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contredanse (miki)

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air mutant
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‹ MESSAGES : 633
‹ AVATAR : sarah stephens
‹ CRÉDITS : bleu amer - sial - dandelion

‹ AGE : trente ans, et les désillusions d'une centaine d'années
‹ STATUT : mariée à pavel, et la lourdeur des incommodités d'une vie matrimoniale sans joie
‹ SANG : argent, et les moyens d'accéder à ses désirs si seulement, si seulement
‹ POUVOIR : tornades, et de ses doigts sortirent des tempêtes furieuses.
‹ METIER : femme au foyer, et l'inactivité de ses jolies courbes sa transformation en objet d'art inerte et sans âme
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MessageSujet: contredanse (miki) Dim 4 Fév - 22:16


Contredanse

Elle est devant la porte. Et elle sait que derrière elle il se tient là. Elle le voit souvent, elle ne lui parle jamais. Elle n’aura jamais les mots. Il aura les regards. Elle ne sait plus comment lui faire face. Elle tremble. Elle tremble tout le temps maintenant. Elle est devenue cette créture effrayée. Il la regardera et il verra l’étendue du désastre qu’elle est devenue. Il contemplera à loisir la chute vertigineuse qui fut le sienne. Et il aura une raison de plus de la détester dans l’intimité de son coeur. Elle voudrait s’y loger à nouveau. Y retrouver sa place de choix, comme avant. Mais cet avant semble si loin qu’elle ne s’en souvient plus vraiment. Cet avant où ils se regardaient et se souriaient, avec cette complicité qui n’existe qu’entre frère et soeur. Quand elle pouvait encore lui parler avec les yeux, qu’il se plongeait dans son regard pour mieux comprendre. Quand il la saisissait. Quand elle le gardait contre sa poitrine. Quand elle ne tremblait pas à l’idée de lui faire face. Elle n’aura jamais les mots. Il n’aura jamais l’oreille attentive. Il lui demandera de partir. Mais il n’y a pas d’issu. Elle restera toujours prisonnière maintenant. De sa maison. De cet homme qu’elle n’aime pas et qui lui fait peur. Il n’y a pas d’issu mais il y a des refuges. Dans ses bras à lui. Sa dernière solution face à l’horreur. Elle n’attend rien de lui. Elle attend tout de lui. Elle veut l’étreinte. Elle veut le réconfort. Elle veut les mots qui apaisent le coeur. Elle est prête à ravaler sa fierté. Mais pas tout à fait. Elle est prête à se jeter à ses pieds. Mais pas tout à fait. Le conflit bat son plein dans sa tête. Elle hésite encore, toujours devant la porte. Il est juste derrière, elle le sait. Que fait-il ? Elle l’imagine. Dans les détails. Les plus insignifiants. La lumière dans ses iris. Elle devrait le laisser tranquille. Elle devrait faire demi tour. Elle devrait trouver une autre solution. Parce que ce n’est pas une solution. C’est juste de la lâcheté. C’est baisser les bras, pour de nombreuses raisons. C’est accepter d’être faible pendant quelques minutes, quelques heures. Il la détestera encore plus de cet aveu. Mais subitement elle se rappelle qu’elle n’a plus rien à perdre. Qu’elle l’a déjà perdu de toute façon. Sans toquer, elle pose sa main sur la poignée et elle entre. Aujourd’hui elle s’est vêtue simplement, sans fioriture et sans bijou. Le genre de robe qu’elle portait quand ils étaient plus jeunes, quand elle n’avait pas encore réalisé que son corps était son arme, son trésor. Quand le désir n’existait pas. Quand les choses étaient plus simples. Plus authentiques aussi. Elle voudrait retrouver sur ses lèvres le sourire qui pouvait s’y glisser avant. Elle voudrait rire avec lui, rire de lui. Avec la même innocence, la même insouciance, la même inconscience. Quand elle n’avait peur de rien. Quand elle n’avait pas peur de lui. Elle lui fait face et elle est muette. Ses yeux brillent des larmes qu’elle ne laissera pas voir. Elle est venue avec le désespoir formant une boule au fond de sa gorge. Elle n’a jamais été aussi mal. Elle ne s’est jamais montrée aussi anéantie. Et elle s’offre à son regard aussi dur que l’acier, aussi tranchant. Elle s’est arrêtée au seuil de la pièce. Immobile mais toujours tremblante. Elle est l’ombre qu’il déteste, le spectre qu’il méprise. Il détournera son regard et lui crachera même à la figure. Elle le connaît. Mais que fait-elle ici bon sang ?
