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nature vs. nurture (tobias)

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MessageSujet: nature vs. nurture (tobias) Mar 13 Fév - 0:58


What separates
the wolf from the sheep
is not a matter of good or evil.
We all have teeth—
but only some of us
are willing to use them.


Pendant deux ans, Skadi eut beaucoup trop peur d'être débusquée pour visiter son pays natal. Alors, ni elle ni Liev ne s'approchèrent de la nation de la terre, se contentant de longer pendant de longs mois Flamaerin et Aguarini, en passant parfois par Aerinstin, dans des allers-retours lassants qu'elle se retrouvait à regretter parfois maintenant qu'ils s'étaient installés dans la chaleur étouffante de Launondie. Elle n'avait vu aucun des siens depuis, elle ne s'était pas encore tout à fait décidé à les visiter et leur expliquer ce qui était arrivé. Qu'est-ce qu'elle aurait pu leur dire de toute façon ? Elle était morte à leurs yeux, aux yeux de tout le monde. Elle avait accepté cette réalité qui était devenu sienne, bien qu'elle semblât lui échapper par moments où elle se retrouvait plongée dans d'autres réalités qui ne lui appartenaient pas, séquelles sur son cerveau dê au passage de sa mère, Até Isembard, et des souvenirs de toute une vie qu'elle lui laissa avant de s'éteindre. Son courage s'arrêta là, à quelques kilomètres de la capitale, debout sur un tumulus qui donnait une vue d'ensemble sur le village. Le terrain était envahi de chiendents, qu'elle reconnut pour avoir passé plusieurs de ses étés dans le domaine des Heimdall à retirer fil par fil cette mauvaise herbe de leurs cultures. Skadi, d'aussi loin qu'elle se souvienne, a toujours été de nature récalcitrante, alors bien sûr, elle poussait l'effort jusqu'à ce que ses mains en saignent, refusant d'admettre la difficulté de la tâche pour l'enfant qu'elle était, assurant tout le monde qu'elle réussirait à le faire seule, quoi que cela lui coûterait. Elle bêchait le petit bout de plate-bande qu'on voulu bien lui accorder, y plantait ses fleurs et ses tomates, passait ses journées à en prendre soin, à les arroser, à s'asseoir à côté en espérant pouvoir témoigner du moment où ils se mettront à pousser, les voir s'allonger dans les airs, hors de la terre et dans l'atmosphère du jardin. Une vie qui lui a paru si lointaine que l'émotion l'estomaqua, une nostalgie lancinante, à la douceur amère, celle d'un temps passé qu'elle ne réussira plus à rattraper. Le monde avait changé depuis, la nation de la terre, en deux ans seulement, avait vécu tant de choses qu'elle lui était étrangère maintenant qu'elle y reposait enfin les pieds. Le soleil était le même, les arbres étaient les mêmes, le cri des oiseaux, les lièvres, le ciel, les bourgeons, les peupliers, les abeilles - tout était comme elle l'avait laissé. Mais, il y avait quelque chose dans l'air, elle le sentait, quelque chose qui n'avait rien de l'Eartanera qu'elle avait connue. Ce n'était pas une odeur, l'endroit ne sentait rien d'autre que ce qu'il avait toujours senti ; un parfum de raisins musqué propre à ce coin du pays, qui lui rappela la sensation d'un soleil généreux de juin et du vin capiteux qu'on récolte dans la région. Non, ce n'était pas autant l'odeur qu'un sentiment, à la fois étrange et pesant, qui, quand elle y pensa, lui donna froid dans le dos. Les rues étaient désertes pour la plupart, le peu de commerces qu'il y avait étaient fermés. Il y avait une sensation désagréable, pesante, qui donnait l'impression que la bourgade était hantée, bien qu'elle ne le soit pas. Skadi le savait, mais ça ne l'empêcha pas de ressentir une sorte de poids dans l'air, le poids de centaines de fantômes, d'existences esquintées, de familles brisées. Elle tourna au détour d'une ruelle, en espérant trouver quelque chose, n'importe quoi qui lui donnerait l'envie de continuer jusqu'à Greenstall. Il n'y eut rien. Elle marcha pendant de longues minutes, croisant quelques silhouettes ici et là qui ne souriaient pas comme les habitants le faisaient dans ses souvenirs. On la regarda du coin de l'oeil, elle avait l'habitude qu'on l'observe avec curiosité, mais cette fois, il y avait quelque chose d'autre dans les yeux des passants. Une méfiance qui lui rappela la sienne. On ne savait pas qui elle était et elle n'était pas la bienvenue. Elle décida de rebrousser chemin vers la gare la plus proche pour retourner chez elle, à Launondie, quand un grand brun apparut dans l'horizon. L'éclat du soleil de midi cachait les traits de son visage, elle avait du mal à discerner ses traits, mais avait l'impression, en regardant sa posture et son corps élancé, de l'avoir déjà vu quelque part. Elle s'approcha de lui avec précaution. - Oh ! Tobias ! Lui dit-elle avec entrain quand elle le reconnut enfin, un sourire vint illuminer son visage, soudain beaucoup trop heureuse de voir quelqu'un de sa vie d'avant, qui connaissait sa famille, qui la connaissait elle. - Tobias, c'est moi ! Skadi ! Répéta-t-elle en agitant les mains devant lui, comme si elle avait peur qu'il l'eût oublié. Il était là son signe, il n'y avait plus aucun prétexte, plus aucune excuse, elle serait forcée de faire face à son passé et à l'imminence qui accompagnait cette tournure des évènements. - Qu'est-ce que tu fais ici ? Pourquoi tu n'es pas à Greenstall ?
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MessageSujet: Re: nature vs. nurture (tobias) Ven 23 Fév - 18:14

