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you have witchcraft in your lips (feyrce)

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‹ MESSAGES : 1579
‹ AVATAR : emeraude toubia.
‹ CRÉDITS : lily bae, bb cha.
‹ COMPTES : éclairs, guérison, métal, vol, électricité, intelligence.

‹ AGE : vingt-six années destructrices, passées à agir dans l'ombre et à construire un monde d'ombres dont feyre est la reine. vingt-six années qui s'égrènent lentement, chacune apportant son lot d'horreurs.
‹ STATUT : coeur noirci par les déceptions, la belle sociopathe s'est attachée à plusieurs personnes avant de les détruire. le résumé même de l'histoire de sa vie.
‹ SANG : mêlé, une fierté qu'elle pose sur un piédestal, puisque c'est ce mélange de sang qui lui a conféré un si grand pouvoir. sans pour autant induire de grandes responsabilités.
‹ POUVOIR : reine des esprits, araignée aux multiples griffes invisibles, la cruelle est capable de tout et surtout du pire, puisqu'elle peut s'insérer dans l'esprit d'autrui et y faire tous les ravages imaginables.
‹ METIER : feyre vend ses services aux plus offrants, boucher des esprits, elle plonge avidement dans les âmes d'autrui et massacre tout ce qu'elle trouve. prête à tout, du moment que cela lui rapporte de l'argent.
‹ ALLEGEANCE : à elle-même. et rien qu'à elle. feyre ne fait confiance à personne et se moque pas mal des guerres de pouvoir. les oshun et les rebelles l'indiffèrent au plus haut point.
‹ ADIUTOR : la belle avait été affectée à une divine blonde qu'elle avait modelé selon son bon désir. mais désormais chassée, exclue, bannie, feyre se sent bien seule, loin de celle qu'elle brûle de retrouver.
‹ POINTS : 1572

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MessageSujet: you have witchcraft in your lips (feyrce) Dim 21 Jan - 19:36

You and I go hard at each other like we're going to war. You and I go rough, we keep throwing things and slamming the door. You and I get so damn dysfunctional, we stopped keeping score. You and I get sick, yeah, I know that we can't do this no more. Yeah, but baby there you go again, there you go again, making me love you. Yeah, I stopped using my head, using my head, let it all go. Got you stuck on my body, on my body, like a tattoo. And now I'm feeling stupid, feeling stupid, crawling back to you.


« Tu devrais aller trouver ton Prince Charmant. »
« Oh oui ! Tu dois lui manquer depuis la dernière fois.
« Il est tellement amoureux de toi, il doit s’inquiéter de ne plus te croiser dans les couloirs du palais. »
« Vous avez raison, Cœur et Conscience. Allons rendre une petite visite à Mance. Je suis certaine qu’il sera hy-pra heureux de me revoir ! »

Malgré le froid glacial qui s’était abattu sur l’empire d’Aksana depuis déjà plusieurs semaines, l’inhumaine Mormont déambulait dans les rues de la capitale uniquement vêtue d’un minuscule bout de tissu violet et enveloppée dans un immense châle pâle. Sa démarche claudicante attirait sur elle de nombreux regards. Parfois curieux. Parfois amusés. Parfois terrifiés. Parce que même si le serpent avait perdu de sa superbe et était désormais totalement inoffensif, sa réputation l’entourait. Tel un halo protecteur. Une aura emplie de ténèbres et de monstruosités. Mercenaire sans âme. Manipulatrice sans conscience. Elle avait commis d’indicibles horreurs, avait poussé des hommes au suicide. Mais bien souvent, elle avait laissé ses doigts invisibles traîner dans les esprits des autres. Et pour quelques pièces d’or, les avait transformés. Profondément. Irrémédiablement. Grâce à ses pouvoirs invisibles, elle été passée maître dans l’art diabolique de corrompre et de pervertir. Une véritable démone, fruit des entrailles du Malin. Elle avait asséné mort, destruction et immondices partout où elle était passée. Pas un seul coin d’Aksana n’avait été épargné. Après tout, la terrible était totalement dénuée d’humanité. Une apparence indéniablement humaine pour un esprit terriblement dévoyé, perverti et corrompu. Faire le mal était une seconde nature, chez elle. Torturer autrui : son passe-temps favori. Et alors que le froid venait s’enrouler autour de sa carcasse décharnée, elle ne sentait rien. Absolument rien. Elle chantonnait et se déplaçait en sautillant, comme toujours. Une véritable illuminée. Une créature qui semblait avoir perdu la raison. Toute abandonnée à la folie. A une folie cruelle et dévastatrice. Avec la disparition de ses dons s’était envolée toute forme de rationalité, en elle. Feyre n’entendait plus les voix intérieures de ceux qu’elle croisait. Alors, pour combler ce terrible vide, deux entités invisibles s’étaient développées dans son esprit : Cœur et Conscience. La Mormont leur parlait perpétuellement à voix haute. Cela aidait à remplir ce vide qui s’était développé, en elle. Cette solitude mortifère qu’elle tentait de chasser, tant bien que mal. Autrefois, elle forçait de pauvres innocents à rester auprès d’elle. Désormais, elle n’avait d’autres choix que de se blottir contre des dizaines d’oreillers et de converser avec ces voix éphémères et irréelles. Parce qu’elle était bien trop avare pour dépenser la moindre de ses précieuses pièces pour s’octroyer la compagnie d’individus qui pourraient désormais se jouer d’elle. Après tout, des bleus maculaient sa peau d’albâtre. Des bleus résultant d’une terrible rencontre avec un humain, qui s’était fait un malin plaisir à la martyriser, alors qu’elle était absolument sans défenses.