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‹ STATUT : VEUF; si la colère remplace le chagrin, le coeur réapprend à vivre dans les bras du cousin.
‹ SANG : ARGENT; kaléidoscope qui se plie et se déplie, mouvement incessant, qui enfin s'arrête sur l'argent familial.
‹ POUVOIR : AIR; qui court sur ses doigts, il le fait danser avec une maîtrise exceptionnelle, apprise en secret dans sa jeunesse.
‹ METIER : OFFICIER; la couronne déposée sur le cadavre de l'épouse, c'est le passé qui le rattrape, et le poste redevient sien.
‹ ALLEGEANCE : VALAERIS; la couronne qui fut sienne, ce nom qu'il portait - à jamais pour elle, jolie hirondelle.
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MessageSujet: Re: contredanse (miki) Jeu 8 Fév - 8:37

« Tout est prêt ? » Il domine la table de son imposante hauteur, lui qui les dépasse tous si facilement. Face à lui, de quelques têtes plus petit, un sous-officier se tenant droit, rigidité imposée par la hiérarchie. Il est officier, Michail, gradé parmi les gradés ; mais depuis deux jours, il est, secrètement, à la tête d’une faction de l’armée aerinstienne. Il protège ceux qu’on méprise, ceux qu’on espère tuer, dans le seul espoir de satisfaire les dieux. Les seules abominations, ce sont eux, ceux qui tuent sans regret au nom d’une religion absurde. Michail inspire profondément, le cœur malmené par sa colère naissante. Il les vilipende avec horreur. « Oui, monseigneur. Tous les soldats de la faction ont été mandatés : ils n’attendent plus que votre feu vert. » La tête se hoche, la main qui tenait le menton le lâche. Il a le visage fermé, malgré l’apaisement qu’essaye de lui apporter le sous-officier, perdu dans les tactiques et les préparatifs du futur déplacement. Des centaines de vies sont en jeu, mutants et soldats : Michail ne peut rien négliger. Il a les épaules qui s’affaissent sous les responsabilités, mais il ne peut s’en plaindre : voilà ce qu’il avait toujours attendu. Diriger. Mener ses hommes à la victoire. Etouffer sous la gloire certaine. « Bien. Nous partons dans deux jours, à l’aube. » Et l’homme acquiesce - il n’a pas le choix, à vrai dire. Aussitôt l’articulation envolée, Michail sent son ventre se tordre : peur, appréhension, il ne peut éviter ces amères sensations. Elles font désormais partie de lui, soldat colérique qui doit combattre son impulsivité pour mener à bien les responsabilités placées solennellement sur sa tête par la Reine (et du pays, et de son cœur). Liza lui fait confiance, et il ne peut échouer. Les mutants, il les sauvera. Il triomphera des forces ténébreuses et malfaisantes. Il sera le héros de la nation.

Observant tous deux les cartes étalées sur la grande table, décidant des routes à emprunter et de celles à éviter, l’un comme l’autre sursautent lorsque la porte se referme dans leurs dos. Le visage levé, le regard inquisiteur, Michail découvre la silhouette fraternelle sur le seuil. Rayna. Elle ne dit rien, interdite sur le pas de la porte. « Laissez-nous. » Ordre froid dispensé au sous-officier qui, sans dire un mot de plus, ramasse les cartes et sort, non sans saluer l’héritière Belikov d’un léger hochement de tête. Michail, lui, lui a déjà tourné le dos. Le regard clos, il tente d’effacer de son esprit la vision douloureuse qu’elle lui offre. Il ne veut pas la voir, il ne veut plus la voir : elle n’est plus sa sœur depuis bien longtemps. Mais, dans son dos, il l’entend respirer. Ne pouvant l’éviter plus longtemps, il s’avance vers le guéridon, se sert d’une liqueur ambre dans un verre de cristal. Sans lui jeter un seul regard. « Rayna. Je refuse de te mentir en disant que ta venue est un plaisir. » Il rebouche la bouteille, attrape le verre et lui tourne de nouveau le dos, posant son regard sur les sommets lointains entraperçus par le verre des fenêtres. Viles paroles qui quittent ses lèvres, poison acide qui lui brûle la langue. Mais sa sœur n’est plus, remplacée par un spectre insipide lui ressemblant étrangement. Il a pourtant le cœur qui se sert, alors qu’en lui se bouscule les souvenirs de leur jeunesse, où complicité et fraternité les définissaient. S’il ne veut l’avouer, il est pourtant vrai qu’elle lui manque. Cruellement. Il refuse pourtant de se retourner. « Qu’est-ce qui t’amènes ? »
