une main lasse vient alors pincer l’arête de son nez. Voilà des jours qu’il réfléchit à cette annonce et il sent désormais la fatigue s’emparer de lui. Maintenant qu’il est débarrassé du poids de sa confession, son corps tout entier se relâche. « Quelques mois, peut-être. Je ne sais pas. » Il sait très bien. Trois, peut-être même quatre. Un mensonge qui n’a que trop duré. « Je la connais depuis l’enfance, mais ce n’est que récemment que... » Que sa beauté d’âme s’est révélée à lui. Que son palpitant s’est senti revivre. Des mots qu’il ne peut prononcer devant Keira. De nouvelles blessures qu’il ne peut se résoudre à lui infliger. Alors il atténue sa pensée. « Qu’elle m’est apparue différente. Je suis désolé, je ne peux pas t’expliquer ce qu’il s’est passé. Moi-même, je l’ignore. » Comment expliquer ce qu’il a ressenti ? Pas tout à fait comme un coup de foudre. Mais quelque chose de plus progressif. Comme un feu couvant, se nourrissant lentement de ses os, pour finir par embraser tout son être. Désormais, il brûle tout entier pour Yeva. Pour ses sourires, pour son regard, pour le goût de ses lèvres.
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MessageSujet: Re: playground love (keira) Mar 26 Juin - 21:16

Pardon. Elle était de ceux qui étaient familiers du mot avant même de comprendre les sens du monde. De ceux à qui on avait enseigné pardon et confession, bien et mal, paix et transfiguration. De ceux qui avaient baigné dans le céleste avant de pleinement saisir le monde mortel.
Les pieds ancrés dans l'argile, les doigts tendus vers le ciel.
Pardon. Elle avait tant entendu ce mot, en connaissait tant chaque intonation sur le bout des doigts qu'il en finissait presque dénué de sens. Venaient des instants où elle ne souhaitait pas être magnanime. Où elle ne souhaitait pas être miséricordieuse. Mais elle était fille des Sept, qu'ils avaient sculptée de leurs doigts tout-puissants à partir de la plus fertile des argiles.
Fille des Sept, pont entre divin et mortel, guide des hommes.
Elle n'avait pas le droit à la rancœur, pas le droit à la colère. Pas même alors que sa fierté gisait sur le sol, sacrifiée, déposée au pied d'un prince de l'air qui l'avait poignardée sans un regard en arrière.
« Keira… Je suis sincèrement désolé. » Elle ne veut pas l'entendre. Arrête. Chaque mot qui la blesse un peu plus, qui érode toujours un peu plus le contrôle qu'elle a encore sur elle-même. Elle ferme les yeux, inspire profondément, se recompose une attitude digne, et lorsqu'elle rouvre les yeux, c'est avec l'intégralité de ses sentiments barricadés au fond de sa cage thoracique, le cœur anesthésié.
Feindre pour sauver les apparences et sa dignité, feindre pour son nom et son honneur. Ramasser les fragments de fierté au sol et prétendre que tout allait bien. Se murer dans une gangue de granite et continuer. Elle était maîtresse de la terre. Jamais nous ne plions. Se briser, rester debout, mais ne jamais plier.
Droits face à l'adversité.
Les Sept éprouvaient sa foi et sa force, elle se montrerait à la hauteur de l'épreuve placée sur son chemin. Punition de ses crimes qu'elle se devrait d'accepter humblement.
Ô combien difficile ce puisse être.
« Quelques mois, peut-être. Je ne sais pas. » La blessure qui s'élargit, encore un peu plus, toujours un peu plus. Femme trahie, femme blessée. Quelques mois de mensonges. Quelques mois d'illusions et de tromperies. Tissu de beaux mensonges qu'il a taillé pour elle, tissu dont il l'a parée. Plusieurs mois. Elle doit ravaler son aigreur, ravaler sa colère. Plusieurs mois.
Ardente défense de la vérité, qu'elle a toujours menée. Et ses valeurs, désormais piétinées au sol, sous le poids des mensonges d'Alexei.
Mensonges, mensonges, mensonges.
Il est aussi fuyant que les brises qu'il manipule, le prince de l'air. Elle aurait dû se méfier. Se méfier de la liberté qui danse entre ses doigts, se méfier du visage qui évoquait plus les divins que les mortels.
« Je la connais depuis l’enfance, mais ce n’est que récemment que... Qu’elle m’est apparue différente. Je suis désolé, je ne peux pas t’expliquer ce qu’il s’est passé. Moi-même, je l’ignore. » Coup de couteau après coup de couteau.
Tendre l'autre joue.
Offrir la lame sacrificielle et refermer les doigts de l'assassin dessus.
Se montrer miséricordieuse, guide des hommes.
Montrer l'exemple.
Alors elle inspire profondément, et les mots lui brûlent la gorge. 'Je ne te souhaite que ce qu'il y a de meilleur pour vous deux, en ce cas.' Le sourire fragile n'atteint pas les yeux. Lutte entre les sentiments humains et les pensées célestes, coeur contre raison. 'Yeva est une personne exceptionnelle. Tu aurais pu trouver pire.' Elle tente un rire, mais il sonne faux, même à ses oreilles.
Et pourtant, elle est sincère.
Il aurait pu trouver pire.
Mais elle aurait préféré qu'il ne trouve pas - ou se contente de la trouver elle.
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MessageSujet: Re: playground love (keira) Dim 1 Juil - 19:46


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15 octobre 2159.