« C’est là qu’il habite ! »
« Quelle belle surprise tu vas lui faire ! »
« Il doit t’attendre impatiemment. »

Feyre hocha vigoureusement la tête, avant de s’enfoncer en direction de ruelles plus obscures. Elle ne craignait rien, la sirène. N’avait pas conscience des dangers qu’elle courait. Du nombre de personnes qui voulaient sa mort. Qui rêvait de la voir à terre, exhaler son dernier souffle de vie. Vacillant sur d’immenses talons, elle grimpa tant bien que mal les marches qui la conduisirent jusqu’à la porte de l’appartement du Graylin. Son maquillage renforçait son état de folie incurable. Un seul de ses yeux était maquillé. Le rouge qui donnait tant de couleurs à ses lèvres débordait jusqu’au milieu de sa joue droite. Bien entendu, la terrible ne prit pas la peine de frapper à la porte et pénétra dans l’antre du soldat. De celui dont elle avait partiellement détruit la vie, en remodelant sa sœur cadette selon ses critères pervertis et corrompus. Mais qu’elle brûlait pourtant de conquérir, de posséder. Celui qui se refusait à ses avances indécentes et lui faisait sentir à quel point il la haïssait. Mais aussi à quel point il la désirait, malgré tout. Malgré cette répugnance qu’il éprouvait pour elle. « Surprise, mon amour ! » Et elle de se jeter à son cou. Comme si ces deux âmes sœurs étaient séparées depuis des mois et que le manque s’était fait quasiment insupportable. « Je vois que dans ton regard que t’es si heureux. Ça me touche, tu sais. » Et l’art de voir des chimères, de se raconter de doucereux mensonges.
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‹ AGE : vingt-neuf souffles brisés, d'une existence éparse s'éloignant peu à peu de l'insouciance de la jeunesse. mais les années ne l'atteignent pas, à courir après ses démons sans relâche.
‹ STATUT : amant infidèle au coeur meurtri, on ne lui refera pas deux fois. trompé, détruit, c'est désormais lui qui ravage les coeurs. l'éphémère, l'indifférence, l'apathie, le myocarde est stérile, et il se venge sur celles qui s'oublient dans ses draps.
‹ SANG : bronze, au plus bas niveau de l'échelle de la noblesse. mais il se complait parfaitement dans ce statut, ne manquant de rien, et n'ayant que peu d'obligations. l'ichor ne fait pas tout, et l'homme sait parfaitement le faire comprendre.
‹ POUVOIR : c'est l'air qu'il manie avec élégance, et rage. la brise devenant tempête, il est tout aussi efficace que n'importe quel autre élément. d'une maîtrise pure et contrôlée, il prend bien trop plaisir à tout ravager, aussi violent que la tornade elle-même.
‹ METIER : officier aux ordres d'Hector Oshun, c'est l'armée incandescente qu'il sert. loyal à la couronne, tout autant qu'à l'homme auquel il donne sa vie, il tue sans broncher et défend leur honneur avec férocité.
‹ ALLEGEANCE : Cal Oshun, l'homme qui lui a donné une chance, le Roi qu'il respecte loyalement. mais aussi Aerinstin et ses racines, Amara et ses terres. allégeance en balance pour le Graylin qui ne sait où donner de la tête.
‹ ADIUTOR : elle est sauvage, elle ne l'écoute jamais, ne comprend pas qu'elle doit se taire, et obéir. une vraie lionne, qui le connaît pourtant sur le bout des doigts. il la hait, elle le hait, et pourtant, ils n'ont jamais été plus forts qu'ensemble. mais le lien est rompu désormais, les chaînes brisées.
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MessageSujet: Re: you have witchcraft in your lips (feyrce) Mar 10 Avr - 22:51

you have witchcraft in your lips
Feyrce

"In the night, I hear 'em talk,
The coldest story ever told
Somewhere far along this road,
He lost his soul to a woman so heartless"


Brezin


La sorgue s’était déjà abattue depuis longtemps sur Launondie, terrible obscurité venue étreindre la capitale incandescente de ses bras faméliques et effrayants. Mais Mance n’en craignait rien, il avait déjà frôlé bien trop de ténèbres, plus obscurs, pour s’inquiéter de l’ambiance nocturne des rues de la ville. Qui plus est, le Graylin ne redoutait que peu de choses, sûr d’une habileté à se défendre et à rendre coup pour coup. Le fléau qui avait sévi sur Aksana ne coulait plus dans ses veines, et cette faiblesse si détestable l’avait quitté depuis plusieurs jours. L’homme renaissait de ses cendres, et venait avec la sensation de puissance qu’il avait auparavant perdue. Quittant le palais des flammes, aucune inquiétude ne venait donc perturber ses pas. Le port altier, l’air hautain et le regard arrogant, il évoluait dans les rues sombres, en quête de retrouver son chez lui, pour y trouver le repos qu’il méritait. Au fil de ses foulées, ses yeux curieux se posaient sur la population encore dehors en cette soirée. Des êtres en tout genre, dont il ne se sentait pas spécialement proche. Le Graylin avait offert sa loyauté à Cal Oshun, mais son cœur et son âme restaient à Aerinstin. Auprès de sa sœur, de ses pairs, de ses racines. Et pourtant ce peuple, il le protégeait, parce que c’était son rôle, une tâche qu’on lui avait confiée. Mais plus il avançait dans les petites artères de la ville, plus son regard se voulait orgueilleux. Il se voyait Roi de ces mécréants, supérieur à toutes ces âmes en peine qu’il croisait. Vanité souillant abondamment ses veines, il ne voulait pas faire partie du commun des mortels. Et pourtant, il n’était qu’humain le Graylin. Un simple être humain, avec ses forces, et ses faiblesses. Il sent bientôt l’air se rafraîchir, son élément, une partie de son âme. Depuis qu’il en avait retrouvé la maîtrise, il ne s’était jamais senti aussi heureux à son toucher, à sa sensation sur sa peau. Néanmoins, il se presse, désireux de rentrer au plus vite, et d’échapper à la fatigante agitation qui règne à Brezin ce soir. Il appréciait évoluer parmi les masses, transcender les foules par sa prestance, mais il y avait des soirs où ce n’était pas le moment, rien de plus.