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MessageSujet: Re: contredanse (miki) Jeu 22 Mar - 21:51

Il n'y a plus d'amour entre des êtres qui se sont aimés. Comme on aime sa chair. Comme on aime son sang. Il n'y a plus d'écoute entre des êtres qui n'étaient qu'oreilles pour l'autre. Il n'y a plus de caresse. Il n'y a plus de parole tendre. Il n'y a plus de soin. Il n'y a plus de regard. Il y a son dos tourné qu'il ne retournera pas. Il y a ses yeux emplis de larmes qu'elle ne laissera pas tomber sur ses joues blêmes. Il y a ses mots durs. Il y a son souffle qui se coupe. C'est comme essayer de combler le vide de l'absence. De ce qui a été et ne sera jamais plus. C'est comme faire semblant que c'est encore possible. C'est surtout le geste du dernier espoir. Du désespoir. Ce qui la fait entendre ses mots et ne pas fuir pour autant. Ces mots qui la percutent. Alors ses mots se font murmures. « Je ne suis pas venue pour te faire plaisir, Michail. Je ne suis pas venue par plaisir. Le plaisir c'est pour les enfants que nous ne sommes plus. » Elle ose enfin s'avancer dans la pièce. C'est facile quand ils peuvent faire semblant qu'ils sont invisibles pour l'autre. Elle s'approche de la table qui croule sous les papiers et les cartes. Et ses yeux glissent d'un document à l'autre. Il y aura toujours cette part d'elle qui voudra être au centre de ces affaires. Qui voudra jouer au stratège parmi les stratèges. Qui voudra être le cerveau. Et c'est comme une ultime blessure quand rien ne fait sens à ses yeux. Finies les heures à regarder les plans de bataille, anticipation et bouillonnement dans les veines. La plaisir de l'offensive, même fictive. Ce pour quoi on les avait éduquer. Des soldats. Ses doigts agiles tracent les lignes tracées. C'est peine perdue, tout lui échappe maintenant. Elle voudrait pouvoir lui demander. Mais il ne lui répondrait pas. Il n'en aurait pas le droit, sûrement. Affaires d'état. Tous les hommes autour d'elle ont des secrets, importants et atroces. Elle a l'impression d'être au milieu de l'oeil aveugle du cyclone. Tout tourne autour d'elle, tout déménage, et elle est le point fixe jusqu'à ce que ne soit plus autour d'elle que le néant du désert des choses détruites. Un jour ne restera plus que les détritus d'une vie immense. Et elle vient déjà ramasser les déchets qui jonchent sa route en venant supplier le regard vide et froid d'un frère qui la dédaigne. Toujours dans la distance, elle continue à lui murmurer les paroles qui restent coincées dans sa gorge. « Je suis venue parce que je suis encore assez lucide pour savoir que je n'ai qu'un allié qui compte. » Il y a la fierté surtout qui a construit un mur entre eux. Et elle sent encore les débris de sa dignité qui viennent la faire flancher. Supplier, c'est mourir un peu, pour les êtres comme eux. Les fiers et vaillants Belikov. « Et j'ai besoin de lui, Michail, j'ai besoin de mon seul allié. » Elle s'approche de lui, de son pas glissant sur le parquet. Lui tourné vers la fenêtre, les yeux rivés vers l'horizon. Elle face à son profil vainqueur, les yeux fixés sur son visage. Elle l'observe ce frère qu'elle a perdu contre toutes attentes. Elle se demande encore quand cela s'est produit. Quand elle a accepté ce mariage ? Quand elle s'est enfermée dans cette demeure ? Ou même bien avant, sans qu'ils ne le sachent, dès la naissance, en fait, parce qu'il était un garçon, qu'elle était une fille, et que deux destins les attendaient dans cette famille où on avait déjà tout décidé pour eux ? Avant, elle en aurait ri, elle en aurait pleuré, elle aurait fait une colère, puis elle aurait brisé le destin, elle lui aurait pris la main, lui aurait souri, et juste comme ça, destin ou pas, ils auraient été deux face à tout. Entre temps, elle était devenue quelqu'un de triste. Et le poids de la solitude revenait l'accabler, encore et encore. Et il regardait encore par la fenêtre. Et elle regardait encore ses traits. Qu'elle connaissait par coeur, même mieux que les siens. Elle lui prend le verre des mains et boit. C'est son toast en leur honneur. « Tu aurais pu m'en servir un. Mère aurait honte de tes manières, tu fais un piètre hôte. » Ca ressemble