L’errance l’amena jusqu’à ce village perdu dans la campagne d’Eartanera. Il déposa son cheval à l’entrée du village, et continua son chemin à pieds, le poing fermement enserré autour de sa fidèle claymore. Cinq. Il en avait tué cinq, de ces créatures reniées par ses dieux, depuis qu’il avait quitté Greenstall. Le sang avait gouté, perles vermeilles sur l’acier dur, et la vie s’était enfuie dans un dernier souffle orgasmique : quelle douce mélodie à ses oreilles ce son faisait. En lui naissait une jalousie pour ceux qui accomplissaient ce rituel depuis toujours, et un amer regret que d’avoir gaspillé les premières années de sa vie à se ranger dans l’ombre des plus grands. Tobias avait enfin vu la lumière, une bénédiction apportée par ce frère de toujours, et alors sa vie prenait un tout nouveau sens : il était un envoyé des dieux, un messager de leur colère affreuse, et pour apaiser leurs ires célestes, c’était de la sève rutilante des autres dont il devait s’abreuver. Le virus leur avait retiré le droit de vie, et Tobias n’était que le récolteur de leurs dettes. Ils étaient mutants, répudiés par les Dieux eux-mêmes, et devaient à présent faire face aux conséquences de leurs pêchés.

Le long manteau noir claquait au vent, tandis que les lourdes bottines, toutes aussi noires, frappaient les pavés. Son regard d’océan - le même qui l’avait bercé, gamin, les vagues manipulées par sa mère sorceresse - prit la couleur des abymes de son âme : noir, noires, noire. Il n’était qu’un mélange de nuances sombres, mille combinaisons d’une même couleur, lui qui, autrefois, avait tant resplendit. Il ne restait plus rien de l’ancien homme qu’il fut, si ce n’est la carcasse longiligne qu’il trainait ici et là. Le sourire brillant ne pétillait plus que d’une perversion affreuse, dont l’arôme se faisait écho à celui, d’acier et de poussière, de l’ichor félon ; une transformation superbe qui les dégoûtait tous, si ce n’est les plus fidèles. Et Tobias, dans ses prières du soir, remerciait les Dieux pour la libération de son âme. Les prières du matin demandaient l’ataraxie pour le compagnon qui avait sculpté son lendemain : Eros ne méritait pas la panique qui assiégeait son âme de ses doutes faiseurs de troubles. Il était l’ami, le frère, l’éternité faite homme, et c’est une dévotion absolue que Tobias lui offrait. Il le suivait les yeux fermés, sans jamais questionner la moindre de ses décisions : si Eros en avait décidé ainsi, il ne pouvait y avoir d’alternative ; sa parole était sacrement.