Allongé sur son lit, le regard perdu dans la contemplation de son plafond, le blond profite du silence et de la tranquillité de son appartement. La nuit se fait calme en cette soirée, presque trop. Comme si elle retenait son souffle, patientant à l’idée de la confrontation qui se ferait sous ses cieux. Parce que la démone est là, sur le seuil de l’homme qui l’ignore encore. Et qui aurait peut-être préféré l’ignorer pour toujours. Mais lorsque la porte s’ouvre, il sursaute, se redressant par réflexe. Prêt à en découdre avec l’intrus osant pénétrer son sanctuaire, il écarquille les yeux à la vue de la Mormont. Feyre en personne, chez lui, ce soir. « Surprise, mon amour ! » Mélange d'ébahissement, de dégoût et de colère, il ne peut rien cacher à cet instant. Comme jamais il n’avait caché ce qu’il ressentait pour elle, et ce qu’il avait toujours ressenti. La haine, la rage de vengeance, la répugnance. Il la détestait, et elle le savait très bien. Et pourtant, elle se présente à lui, comme une fleur, tandis qu’il entame un mouvement en arrière lorsqu'elle se porte à son cou. « Je vois que dans ton regard que t’es si heureux. Ça me touche, tu sais. » Il ricane, dégoulinant d’ironie. Puis il l’observe en silence, ne sachant vraiment comment réagir face à cet événement imprévu. Il voulait qu’elle parte, son esprit le criait, le scandait. Et pourtant, son corps n’obéissait pas, son âme non plus. Mais il la repousse, enfouissant une énième fois cet étrange sentiment qu’il exécrait. Il se battait contre lui-même, peut-être, mais il ne perdrait pas cette bataille. Il s’apprête alors à répondre, avant d’apercevoir que quelque chose cloche. Il remarque d’abord le maquillage de son interlocturice, évidemment, mais il sent autre chose également. Comme si son aura n’était plus la même, comme s’il décelait quelque chose de différent, mais qu’il n’arrivait pas encore à mettre le doigt dessus. Perplexe, il n’en dit rien. Il préférait observer, jauger. - Feyre Mormont… La prononciation se fait lente, emplie de ressentiment. Mais elle résonne au plus profond de lui, tel un écho dérangeant. Il croise les bras, soucieux de la raison de sa présence chez lui. Que lui voulait-elle ? Il se méfiait, comme toujours. Mais elle ne pourrait plus rien lui faire, il s’en assurerait.

- Que me vaut ton indésirable présence ici ? N’as-tu plus de jouet pour occuper ta soirée, et faut-il que ça retombe sur moi ? C’est un rictus qu’il lui offre avec ses mots, une moquerie qu’il ne peut retenir. Sa présence lui est insupportable, et il compte bien y mettre fin au plus vite. Tout comme il aimerait mettre fin à tous ses petits jeux, et à sa misérable existence qu’il abhorre par la même occasion. Il s’avance alors, presque menaçant, imposant sa carrure. - Tu n’aurais pas dû venir ici... On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Il incline la tête sur le côté, une cruelle intensité au fond de ses prunelles. Il savait que sa présence ici n'était pas raisonnable, et qu'elle n'annonçait probablement rien de bon. Et pourtant, une partie de lui voulait qu’elle reste, une partie de lui semblait réagir à la proximité de la brune. Mais il se le répétait en boucle, sans faillir : il voulait qu’elle souffre, il voulait lui faire autant de mal qu’elle leur en avait fait, à lui et à Amara. Et quoi de mieux que cette opportunité qu’on lui offrait ce soir ? Pénétrer dans l’antre du loup n’était jamais une bonne idée, mais encore fallait-il savoir qui était le loup.

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‹ STATUT : coeur noirci par les déceptions, la belle sociopathe s'est attachée à plusieurs personnes avant de les détruire. le résumé même de l'histoire de sa vie.
‹ SANG : mêlé, une fierté qu'elle pose sur un piédestal, puisque c'est ce mélange de sang qui lui a conféré un si grand pouvoir. sans pour autant induire de grandes responsabilités.
‹ POUVOIR : reine des esprits, araignée aux multiples griffes invisibles, la cruelle est capable de tout et surtout du pire, puisqu'elle peut s'insérer dans l'esprit d'autrui et y faire tous les ravages imaginables.
‹ METIER : feyre vend ses services aux plus offrants, boucher des esprits, elle plonge avidement dans les âmes d'autrui et massacre tout ce qu'elle trouve. prête à tout, du moment que cela lui rapporte de l'argent.
‹ ALLEGEANCE : à elle-même. et rien qu'à elle. feyre ne fait confiance à personne et se moque pas mal des guerres de pouvoir. les oshun et les rebelles l'indiffèrent au plus haut point.
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MessageSujet: Re: you have witchcraft in your lips (feyrce) Mer 11 Avr - 23:33

You and I go hard at each other like we're going to war. You and I go rough, we keep throwing things and slamming the door. You and I get so damn dysfunctional, we stopped keeping score. You and I get sick, yeah, I know that we can't do this no more. Yeah, but baby there you go again, there you go again, making me love you. Yeah, I stopped using my head, using my head, let it all go. Got you stuck on my body, on my body, like a tattoo. And now I'm feeling stupid, feeling stupid, crawling back to you.