aux moqueries qu'elle lui lançait par jeu. Ca ressemble à son faux sarcasme. Ca ressemble à avant. Mais ça sonne terriblement faux. Alors elle finit le verre. « Tu attends quoi de moi, Michail ? Ce qu'on attendait de moi, je l'ai fait. Et regarde. Regarde moi. Regarde nous. Tu t'attendais à quoi, Michail ? Je te déçois peut-être ? Je te fais honte, même ? Parce qu'à toi aussi, je devais quelque chose ? Et maintenant, quoi ? Je n'ai même plus le droit à ton regard, tu détournes les yeux et tu refuses de me parler. Alors j'en suis réduite à supplier. Il faudrait que je te supplie, toi, mon frère ? Et est-ce que supplier y changera quelque chose ? Est-ce que tu daigneras enfin me donner un peu de ton temps, et peut-être même un peu de ta compassion ? » Et si son ton est dur, et si sa voix est rauque, et si elle tremble, et si elle détourne les yeux elle aussi, il faudra bien l'en excuser, mais quand les os se brisent comme du verre, les éclats transpercent la peau, même la plus dure.  
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MessageSujet: Re: contredanse (miki) Jeu 26 Avr - 0:34

« Je ne suis pas venue pour te faire plaisir, Michail. Je ne suis pas venue par plaisir. Le plaisir c'est pour les enfants que nous ne sommes plus. » Sa voix est velours, et caresse son dos de ses intonations amères. Il ne la regarde pas, fait tourner son verre de liqueur dans une main, fixe les sommets d’horizon de son regard océan. Il ne la voit pas, il ne l’entend pas - mensonge, ses mots frappent ses tympans d’un marteau cruel -, se concentre seulement sur les blancs sommets. Comme s’il n’y a qu’elles qui existaient, ces cimes blanches qui couvent le lointain, et non pas eux, plus eux. Ils ne sont plus, si ce n’est cendres et fumée d’une passion autrefois fraternelle. Autrefois invincible. « Alors pourquoi es-tu là, Rayna, si ça ne fait plaisir à aucun de nous deux ? » Il la sent se mouvoir dans son dos, mais reste campé sur ses deux pieds : c’est à l’horizon qu’il parle, et aux nuages gris si bas dans le ciel. Du coin de l’œil, il la voit faire son chemin, trainer sa carcasse insipide - qui autrefois rayonnait autant que la sienne. Et il la voit s’approcher de cette grande table sur laquelle trônent papiers et cartes - des détails de sa prochaine mission. Des secrets. Elle ne devrait pas les regarder. Il ne devrait pas la laisser faire. Mais il ne dit rien, il se tait, et fait tournoyer la liqueur dans sa cage de verre. Parce qu’il est hypnotisé par cette silhouette qui lui fait face aux trois quarts, et qui de ses doigts dessine le tracé sibyllin des cartes. Ça lui rappelle tant de choses, quand ils étaient encore proches, et qu’ils partageaient un même destin. Une même ambition. Plus rien de tout cela ne subsiste désormais, ce n’est que souvenirs oubliés. Elle lève la tête, et leurs regards se croisent - Michail nie l’instant, et retrouve bien vite le réconfort des montagnes enneigées. « Je suis venue parce que je suis encore assez lucide pour savoir que je n'ai qu'un allié qui compte. » Elle a la politique qui colore son langage, et les termes techniques qui remplacent les affections : c’est, après tout, une Belikov de nom et de sang. Tout comme lui, et leurs fiertés qui ne cessent de gonfler, et de les pousser loin de l’autre encore un peu plus, toujours plus. Il est resté muet, le frère, sirote l’alcool qu’il s’est servi, ne semble écouter la sœur que d’une oreille - toute son attention, pourtant, est portée sur elle, et il a le cœur qui se sert un peu plus à chaque nouvelle lettre qui s’envole d’entre ses lippes. « Et j'ai besoin de lui, Michail, j'ai besoin de mon seul allié. » Elle est douceur lorsqu’elle s’approche de lui et qu’elle énumère ses propos. Peut-être n’a-t-elle toujours été que douceur, lorsque lui était violence et chaos. Elle était le port sur lequel s’amarrer, le roc sur lequel se poser. Et maintenant ? Elle est la tempête qui cherche à le voir flancher, les terribles orages qui s’abattent sur ses épaules molestées. Il ne lâche pas la fenêtre une seule seconde, pas alors même qu’elle se fait si proche, et si insistante dans son regard. Il est de marbre, et tout comme cela il énonce un fin « Et qui est-il, ce mystérieux allié ? Tu me tiens en haleine, très chère sœur. » sans pour autant mouvoir un muscle de trop. Mais elle n’a que faire de son comportement ignorant et elle lui vole le précieux liquide - ça lui arrache une œillade. Un simple regard, mais l’océan se plante dans les ténèbres. Ça ne dure qu’une seconde, et c’est déjà reparti - la tête déjà se revisse droite, et les montagnes remplacent le visage de la sœur. « Tu aurais pu m'en servir un. Mère aurait honte de tes manières, tu fais un piètre hôte. » C’est presque comme avant, y’a encore cette même irritation qui lui brûle la gorge - à moins que ce ne soient les sentiments qu’il retient et étouffe. Sentiments ? Quels sentiments ? Il ne connait rien de la sorte, si ce n’est les actions qu’ils poussent, et les cris, et les poings, et la colère qui en émerge. « Mère a de toute manière honte de moi, l’a toujours eu. Ce n’est pas un whisky refusé qui lui fera changer d’avis. » Mais c’est pas comme avant, et le verre déjà revient entre ses mains, arraché à cette femme comme son destin le fut par leur père. Il est vide, qu’importe, le voilà abandonné sur la table : une manœuvre pour le frère de nouveau tourner le dos à l’hôte du jour. Abandonné, le verre, comme leurs amours fraternelles. Il pose les poings sur cette même table, et basse la tête : le tourmentera-t-elle encore longtemps ? Il a la colère qui cogne contre les tempes - c’est ce qu’il croit, du moins. Il ne veut plus l’écouter, plus la voir. Il veut retourner à ses plans de bataille, et à cette vie solitaire, sans femme ni famille. Elle en a décidé autrement. « Tu attends quoi de moi, Michail ? Ce qu'on attendait de moi, je l'ai fait. Et regarde. Regarde moi. Regarde nous. Tu t'attendais à quoi, Michail ? Je te déçois peut-être ? Je te fais honte, même ? Parce qu'à toi aussi, je devais quelque chose ? Et maintenant, quoi ? Je n'ai même plus le droit à ton regard, tu détournes les yeux et tu refuses de me parler. Alors j'en suis réduite à supplier. Il faudrait que je te supplie, toi, mon frère ? Et est-ce que supplier y changera quelque chose ? Est-ce que tu daigneras enfin me donner un peu de ton temps, et peut-être même un peu de ta compassion ? » Ça cogne, ça frappe, ça s’abat durement contre ses omoplates. Il a la peau qui se tend pour faire face à l’orage menaçant, et les paupières qui se referment, pour ne pas voir les dégâts. Parce que c’est moche tout ça, et que déjà il sent que les réparties ne feront qu’augmenter avec le temps - pour ne plus rien devenir, et mourir dans l’éclat du tonnerre. « C’est donc moi que tu veux ? » Il se retourne enfin, et lui fait face. Il a le regard noir, et la mâchoire aussi serrée que ses poings contre le bois. « Moi que tu espères regagner, et chérir comme autrefois ? Mais Rayna, il fallait peut-être y penser avant, avant que tu abandonnes tout ce qui te définissait. Tu as tout laissé tomber, moi y compris. Et ne remet pas la faute sur notre père, s’il te plait. Tu aurais pu te battre. » Il fait un pas vers elle, ne la lâche plus du regard - c’est pour ça qu’elle est venue, pour être vue. « Tu aurais te battre. » Il appuie sur chacun des mots, parce que c’était un ordre, autrefois, que de se battre. Une raison de vivre. Ce n’est plus rien, qu’un tas de poussière soufflé par les vents violents. « T’es une Belikov, après tout. Enfin, tu l’étais, avant. » Ça brûle, il le sait, parce que ça le brûle tout autant que d’avouer ces blessures. Elle n’est plus leur, elle n’est à personne, plus même à elle. Mais qui est-elle donc, cette femme qui ressemble étrangement à sa sœur ? « T’as tout perdu, et tu te sens misérable maintenant. » Le venin revient, et il brûle de son acidité nouvelle l’épiderme blanchâtre. C’était pas comme ça autrefois. Il voudrait retrouver le temps d’avant. Mais il est mort, ce temps là. « Alors, supplie, ma sœur. Supplie mon regard, supplie mon attention. » Il s’est rapproché de nouveau, il se tient si près que son haleine chaude souffle les mèches du haut de son crâne. Il a le regard noir, mais ce n’est pas de haine qu’il est empli. C’est d’un autre chose, un autre chose de mystérieux, d’incompréhensible. « Je n’oublierai pas ton abandon, ni les jours passés loin de ma sœur. » Déception. Chagrin.