Il a conscience de la blesser. Avant même de la convier à cette triste conversation, il savait que ses mots seraient comme des couteaux lancés dans le cœur de la jeune femme. Pourtant, il n’a pas pu retenir plus longtemps sa terrible annonce. Son mensonge lui pesait trop, comme un bloc de marbre posé sur sa poitrine. Depuis des semaines, il l’empêche de respirer, il l’empêche de vivre. Et le prince ne demande que cela. L’autorisation d’exister pleinement, d’aimer entièrement. S’il s’en veut profondément de heurter au passage la belle Keira, il désire avant tout prendre les rênes de sa vie. Car il a trop laissé sa famille prendre le contrôle de sa personne. Pour l’heure, il se sait encore libre de tout engagement. L’annulaire est vierge, laissé à la disposition de son oncle. Son cœur, en revanche, lui appartient encore ; et il a choisi de l’offrir à Yeva. Un secret qu’il doit taire, protéger. Parce que la Bolkonsky est un trésor à préserver, à garder loin des yeux du monde. Loin d’Oleg et de ses manigances. Seule Keira, triste réceptacle de ses confidences, connaît la vérité. Et il la fait complice, bien malgré elle. Cette nouvelle culpabilité pèse sur ses épaules, mais avec une légèreté bienvenue en comparaison du poids de ses mensonges. ’Je ne te souhaite que ce qu'il y a de meilleur pour vous deux, en ce cas.' Il ne se leurre pas. Si ses mots sont pleins de douceur et de compassion, Keira a le cœur lourd. La tristesse de son regard noue la gorge du jeune prince. Il aimerait avoir la force de ravaler ses mots, de vivre dans l’imposture la plus complète. Si tout cela pouvait ramener la joie sur le visage de la belle, il le ferait. Mais rien ne pourra jamais effacer l’affront qu’il vient de lui faire. ’Yeva est une personne exceptionnelle. Tu aurais pu trouver pire' Avec un pauvre sourire, Alexei accueille la bénédiction de la belle. Il aurait voulu que les choses soient différentes pour eux. Il aurait aimé tenir sa promesse et la rendre heureuse. Au lieu de quoi, il brise ses rêves et ses espoirs. « Si j’avais pu, je te le promets, j’aurais fait les choses autrement. » Encore un serment. Un de ceux qu’il ne peut tenir, malgré toute sa volonté. Avec douceur, il saisit la main de Keira dans la sienne et la porte à ses lèvres. C’est tout ce qu’il peut faire pour alléger sa peine. « J’aimerais que tout soit différent, que… » que je ne sois pas tombé amoureux d’une étoile. Un astre scintillant, dans mon ciel obscur. Mais les choses sont ainsi faites, et il n’a aucune emprise sur les élans de son cœur.

Avec délicatesse, il relâche la main de Keira. Il se sent flottant, étrange. Le malaise entre eux accentue encore la sensation. Il sait que la maîtresse de la terre retient ses sentiments ; retient ses mots. Elle a parlé, mais elle a caché ses véritables émotions. Elle a préféré être compréhensive, plutôt que se laisser aller à la colère. Un instant, il est tenté de lui demander la vérité. Mais son égoïsme le retient. Il ne parviendrait pas à supporter les reproches qu’elle ne manquera pas de lui faire. Il les mérite, indéniablement. Mais il n’est pas prêt à les entendre. Parce que si Keira a le droit au bonheur, c’est également son cas. Et cette fois, le prince altruiste est lassé de s’oublier au profit des autres. Il a maintes fois tenté de changer les choses, sans succès. Désormais, la rébellion est bien plus qu’une option. Elle est nécessaire, vitale à son épanouissement. C’est une résolution qu’il a prise récemment, en même temps qu’il a accepté son amour pour Yeva. Il n’est pas sûr de pouvoir s’y tenir, mais il sait qu’il agit pour lui. Alors il prend les choses en main, au risque de blesser son entourage. « Encore une fois, je suis sincèrement désolé. » Sa voix est étouffée, contenue. Au moment de quitter Keira, l’émotion le submerge. Il se retient d’effleurer une dernière fois la peau douce de ses joues. D’embrasser une dernière fois ses lèvres. Mais il ne lui appartient plus de le faire. Il en a perdu le droit dès l'instant où il s'est épris de Yeva. Alors il tourne les talons, avec pour seule forme d’adieux un regard chargé de tristesse. Si tout avait été différent…
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MessageSujet: Re: playground love (keira)

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playground love (keira)

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