« Feyre Mormont … » La terrible inhumaine gloussa, lorsque les lippes amères de l’enfant de l’air se descellèrent enfin. Comme si chaque lettre roulée sous la langue du soldat était le son le plus délicieux qui puisse résonner à ses oreilles dévoyées, plus habituées aux insanités qu’aux mots tendres. Ses prunelles aussi noires que la nuit scrutaient la silhouette attrayante du Graylin alors que ses pensées s’attelaient à retirer chaque couche de vêtement de cet homme qui la haïssait du plus profond de son cœur. Mais qui la désirait également, envers et contre tout. Contre la raison, contre le bon sens. Contre le monde entier. Contre tout le passif dévastateur qui s’étirait entre eux. Après tout, la cruelle Mormont était celle qui avait pervertie son adorable petite sœur, celle qui avait retourné son esprit chatoyant, celle qui l’avait asservie, l’avait dénuée de toute humanité, de toute volonté, pour ne plus en faire que son esclave. Feyre Mormont était le diable incarné, véritable engeance du Malin. Et Mance ne le savait que trop bien. Il savait qui elle était. De quoi elle était capable. Mais pourtant, malgré tout, une part de lui appartenait à la démone. Même s’il aurait préféré crever plutôt que de l’avouer. Préférer vendre père et mère plutôt que de confesser qu’il était attiré par le grand fléau de son existence. Bien entendu, la reine des esprits sentait le mépris, le dégoût, la rancœur contenus dans les paroles du blond. Mais son âme était complètement perdue, flottant à la frontière séparant raison et folie. Le virus était en train d’avoir raison d’elle, de la dévorer à petit feu, de la rendre autre. Le grand prédateur d’Aksana était désormais un agneau. Totalement inoffensive, sans ses pouvoirs pernicieux. Incapable de faire du mal à une mouche puisque sa seule arme était désormais ce corps rachitique dont elle ne savait se servir qu’à des fins charnelles. Et ses ennemis en profitaient puisqu’elle ne pouvait plus se servir de ses serres invisibles pour nuire à autrui. Ne pouvait plus les manipuler, aisément et éhontément. Et la solitude l’enroulait de ses volutes sombres, la laissant désarçonnée. Si seule que cela crevait le peu de cœur qu’elle possédait. Les draps désespérément froids. Le corps désespérément abandonné, sans les soins ordinaires qu’il recevait de trop d’Ephèbes assujettis pour être dénombrés. Heureusement pour Feyre, Cœur et Conscience - entités chimériques parfaitement irréelles – lui tenaient désormais perpétuellement compagnie. Chuchotaient dans son esprit suborné. Elle riait aux éclats en plein milieu des couloirs du palais des flammes. Pénétrait dans des salles de réunion et se mettait à danser lascivement. Titubait dans les bas-fonds de Launondie, frêle comme elle l’était sur ses chaussures au talon démesuré. Son corps si maigre que tous ses os menaçaient de percer sa peau pâle, que les réseaux bleutés de ses veines étaient plus perceptibles que jamais. Cadavre ambulant. Revenante. Morte-vivante. Peut-être même plus morte que vivante, déjà d’ordinaire, lorsqu’elle était en pleine possession de ses capacités maléfiques. « Que me vaut ton indésirable présence ici ? N’as-tu plus de jouet pour occuper ta soirée et faut-il que ça retombe sur moi ? » L’indomptable tournait autour de lui, faisant cliqueter les dizaines de bracelets qui ornaient ses poignets. Comme dans une parodie de parade amoureuse. Parce que le nouvel objet de toutes ses attentions était plus que réticent à ses ridicules tactiques de séduction. Parce que Feyre n’était d’ordinaire désirable que par la frayeur, le charisme et la peur qu’elle inspirait chez autrui. On lui cédait pour ne pas être détruit. Et si on lui résistait, elle pouvait forcer les pensées de ses congénères d’un simple claquement de doigt. Le monde était à elle. Souveraine des bas-fonds qu’elle était. Résurgence des Enfers les plus affreux. Effectivement, la mêlée n’avait plus de jouets avec qui passer la soirée. Ils avaient tous fui, dès que leurs laisses invisibles s’étaient évaporées. Pris leurs affaires et courus le plus loin possible. Le plus loin possible d’elle. De leur bourreau au visage d’ange, bien que dénaturé par des couleurs trop vives pour l’éclat terne de sa peau. Pourquoi était-elle venue jusque dans l’antre de son ennemi le plus acharné ? Elle aurait bien eu de la peine à tenter de formuler une réponse cohérente à cette question. La Mormont en avait eu envie. Et elle n’était pas femme à contrarier ses propres caprices. Elle avait reposé sur les épaules du Graylin de nombreux espoirs. Probablement vain. Mais la logique n’avait plus aucune place dans son âme décharnée. Pas alors qu’elle se parlait à elle-même. Se perdait dans les méandres de son propre esprit. Elle voyait le rictus mesquin sur le visage de Mance. La flemme de haine au fond de ses yeux. Ses poings crispés par la rage. Mais elle n’en avait cure. Oblitérait ces indices pourtant criant de vérité. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle voulait se nicher contre lui et laisser ses mains parcourir les terres encore inconnues de la peau du Graylin. « Tu n’aurais pas dû venir ici … On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. » Menace à peine voilée. Qu’elle ne perçut pas. Toute entraînée qu’elle était par le désir qui s’éveillait au creux de ses reins. Elle voulait qu’il devienne sien depuis si longtemps. Le nouveau grand objectif de son impitoyable existence. Sa nouvelle lubie. Enième passion. Qui disparaîtrait probablement avec le temps. Peut-être. Parce que volage et lunaire, Feyre s’amourachait aussi vite qu’elle se lassait. Mance n’était intéressant à ses yeux que parce qu’il lui résistait. Obstinément. Une fois que le soldat aurait enfin cédé aux ardeurs qu’elle avait lu en lui, elle se détournerait. Peut-être même pour repartir à la conquête de sa terrible cadette. « C’est bien parce qu’on ne sait jamais ce qui pourrait arriver que je suis venue ici. Cal parle sans cesse de tes aptitudes au combat. Je suis plus en sécurité ici que n’importe où ailleurs … Dans le monde. » Et elle hocha frénétiquement la tête, comme pour donner plus de poids à ses propos. Ridicules, par ailleurs. Elle se tenait face à sa Némésis. A son ennemi le plus farouche, le plus déterminé. Si elle fermait les yeux, il ne louperait pas l’occasion de planter son épée dans le cœur calciné de la créature la plus létale de l’empire. Il en avait tant rêvé. Son obsession à lui. Et puis, Mance était persuadé que telle était l’issue de cette fatale nuit. Pauvre de lui. Il ignorait tout des tourments que le Destin avait soigneusement concocté pour lui. Son visage félin était entièrement tourné vers celui qui la dépassait de plus d’une tête. Elle mordillait sa lèvre inférieure alors que ses doigts aventureux couraient sur les épaules musclées du maître de l’air. Incarnation à la fois du mal le plus détestable et de la tentation la plus odieuse. Paradoxe vivant. Auquel il était bien difficile de résister. Malgré ces immenses défauts, ces failles horrifiantes et sa méchanceté latente. Et ces chimériques voix intérieures qui l’encourageaient à sauter au cou de celui qui la haïssait. De celui auquel elle avait volé le bien le plus précieux. Pauvre petite Amara qu’elle avait cassée. Sans même une once de remords. « En plus, je suis certaine que je te manquais. Tu penses tout le temps à moi. Surtout la nuit… Sans vêtements. » Elle se remit à glousser, de façon irrépressible. Puis, ce sourire se fanât sur son visage. Elle haussa les épaules, retira sa robe dorée avant de se glisser sous les draps du Graylin. Qui n’avait toujours pas bougé, ne serait-ce que d’un millimètre. Parfaitement figé. Si semblable à une statue de marbre. Feyre tapota le lit à côté d’elle, dans une invitation silencieuse à la rejoindre. « Je suis si fatiguée… » Peut-être était-ce la première fois qu’elle semblait si humaine. Parce que vulnérable. Simple lambda effrayée par le terrible monde qui l’entourait, par tous ces ennemis de l’ombre bien décidés à la torturer jusqu’à son dernier souffle. Peut-être le méritait-elle. Peut-être méritait-elle-même bien pire. Mais la Mormont ne voyait pas les choses ainsi. Parce qu’elle s’était construire comme invincible. Parce que, jusqu’à présent, elle avait toujours été intouchable. Mise hors d’atteinte par sa capacité de deviner autrui et ses secrets les plus refoulés. Parce que Feyre pouvait forcer les autres à agir selon sa propre volonté, par son inhumanité légendaire, elle avait toujours été à l’abri. Comme protégée sous une cloche de cristal. Mais tout cela s’effondrait, alors que ses maléfiques dons ne se manifestaient plus que ponctuellement, sans qu’elle ne puisse en être désormais souveraine. Soumise aux aléas du sort. Elle était tombée de son piédestal, n'était plus rien. Parce que la couleur de son bracelet l’avait toujours caractérisée, définie au plus haut point. Mais maintenant, que lui restait-il ? « Tu es le dernier jouet qu’il me reste, pour occuper ma soirée. Les autres sont partis. Ces idiots doivent croire que je suis le genre de reine à offrir des congés ? Quelle bande d’idiots. Mais c’est une bonne nouvelle pour toi, cependant. Tu as le droit à toute mon attention ! »
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‹ STATUT : amant infidèle au coeur meurtri, on ne lui refera pas deux fois. trompé, détruit, c'est désormais lui qui ravage les coeurs. l'éphémère, l'indifférence, l'apathie, le myocarde est stérile, et il se venge sur celles qui s'oublient dans ses draps.
‹ SANG : bronze, au plus bas niveau de l'échelle de la noblesse. mais il se complait parfaitement dans ce statut, ne manquant de rien, et n'ayant que peu d'obligations. l'ichor ne fait pas tout, et l'homme sait parfaitement le faire comprendre.
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‹ METIER : officier aux ordres d'Hector Oshun, c'est l'armée incandescente qu'il sert. loyal à la couronne, tout autant qu'à l'homme auquel il donne sa vie, il tue sans broncher et défend leur honneur avec férocité.
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MessageSujet: Re: you have witchcraft in your lips (feyrce) Sam 14 Avr - 1:16

