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In the dark, we're barely hanging on (os)

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MessageSujet: In the dark, we're barely hanging on (os) Dim 28 Jan - 1:18

Un orage se prépare. Le ciel d’une noirceur inédite, se tord avec brutalité, fendant l’air mais aussi les nuages d’une chaleur peu commune. L’odeur de petrichor hante encore la plaine, vaste endroit où un silence de plomb s’y trouvait. La pluie s’est calmée. Pourtant, Maxan ne dort pas. Assit devant l’immense hublot qui servant de fenêtre, il ne pouvait détourner son regard d’elle. De sa puissance. Roulant les vagues d’un appétit féroce, d’une âme conquérante, s’en prenant aux rochers, au sable couché, ne voguant que sous l’autorité du tumulte rigoureux de la belle. Elle ne laisse personne au hasard, frappant de sa colère tout ennemi indésirable, se comportant comme la vengeresse des terres non conquises, ennemi difficilement soumis malgré sa tonicité. Le jeune homme, comme hypnotisé ne peut se défaire d’un spectacle d’une pureté céleste. Immobile, ses iris azures rejoignant ce bleu obscurcit par les néfastes du temps, ses songes tournés vers cette étendue d’eau sauvage, règles brisées qu’une certaine partie de la population seulement peut arriver à maîtriser parfaitement. Lui aussi. Enfin, il ne possédait plus. Le jeune Sorensen était dépossédé de son élément depuis la vague du virus crée par les scientifiques de l’empereur. Des hommes insouciants qui lui avait arraché de leurs mains l’un de ses repères les plus précieux, et ce malgré son incapacité à manipuler convenablement son élément. Même s’il rêvait de braises ardentes, consumant les terres, dévorant pas à pas les âmes indécentes et indignes d'inspirer cet air qui était aussi le sien. Mordant avec véracité la chair, pour ne faire jaillir plus qu’une lumière divinement bleutée de ces corps désarticulés sous une souffrance accablante mais bien que nécessaire. Pourtant, malgré ses fantasmes irréalisables, l’eau était sa source, son être, le berceau de son enfance, il n’était rien sans elle. Mais à contrario, le liquide, lui, avait semblé se lasser de lui, vidant sa contenance magique de ses paumes, marquant à jamais son esprit d’un vide béant. Sa seule amie s’en était allée.

Les gouttes de pluie se font plus féroces encore, caractérisant leurs passages d’un vacarme presque assoupissant. Mélodie des cieux triomphant de ses pertes, douce berceuse articulée et régulière qui fermèrent coup après coup les yeux ankylosés du jeune guerrier méritant son repos après une lutte contre Morphée. Il n’entend pas les pas pressés de sa jeune cousine, réveillé par son cousin, Oskar pour la prévenir. Il n’entend pas non plus les cris d’appels à l’aide au rez-de-chaussée. Ni les troupes de Pollux vibrant de leurs animosités sur le sol Sorensen. Non, le religieux, lui, semblait trouver son repos, rejoignant ses rêves alors qu’un boucan meurtrier s’afférait plus bas. Rêveries perturbées par l’entrée en trombe de son frère Anwar dans sa chambre, l’air grave. Maxan se réveille brutalement, relevant la tête vers son aîné, ils croisent leurs regards, et le jeune puritain peut y sentir de la panique mais aussi, une certaine forme d’excitation, le troublant au plus haut point. Bouge ! beuglait-il à travers la pièce à l’encontre de son jeune frère, l’empoignant par la suite avec force pour qu’il puisse le suivre. J’espère que tu sais te battre petit frère, c’est le jour où tu vas pouvoir montrer ce que tu vaux. Maxan ne percute pas tout à fait, pourtant, il le sait, quelque chose arrive, il le sent même, que la colère des cieux n’est pas veine. Se laissant traîner comme une vieille poupée de chiffon, le Sorensen sort enfin de l’illusion, la réalité était là sous ses yeux. Dans les cris hideux couvrant les murs d’une détresse déchirante, les tâchant d’un rouge carmin faisant affreusement raccord avec celui sur la chemise de son frère. La panique l’envahit, lui écorchant l’âme par des éclats de voix familiers qu’il savait dans une fâcheuse posture. Le puritain s’arrête, et stop dans sa course son aîné, qui se retourne vers lui en meuglant quelques mots dont il ne prête pas attention. Son livre. Il ne pouvait pas partir sans lui, même au péril de sa vie. Cet objet irremplaçable, sans nulle autre égale, son porte bonheur, la seule partie de lui encore enclin à la chaleur. Profitant d’un moment d’égarement de l’héritier Sorensen, pour se dégager de sa poigne et ainsi courir jusqu’à son havre de paix. Il comprend d’ores et déjà qu’il ne reverrait certainement plus cette pièce avant quelques temps. Mais il n'en a plus. Elle s'échappe à lui à présent. Ne pouvant prêter d'avantage attention à cette pièce, spectatrice de son enfance de sa blancheur plume, mais aussi de ce germe, qui le noircissait de jour en jour. Il emporte sa dague et son livre avant de repartir dans le sens averse. Son cœur s’emballe, l’adrénaline monte, le futé, il tente vainement de s’allier à ses sens, à l’écoute, c’est ce qu’on lui apprend. Même dans le noir, dans l’obscurité la plus totale, il tend l'oreille, curieux. A la recherche d'une source. Sur le qui-vive. Patient, il marche avec prudence. Discrétion. Des pas. Rapides. Très rapide. Dans sa direction. Le jeune guerrier dégaine sa dague, se cachant à l’ombre d’un couloir.