Le soleil brulait une partie de son visage de ses rayons hivernaux. Douce brûlure qui lui prouvait être en vie, malgré les folies qui agitaient son esprit, malgré le sang qui tachait ses paumes. Sonya s’était cachée, la manifestation en chaire de son esprit ne s’était encore présentée à lui aujourd’hui : apaisement et inquiétude lui tordaient les boyaux ; semblait-il voir un jour nouveau, un jour où la raison l’enlaçait de ses bras intellects, et pourtant, la petite silhouette frêle qui lui insufflait ses plus noirs désirs lui manquait cruellement. Elle était la constante qui avait pris place dans sa vie depuis de longues semaines, une folie à laquelle il s’était habitué, de laquelle il s’était épris. O Sonya, jolie Sonya, où te caches-tu ? « Oh ! Tobias ! » Cri de surprise qui déchira l’atmosphère silencieuse, ancrant l’homme dans la réalité qu’il semblait abandonner. Ce n’était pas Sonya, mais un tout autre fantôme qui s’agitait au loin, le sourire aux lèvres, la blondeur encensée par Hélios tout puissant. « Tobias, c'est moi ! Skadi ! » Le nom le frappa affreusement, étourdit l’homme à la sombre allure, réminiscence d’un passé qu’il pensait oublié. « …Skadi ? » Elle remonta jusqu’à lui, la bonne humeur et l’excitation lui tâchant le visage blondin : Tobias n’afficha aucune émotion, si ce n’est la surprise évidente de voir le spectre ainsi se promener. « Skadi ? »
Elle se tenait là, devant lui, sa petite tête lui chatouillant le regard : si réelle, si concrète, et pourtant… Skadi n’était qu’une illusion, au même prix que Sonya : pas réelle, pas concrète, juste une folie qui se manifestait à nouveau. « Qu'est-ce que tu fais ici ? Pourquoi tu n'es pas à Greenstall ? » Il balaya sa question du revers de sa main sur sa joue, alors que sa tête penchait sur le côté, son regard océan scrutant la drôle d’apparition. « Quelle étrange surprise, de revoir une morte. » Articulation éthérée qui se souffla sur le visage spectral, se cognant aux doigts caresses et au teint porcelaine. Une douceur qui se voulait parenthèse, aussitôt arrachée par l’homme lui-même, dont le regard retrouva toutes ses nuances de sombre. La main tomba mollement, et l’innocence s’enflamma.

« Tu es venue seule ? » Il la dépassa sans ménagement, cherchant les traces lointaines d’autres revenants. Peut-être en reconnaitrait-il d’autres, peut-être trouverait-il là l’amnistie dont il avait besoin. Il esquissa les premiers pas qui les séparèrent, en oubliant presque cette silhouette taquine qui se retrouvait dans son dos. Il scrutait l’horizon, cherchait les autres cachés de son regard dur, surpris, dont l’innocence folle colorait les iris. « Mes parents sont dans le coin ? Cachés dans une autre ruelle, peut-être ? » Il lui demandait à elle, il se le demandait à lui, à l’univers également. A tout être capable de lui répondre, de lui donner ce qu’il attendait : une chance de se racheter auprès d’eux, de ces êtres partis trop tôt par sa faute. Mais l’évidence se fait à lui, et à part deux, trois pauvres âmes perdues à attendre le prochain train, personne d’autres ne le rejoindra. Il se retourne brusquement, le regard fou, les lèvres tordues : colère qui teintait son teint affreux. « Tu ne les as pas amenés ? Tu aurais pu les amener, Skadi. » Il retourna à ses côtés, agrippant furieusement son poignet et malmenant la silhouette frêle de ses à-coups rageurs. Il l’attira à lui, la paume libre enserrant la gorge fine : folie furieuse que la déception qui s’emparait de lui. « Ce n’est pas gentil. » Lourde articulation qui martela l’amie oubliée.
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