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Brezin


La cruelle rôdait autour de sa personne, tel un fauve à l’affut de sa proie, prêt à lui sauter à la gorge. Accompagnant chacun de ses pas, persistait un bruit irritant les tympans du Graylin. Mais, les yeux plissés, il ne la quittait pas du regard, prêt à agir. Feyre avait toujours été une menace, et le serait probablement encore longtemps. Il avait appris au fil du temps à ne pas la sous-estimer, sachant que le moindre faux pas pourrait le faire trébucher, et atterrir la tête la première dans les ténèbres de la brune qui lui tendaient les bras. Silencieux, scrutateur de chaque fait et geste, il ne parvenait pas à deviner la raison de sa présence chez lui, ce soir, et encore moins ce qui se tramait dans son petit crâne bien trop tordu. Lui ne pouvait pas jouer avec les esprits, lui ne pouvait pas non plus les fouiller impunément. Mais il comptait bien le découvrir, par ses propres moyens. En attendant, la présence de la Mormont ne lui disait rien qui vaille. Avoir un tel démon sous son toit n’était pas forcément un bon présage, et à l’instant même, il ne pensait qu’à la voir s'enfuir pour repartir dans ses Enfers. Et pourtant, la Mormont avait peut-être mis le pied dans un autre Enfer, celui de Mance. Celui dans lequel elle était haïe, celui dans lequel son simple sourire valait méfiance, et surtout, celui dans lequel elle devrait brûler pour les péchés qu’elle avait commis. Pour le désastre dont elle était la cause. Sa douce Amara n’avait pas mérité ça, et il aurait largement préféré souffrir à sa place. Il serait mort mille fois pour elle, et la voir dans l’état dans lequel elle était sous l’influence de l’orange le faisait frissonner. Feyre Mormont venait de s’aventurer en pleines terres hostiles, et rien ne garantissait qu’elle en ressortirait vivante. Mance lui-même ne savait pas encore ce qu’il ferait, ce qu’il devrait faire, ou même plus précisément, ce qu’il avait envie de faire. La Mormont était pour lui un sujet de discorde personnelle, un problème qu’il ne parvenait pas à résoudre. Le blond avait appris à être le meilleur, à surmonter n’importe quelle situation, à purger n’importe quel mal. Mais Feyre était un poison bien trop nocif, bien trop corrosif. Une drogue dont on aimerait se sevrer, rien que pour être soulagé de ne plus ressentir ses effets sur son organisme, rien que pour garder son esprit intact. Mais la toxine s’insinuait trop profondément, atteignant son myocarde morne et vengeur, brûlant son âme déjà en partie consumée. Quoi qu’il arrive ce soir, quoi que le Graylin ait décidé de faire après mûre réflexion, il savait déjà qu’il n’en sortirait pas indemne. Pour autant, il irait jusqu’au bout. Parce qu’il sentait, particulièrement en cette soirée, que c’était à lui de décider, que c’était lui qui avait les cartes en main. Il ne comprenait pas pourquoi, un simple pressentiment, peut-être une énorme erreur, il ne le saurait probablement jamais.