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MessageSujet: Re: contredanse (miki) Dim 6 Mai - 21:08

Il lui offre son dos encore et encore. Il n’a que ça à lui offrir apparemment. Et pendant une sombre minute, elle se dit qu’elle ne peut rien attendre de lui. Qu’elle ne peut plus compter sur lui. Et peut-être n’est-ce que justice, après tout. Il n’a pas pu compter sur elle. Depuis trois ans. Trois longues années où elle s’est petit à petit retirée en elle-même, s’isolant toute seule au fond d’une maison froide qui ne voulait pas d’elle. Elle a brisé les liens en devenant une ombre. Et elle lui en veut aussi de n’être pas venue la chercher, la sortir de là. Et c’est peut-être injuste d’avoir l’impression d’être la victime, il n’aurait rien pu faire, encore aurait-il fallu qu’il sache, qu’il comprenne. Qu’elle mette sa fierté de côté pour lui expliquer le mal être naissant et croissant, dans sa poitrine, dans sa chair, dans son ventre. Le mal qui lui ronge le cerveau. Mais face à l’impasse de sa vie, elle s’est mise elle-même au pied du mur et elle a élevé des remparts autour d’elle. Sans alliés, sans avenir, il n’y avait plus qu’à partir en fumée. Etre une enveloppe vide c’était le seul moyen de vivre le harcèlement au quotidien du corps de l’autre contre le sien. N’être plus que corps. Mais voir que pour son frère elle n’est plus rien, c’est plus violent que prévu. Violent parce qu’il y a de la déception. Violent parce qu’il n’y a pas de tendresse. Violent parce qu’il y a de la tristesse, au fond. Juste de la tristesse. Un vrai chagrin comme il n’en avait jamais existé entre eux. Et même s’il jette sur elle son regard noir, elle peut voir au fond de son âme. Parce qu’elle le connaît. Quoiqu’il en dise, elle le connaît mieux que quiconque. Et sous la colère réside le mal. Elle ne sait pas si elle peut réparer tout ça. Pas quand il lui déverse tous ses mots et qu’elle se sent submergée. Par la honte. Et la colère. D’être rejetée sans être comprise. Elle a envie de lui hurler qu’il ne fait aucun effort. Qu’il a tort. Que ce n’est pas sa faute. Qu’elle était seule et terrifiée. Qu’elle n’avait jamais connu ces sentiments et qu’elle n’avait pas su quoi en faire. Qu’elle s’est battue. Seule. Qu’elle en est ressortie brisée. Parce qu’elle n’a jamais eu aucune chance de gagner.
Elle le laisse dire. Sa respiration se fait laborieuse. Elle a peur pendant un instant que les vents se déchaînent autour d’elle et qu’ils viennent briser le joli coeur qui pense avoir le droit de lui dire tout ça, qui pense avoir raison. Qui pense savoir. Et si la pensée lui vient de tout déverser, de tout dire, elle ravale ses propres mots, ses propres vérités. Elle sait ce qui adviendra si elle se confie. Un cauchemar de violences inutiles. Elle n’a pas besoin de lui pour ça, pour ce qui se passe derrière les portes closes de son hôtel particulier. Elle a besoin de lui pour ce qui se passe à l’extérieur. La nouvelle haine qui se déchaîne contre elle, son don, qu’elle avait pensé être un don du ciel. Elle a besoin de lui aussi parce qu’elle ne supporte plus la solitude. Elle ne supporte plus d’être le fantôme qu’il décrit avec rage. Et cet abandon qu’elle n’a pas voulu. Elle commence à entrevoir ce qui a réellement eu lieu.