Le Sorensen le revoit encore. Le visage de son père refermant les portes, lui adressant un dernier regard qu’il ne serait réellement décrypté. De la peur ? De la tendresse ? Il ne savait pas vraiment le garçon, encore troublé par ce geste, les cris d’agonies qui suivirent. Quelque chose se brise en lui. Sa pureté ? Son insouciance ? Sa naïveté ? Les émotions se succèdent, ne lui laissant aucun répit. Son visage se tord d'une douleur. Pas physique, non, plus désastreuse, fatale et éprouvante. Une étonnante vibration émergeant dans son psyché, un ras de marée. Le Sorensen se noie. Ne respire plus. Ne se débat plus. Il semble se dérober sous son poids. Pourtant, rien. Comme paralysé, il ne réalise plus. La réalité n'est plus. Sacrifice injustement enlevé, unité familiale à présent amputé. Un autre cri. Elhara. Le puritain sort de sa torpeur. Il n’a pas le temps de pleurer cette âme, non il devait fuir. Avant que la mort ne le rattrape. Ne lui arrache la vie. Il court, sa marche est rapide, saccadé par sa respiration qu’il ne maîtrisait qu’avec difficulté. Sortant de sa demeure, la sensation, cette pluie vint marteler instantanément son visage. Le palpitant gonflé par les éraflures que sa propre vision venait de lui infliger. Ses cris. Des perles montent, se nichant aux creux de ses yeux, se mêlant aux trompes d’eaux abondantes et rassurantes. Ses pas toujours plus rapides, rencontrent ceux d’Elhara. Douceur plume, blancheur colombe qui en cette nuit sanglante se transforme en corbeau apeuré. Leurs mains se lient un court instant pour se défaire. Maxan ne peut lire le visage de sa tendre cousine, il ne comprend pas tout de suite pourquoi leur lien se déchire. Pourtant, le jeune ne perd pas espoir, la rattrapant, tandis qu’elle criait. Il ne sentait pas encore la douleur, cette lame si précise et infime qui serait lui rappeler cette perte. Une vie fauchée dans la fleur de l’âge. Une abomination qu’il ne supportera pas. Une fois de plus. Le sang des Sorensen avait coulé. Beaucoup trop. Le ramenant encore et toujours à cette envie de vengeance. Cette tentatrice enivrant son palpitant d’un poison infâme, d’une couleur aussi ténébreuse, qu’inquiétante. Aujourd’hui le liquide carmin coule, demain, celui du chagrin dégueulera l’amertume et les pertes. Voyant naître en son sein, l’une des choses la plus dangereuse au monde. La destruction.
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