« C’est bien parce qu’on ne sait jamais ce qui pourrait arriver que je suis venue ici. Cal parle sans cesse de tes aptitudes au combat. Je suis plus en sécurité ici que n’importe où ailleurs … Dans le monde. » Le menton haut, le regard prétentieux, Mance retenait principalement le compliment qui lui était fait, probablement l’élément le plus important de cette réponse. Quant au reste, il en rit. Sincèrement. Elle se croyait en sécurité, ici, chez lui, un de ses plus grands ennemis. Il ne voulait que sa mort, du moins, il le croyait vraiment. Ne le voyait-elle pas ? Était-elle donc complètement folle ? Elle ne sentait même pas le danger, alors qu’il trônait à quelques centimètres d’elle. Risible. Un air mesquin vient peindre ses traits, alors qu’il la fixait comme si elle sortait d’un autre monde. Probablement était-ce la vérité d’ailleurs. Un monde sombre, pervers, dangereux. Attirant. Mance s’en amusait, de cette insouciance qu’elle affichait. Les choses seront sûrement plus simple, si l’agneau ne voit pas le loup. Le repas n’en sera que meilleur, la surprise plus belle. Bien qu’il ne savait pas encore à quelle sauce la manger. Sa lame n’était pas loin, tandis qu’un poignard devait également reposer dans l’un des meubles autour d’eux. Sans oublier son élément, qui grondait au plus profond de son être. La mort était partout, tout autour de la Mormont, qui ne semblait pourtant rien voir. Peut-être était-ce mieux pour elle, de ne se douter de rien. Néanmoins, une partie de Mance n’aimait pas ça. Cette idée que sa pire ennemie ne se sente pas une seule seconde menacée face à lui. Un coup dans son ego surdimensionné. Une rage encore plus poussée. Elle méritait de souffrir, toujours plus. Puis il suffit d’un toucher, quelques doigts forçant le contact de sa peau pour que ses idées meurtrières s’éloignent un peu, dans un brouillard épais. Il réprime un frisson, il se hait plus que jamais. Mais il la hait tout autant, pour ce qu’elle provoque chez lui, pour ce désir qui le ronge de l’intérieur et qui le calcine, presque contre son gré. C’est une guerre intérieure qui se déroule dans le pauvre Graylin, dont il ne connaît pas l’issue, pour une fois. Et pourtant, il y croit dur comme fer, qu’il parviendra à exorciser le démon qui le pervertit petit à petit, souffle par souffle, toucher par toucher. Feyre est son antithèse, sa contradiction, son aporie. C’est un grain de sable dont il aimerait se débarrasser, qui fait dérailler la machine entière. Et Mance déteste ça, au plus haut point. « En plus, je suis certaine que je te manquais. Tu penses tout le temps à moi. Surtout la nuit… Sans vêtements. » Le blond manquerait presque de rire, encore une fois. Rire de cet abus de confiance en elle, rire cette croyance erronée, rire de Feyre Mormont tout simplement. Peut-être qu’il rêvait d’elle oui, mais probablement pour autre chose que ce qu’elle évoquait. Pour quelque chose de plus… sanglant, et de bien plus radical. Sa mort, sa déchéance sous toutes les formes, son oubli.

Alors il se contente de ne pas bouger d’un cil, de rester de marbre face aux extravagances de l’orange. Terrible contraste entre une apparence calme et silencieuse, et une âme tourmentée, en pleine tempête. Prétendue accalmie qu’il maintient difficilement devant le spectacle qui se joue devant lui. La démone vient d’ôter le tissu qui recouvrait sa peau, faisant naître une irrésistible envie au plus profond des entrailles du Graylin. L’envie de la toucher, de recréer ce contact qu’il crève d’obtenir, irrépressiblement. À cet instant même, la tentation n’a jamais été aussi forte. Elle enserrait son cœur, sa tête, chacun de ses muscles. Mais il restait figé, paralysé. La tuer, la posséder ? Une frontière si fine, à déchirer au couteau. Lacérer cette peau étonnamment pâle, la caresser ? Le dilemme se creuse, le dévore tout entier. Il voudrait être ailleurs, très loin d’ici. Il pense à Amara. Étrange manière de se détourner de ses pensées corrompues. Il ne faut pas, elle n’accepterait pas. Feyre se trouverait-elle à cet instant dans son esprit ? Userait-elle de son pouvoir pour le manipuler ? Ça ne l’étonnerait pas, mais au fond, il sait. Le feu brûle en lui, avide de ce contact qu’il répugne. Mance est un paradoxe, leur simple relation est un paradoxe à elle toute seule. Et il ne sait pas comment en sortir intact. « Je suis si fatiguée… » Il ferme les yeux, poussant un long soupir. Lui aussi était fatigué. Épuisé de se battre contre une partie de lui-même. Éreinté que la mêlée le mette dans de tels états. Exténué de cette partie qui n’en finissait plus. Ne pas réussir à définir la meilleure option n’était pas dans ses habitudes, et cette frustration s’ajoutait en plus à toutes les autres. Feyre l’aura à l’usure, à n’en point douter. « Tu es le dernier jouet qu’il me reste, pour occuper ma soirée. Les autres sont partis. Ces idiots doivent croire que je suis le genre de reine à offrir des congés ? Quelle bande d’idiots. Mais c’est une bonne nouvelle pour toi, cependant. Tu as le droit à toute mon attention ! » Il écoute, il entend, il se rappelle. Il n’est pas un jouet, ne veux pas l’être, et ne le sera jamais. Il déteste cette manie qu’a la brune de violer les esprits, de les asservir, de les détruire. Sa sœur en est le parfait exemple, et il ne veut plus jamais qu’une telle chose se reproduise, surtout pas sur lui. Il n’était pas un pantin, une poupée, il n’était pas comme tous ces animaux de compagnie qu’elle avait. Le Graylin ne voulait pas être une simple occupation, parce qu’il se savait bien plus. Mance était un homme, un maître, et c’était lui qui prenait les décisions. C’était lui qui décidait de chacun de ses faits et gestes. Pas une femme sortie tout droit des limbes, encore moins Feyre Mormont. Il rouvre alors les yeux, bien conscient que sous la femme qui se trouvait dans son lit, se cachait un être vil et cruel. Elle voulait jouer ? Eh bien, il ferait de même. En espérant ne pas couler, ne pas tomber et se faire prendre à son propre jeu.