Quand enfin il se tait, elle tremble. Elle ferme les yeux. Respire. Encore elle se bat. Contre les larmes. Contre la fatigue. Contre le tumulte en son sein. Et quand enfin elle sent le calme lui revenir, elle ouvre les yeux et parle. Il se trompe s’il croit qu’elle en est à supplier. Elle est peut-être moins que ce qu’elle était avant, mais elle n’a pas totalement disparu sous la couche du malheur. « Je me sens misérable, mais je ne suis pas misérable. J’ai fait mon devoir et j’en ai subi les conséquences. Si ce n’est pas la faute de père, alors c’est la mienne. J’ai choisi notre famille. Je vous ai choisis et j’ai rejeté mon amour-propre. Je ne dirais pas que je me suis sacrifiée, mais enfin, ce que j’ai fait, je l’ai fait pour vous garder. Parce que je ne pouvais pas supporter de ne plus faire partie de notre famille. Je ne cherche pas la gloire à titre personnel. J’ai toujours cherché la gloire pour notre nom. J’ai toujours fait les choses parce que je le devais à mon nom. Tu ne peux m’en vouloir pour ça. Ne me reproche pas d’avoir voulu être une Belikov, jusqu’au bout, quitte à n’être plus Rayna. Ce ne fut pas un choix facile, mais j’ose dire que je n’en avais pas d’autre. » Elle s’approche de lui, le force à se tourner vers elle. Elle pose ses deux mains sur ses joues et l’oblige à pencher la tête vers elle. C’est plus d’intimité qu’ils n’en ont eu depuis longtemps. Leurs souffles qui s’entremêlent dans le faible espace. Elle peut presque sentir son coeur battre sous ses doigts. « Par contre, tu peux me reprocher d’avoir disparu. » Ses pousses caressent ses pommettes. « Et je suis égoïste de te demander de m’aider alors que je n’étais pas là pour toi. » Elle s’approche encore de lui, leurs nez se touchent. Et sa voix se fait murmure. « Je te demande pardon, Michail. » Et c’est bien quelque chose qu’elle ne dit pas souvent, femme dont la fierté a été raison de son déclin.
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‹ STATUT : VEUF; si la colère remplace le chagrin, le coeur réapprend à vivre dans les bras du cousin.
‹ SANG : ARGENT; kaléidoscope qui se plie et se déplie, mouvement incessant, qui enfin s'arrête sur l'argent familial.
‹ POUVOIR : AIR; qui court sur ses doigts, il le fait danser avec une maîtrise exceptionnelle, apprise en secret dans sa jeunesse.
‹ METIER : OFFICIER; la couronne déposée sur le cadavre de l'épouse, c'est le passé qui le rattrape, et le poste redevient sien.
‹ ALLEGEANCE : VALAERIS; la couronne qui fut sienne, ce nom qu'il portait - à jamais pour elle, jolie hirondelle.
‹ POINTS : 964

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MessageSujet: Re: contredanse (miki) Dim 27 Mai - 22:52

Violences qui se déchainent entre l’émail de ses dents et le corail de ses lèvres ; des vents forts, qui soufflent et cognent contre la carcasse de celle qui fut sœur. Il y a un temps. Autrefois. Désormais plus. Il lui dit enfin, le chagrin qui le hante, les maux qui le tordent. Les vérités flottent sur les flots de son ire déception. Il brise, de ses mots, le verre de leur relation, ou est-ce de leur séparation - mais il brise, il frappe et fracasse. Sur le sol, jonchent les non-dits molestés. Il halète, essoufflé par les paroles prononcées. Il la regarde, les yeux ronds, la respiration courte. Il a les mèches d’or qui retombent sur son front. Puis il se détourne, s’éloigne de quelques pas. Il souffle, ou soupire, du moins expulse-t-il de son corps les derniers morceaux d’une rancœur distillée. Une main s’échappe dans ses blondeurs, replace dans un geste négligé les mèches sauvages. Il regarde au loin, laisse ses quinquets fuir la lourdeur de cette pièce ; le palais et, plus loin, les montagnes enneigées. Sa sœur se fait écho de ses tourments, de ses souffles lourds et chaotiques. Elle tremble, lui semble-t-il, sous les émois d’une guerre en elle-même. Qu’importe : il se ressert un verre, l’alcool imbibe ses lippes et soulage ses noires amertumes.