D’un geste traînant, il se penche, ramassant le tissu doré dont elle s’était débarrassé. Il manquerait presque de le faire brûler, mais il n’y trouverait aucune utilité. Seulement un certain plaisir amer. Puis il plonge ses yeux dans les siens, puisant la force dans sa vengeance, pour ne pas s’y perdre et sombrer dans des pulsions qu’il regretterait. Parce que Mance était un frère avant tout, un gardien. Mais il restait également un homme, inévitablement. Un sourire éclot néanmoins sur son visage, séducteur mais aussi mystérieux. - Feyre… Il secoue la tête, laissant échapper un adorable petit rire. Poudre aux yeux, mais qui pourra donc s’en rendre compte ? Puis lentement, pas à pas, il s’approche d’elle, contourne le lit pour être au plus près de la mêlée. Ne la quittant pas des yeux, il soutient son regard, intensément, sans faillir. Il laisse alors peser un silence, avant de reprendre la parole paisiblement. - Je crois comprendre, en effet, que tu te sens en sécurité. Un geste de la tête la montrant, et un doigt qui vient frôler l'épiderme de la femme. - Mais ne penses-tu pas que cette peau, sans protection, peut être beaucoup plus vulnérable, si facile à déchirer ? Il hausse les épaules, affichant un air angélique. Et il rompt le contact, se redressant de toute sa hauteur. S’il s’approchait trop près du soleil, pendant trop longtemps, il brûlerait, il le savait. Il devait jouer, mais prudemment, pour en ressortir sain et sauf. Inclinant la tête sur le côté, il choisissait ses mots avec soin. - Je dois te l’avouer oui, tu occupes parfois mon esprit. Pourtant, ce n’est pas tes vêtements que j’arrache, mais bien ta vie. Une manière ou une autre de penser à toi, j’imagine. Il rit, seulement pour agrémenter ses quelques mots. Mais l’envie de rire n’est pas vraiment là. Il pense seulement à Feyre, juste devant lui, complètement vulnérable et à l’arme qui doit se trouver à proximité. Il était si près du but, si près d’accomplir l’objectif qu’il s’était fixé depuis si longtemps. Venger sa sœur, son honneur, la souffrance qu’elle lui avait causée à lui par extension. Tant de raisons, trop de raisons même. Mais il n’en fait rien, et se contente de déposer la robe aux côtés de l’orange, d’un geste élégant. Puis, un sourire en coin accroché au visage, il se penche au-dessus du lit, prenant appui sur ses deux bras. Et il s’approche, de très près, jusqu’à ce que sa bouche parvienne à l’oreille de la Mormont. Puis ce n'est qu'un murmure qui franchit ses lippes, bas et rauque. - Mais saches une chose, Mormont, et rentre le bien dans ton joli crâne. Je ne suis pas un jouet, je ne le serais jamais. Jamais tu ne m’asserviras, comme tous ces idiots comme tu le dis si bien. Tu n’entreras pas dans ma tête ce soir, ou même un tout autre soir. Quant à ton attention, je ne l’ai jamais demandée, je ne la veux toujours pas. JE décide de ce que JE veux, et je ne veux en aucun cas être ton pantin. Il fait une pause, très courte. - Maintenant, si tu es si fatiguée, je te propose de remettre ce bout de tissu, et d’aller te reposer, ailleurs. L’apparence d’une proposition, qui n’était qu’en fait une prière. Il s'écarte alors, bien vite, trop vite peut-être. Il voulait juste qu’elle parte, pour ne plus se battre contre ce désir qui ne cessait de grandir. Il voulait qu’elle disparaisse de sa vue, parce que la tentation devenait bien trop forte, et qu’il la réprimait encore et toujours. Elle prenait le dessus, le subjuguait. Tout serait alors si simple, si elle n’était jamais venue. La dernière solution du blond, c’était alors qu’elle parte. Qu’elle retourne dans ses Enfers, et qu’il reste aux siens.

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MessageSujet: Re: you have witchcraft in your lips (feyrce) Mer 18 Avr - 23:46

You and I go hard at each other like we're going to war. You and I go rough, we keep throwing things and slamming the door. You and I get so damn dysfunctional, we stopped keeping score. You and I get sick, yeah, I know that we can't do this no more. Yeah, but baby there you go again, there you go again, making me love you. Yeah, I stopped using my head, using my head, let it all go. Got you stuck on my body, on my body, like a tattoo. And now I'm feeling stupid, feeling stupid, crawling back to you.