Le silence s’est fait roi. Maitre des lieux qui enveloppe et annihile tout sur son passage ; plus aucun son n’existe, si ce n’est la disharmonie de leurs respirations contrariées. L’a-t-il blessée ?, il se demande - s’en voudra-t-il ?, probablement pas. Après tout, elle ne devait pas s’attendre à mieux, après trois ans de froides réticences, de lourds mépris - si elle s’en voit déçue, ce n’est que de sa faute. Il connait ses erreurs, et ne se blâme nullement pour celles de son aînée. S’apprête-t-il à enfin la congédier, qu’elle s’avance, et détrône le roi silence. « Je me sens misérable, mais je ne suis pas misérable. J’ai fait mon devoir et j’en ai subi les conséquences. Si ce n’est pas la faute de père, alors c’est la mienne. J’ai choisi notre famille. Je vous ai choisis et j’ai rejeté mon amour-propre. Je ne dirais pas que je me suis sacrifiée, mais enfin, ce que j’ai fait, je l’ai fait pour vous garder. » De ses pas, elle s’est menée jusqu’à lui. De ses mains, elle l’a obligé à affronter son regard - sombre, tumultueux. Il est le pantin entre ses mains, le frère rudoyé qui ne demandait que réconfort - et qui, dans une prière tourmentée, l’obtient. « Parce que je ne pouvais pas supporter de ne plus faire partie de notre famille. Je ne cherche pas la gloire à titre personnel. J’ai toujours cherché la gloire pour notre nom. J’ai toujours fait les choses parce que je le devais à mon nom. Tu ne peux m’en vouloir pour ça. Ne me reproche pas d’avoir voulu être une Belikov, jusqu’au bout, quitte à n’être plus Rayna. Ce ne fut pas un choix facile, mais j’ose dire que je n’en avais pas d’autre. » Il obéit à ses gestes, dans un entre-deux mystérieux - à cheval entre l’enfance complice et le présent aigre -, colle son front au sien. Mais il ne peut s’empêcher de refermer sur ses iris d’eau les paupières tremblantes, pour ce qu’il ne peut voir, pas encore, la branche d’olivier qu’elle lui tend. Ou est-ce pour prolonger l’étreinte, pour enfin se perdre auprès d’elle, pour laisser les souvenirs d’autrefois - il est désormais à Dierinung, dans la chambre de sa sœur, et il l’aime, la chérit, l’admire et l’estime tant et tant. « Par contre, tu peux me reprocher d’avoir disparu. » La voix se fait écho à celles de ses réminiscences, douce et chaude ; et sous les caresses roulantes, il cède sans regret. Il se penche davantage, et dans un élan de tendresse, lui porte un léger coup de tête - je t’entends, je te comprends, je te retrouve. « Et je suis égoïste de te demander de m’aider alors que je n’étais pas là pour toi. » Et lorsqu’elle pose son nez contre celui de son cadet, leurs haleines chaudes s’emmêlent, se tournent autour, se répercutent l’une contre l’autre - à l’instar de leurs palpitants. « Je te demande pardon, Michail. » Fracture d’une idylle amère, d’une distance qu’on burine de paroles douces, d’étreintes secrètes.
A son tour de poser ses paumes sur l’épiderme de sa sœur : elles viennent se caler à la base de sa mâchoire, sur son cou nacré, alors qu’il s’éloigne et embrasse le visage tourmentée de son regard regret. « N’oublie plus, jamais, d’être Rayna. Tu es, et resteras, ma sœur, notre future chef, et une inestimable guerrière. » Il y croit encore, au destin qui était sien, qui était leur - Belikov à jamais, quoi qu’il ait pu en dire. La guerre et la victoire coulent dans leur sang, l’écho des exploits passés viendra cogner aux leurs de demain. Il la libère, retrouve la table abandonnée, sur laquelle il pose un deuxième verre, qu’il remplit de la même liqueur ambrée, et qu’il tend dans un geste pacificateur à l’aînée en visite. « Et si, à présent, tu me disais pourquoi tu es venue ? »
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