« Feyre… » La cruelle inhumaine lui lança un regard langoureux au possible tandis qu’il s’approchait d’elle, sa robe étincelante à la main. Finalement, le grand Graylin allait céder à ses instincts les plus primaires, à son envie la plus secrète et réprimée. Ces désirs violents qu’il parvenait à peine à dissimuler derrière des paroles acerbes. Cette passion fougueuse qu’il réprimait sous des atours mesquins. Mais Mance ne trompait personne d’autre que lui-même. Tout le monde voyait la flamme de la luxure briller dans ses yeux clairs, lorsque ces derniers venaient à se poser sur la silhouette de la dévoyée Feyre Mormont. Même en l’absence de ses maléfiques dons, la tenace brune percevait le dilemme qui menaçait d’engloutir l’âme de l’enfant des cieux. Leurs regards étaient étroitement entremêlés, en une sombre danse, un combat à mort pour la victoire ultime. Celle visant à faire plier l’adversaire de toujours. L’objet tant convoité ou bien le monstre profondément détesté. Mais cette nuit s’annonçait d’ores-et-déjà comme un tournant inévitable dans leur tumultueuse relation. Parce que l’un allait plier le genou pour se soumettre à la volonté toute puissante de l’autre. Soumission ? Mort ? Honte ? Regrets ? Ni l’un, ni l’autre, ne savait exactement dans quelle direction les menait ce chemin tortueux. Une seule chose était certaine : ils n’en ressortiraient pas indemnes. En réponse parfaite au sourire pernicieux qui se peignit sur le visage de marbre de Mance, son reflet étira les lèvres peintes de rouge de la vipère. Complètement aveugle aux véritables ressentiments qui l’avait fait naître. Aux intentions de celui qui se tenait si près d’elle. Dans un temps passé, une époque meilleure, elle régnait en maîtresse incontestée sur les esprits qui l’entouraient. Mais cette ère était révolue, désormais. Impuissante qu’elle était, engluée dans une féroce folie. Elle ne comprenait pas que tout cela n’était qu’un jeu, pour lui. De la simple poudre aux yeux destinée à la soumettre plus rapidement, à tromper sa vigilance afin de lui planter un poignard en plein cœur. Mais elle ne voyait rien d’autres que les multiples fantasmes chimériques qui se dessinaient devant ses yeux abusés. Feyre le voyait lui, sa nouvelle grande obsession, venir ployer le genou devant ses charmes qu’elle pensait infinis. Elle voyait de grandes scènes de passion amoureuse, l’entrelac de leurs corps, la jouissance de leurs caresses brutales. Elle voyait un avenir sans plus une once de solitude, un corps chaud perpétuellement blotti contre le sien. Sans compter tous les asservis qui les serviraient sans broncher, leur luxure s’épanouissant alors dans les affres de la volupté la plus auréolée d’or possible. Un paradis artificiel dans lequel elle allait finir par se noyer. Parce que tout cela n’était qu’affabulation. Des mensonges qu’elle se faisait à elle-même et qui menaçait de la submerger. Mais inconsciente de tout, à présent, la démone se lovait dans les draps du Graylin, feulant de plaisir alors qu’il s’approchait d’elle à pas de loup. Combat de prédateurs qui s’annonçait. D’un guerrier redoutable et d’une femme qui avait été intouchable. Autrefois. Mais elle n’était plus qu’une ombre puisque, déniée de pouvoirs, elle ne possédait plus aucune capacité. Avec sa maîtrise de ses dons maléfiques, la Mormont aurait pu devenir l’adiutor de l’Empereur en personne. Mais par sa corpulence plus que maigre, par son incapacité totale à user de son corps pour blesser autrui, elle n’avait été assignée qu’à une pauvre bronze. Une pauvre bronze qu’elle avait cependant pu réduire en esclavage. Alors, si Mance décidait de passer à l’attaque, elle ne pourrait rien faire pour l’en empêcher. Pour l’empêcher de labourer sa peau pâle, non pas à cause du plaisir mais par haine. Pour l’empêcher de lui infliger toutes les tortures possibles et inimaginables, pour le simple prétexte qu’elle avait osé s’en prendre à ce qu’il avait de plus cher. Le soldat s’approchait lentement d’elle, comme pour lui laisser le temps de s’habituer à sa présence. Mais peut-être était-ce surtout parce qu’il avait peur de s’approcher rapidement du soleil noir qu’elle était. Peur de se brûler les ailes, comme de nombreux autres l’avaient fait avant lui. Parce que les amants s’étaient succédés entre les bras de la collectionneuse d’âmes. Mais elle oubliait les visages et les esprits de tous ces faibles qui venaient à lui céder si aisément. L’orange n’était obnubilée que par ceux qui présentaient des défis à ses yeux. Amara. Elvira. Andrei. Et maintenant, celui qui surpassait ses prédécesseurs : Mance Graylin. L’homme qui refusait obstinément de se livrer à elle. Peut-être était-ce exactement pour cela qu’il l’obsédait à ce point. Qu’elle ne pensait plus qu’à lui. Même après la propagation de ce virus qui lui avait fait perdre la raison, elle continuait à le peindre dans son esprit, qu’elle soit éveillée ou endormie. « Je crois comprendre, en effet, que tu te sens en sécurité. Mais ne penses-tu pas que cette peau, sans protection, peut être beaucoup plus vulnérable, si facile à déchirer ? » Un seul des doigts du Graylin vint effleurer sa peau si pâle, encore marbrée de tâches bleutées, souvenirs d’une rencontre peu agréable avec un autre homme qui la détestait plus que de raison. Un long frisson secoua le corps rachitique de la mauvaise. Contact bien trop fugace. Qui laissa une trace brûlante au niveau de la clavicule. Et immédiatement, une impression de manque qui s’insinua jusqu’aux tréfonds de son être. « Je dois te l’avouer, oui, tu occupes parfois mon esprit. Pourtant, ce n’est pas tes vêtements que j’arrache, mais bien ta vie. Une manière ou une autre de penser à toi, j’imagine. » Le maître de l’air se mit à rire de façon mesquine et elle l’imita, de son ricanement cristallin mais totalement dénué de malice, pour une fois. Elle ne percevait aucunement la menace. Se contentant de comprendre ce qui l’arrangeait. A savoir qu’elle était en sécurité, qu’il veillerait sur elle, qu’elle hantait perpétuellement ses rêves. Feyre négligeait les aspects les plus sombres des paroles du blond, se laissant glisser dans des désirs qui devenaient chaque fois plus ridicules, à mesure qu’ils la mettaient toujours un peu plus en danger. Penché au-dessus d’elle, avec une distance si facile à combler et si douloureuse à supporter, l’ennemi de toujours continuer à déverser son venin. Son souffle chaud s’exhalait contre le cou de la ténébreuse et elle rêvait que cet instant se prolongeait à l’infini. Même si ses paroles promettaient tout le malheur possible : « Mais sache une chose, Mormont et rentre le bien dans ton joli crâne. » Grognement de plaisir à peine contenu lorsqu’elle se vit qualifier de jolie. « Je ne suis pas un jouet, je ne le serais jamais. Jamais tu ne m’asserviras, comme tous ces idiots comme tu le dis si bien. Tu n’entreras pas dans ma tête ce soir ou même un tout autre soir. Quant à ton attention, je ne l’ai jamais demandée, je ne la veux toujours pas. JE décide de ce que Je veux et je ne veux en aucun cas être ton pantin. Maintenant, si tu es si fatiguée, je te propose de remettre ce bout de tissu et d’aller te reposer, ailleurs. » Alors, ses grands yeux aussi noirs que la nuit se voilèrent d’un nuage de larmes. Sincères. Probablement pour la première fois de son existence. Moment fugace d’humanité. « T’as pas besoin d’être si méchant … Je voulais juste … Je voulais juste ne pas être toute seule. » Elle haussa les épaules, baissa la tête. Méconnaissable qu’elle était, sans son voile d’arrogance, sa fierté outrageante et son exubérance hors-normes. Totalement déconcertée, incapable d’agir avec le monde qui l’entourait, sans ses tentacules invisibles. Elle offrait un pan totalement inédit de sa personnalité. Des réminiscences de qui elle était, avant de n’être plus définie que par ce bracelet orangé qui ornait son poignet. Quelque chose qu’elle pensait avoir perdu. Peut-être n’était-elle pas entièrement inhumaine, finalement. Contre toute attente. Feyre arracha rageusement sa minuscule robe des mains du Graylin, parfaitement inadaptée à de telles températures extérieures. D’un geste rapide, son corps rachitique se retrouva partiellement recouvert. Elle se leva, encore faible sur ses jambes, après n’avoir pu quitter son lit durant presque deux semaines. « Peut-être que c’est parce que tu ne te sens pas capable de me protéger, que tu me chasses comme si j’étais à la fois la peste et le choléra. » Peut-être le Graylin était-il finalement blessé dans son égo, parce qu’il comprenait l’impossibilité d’assurer la survie de la femme la plus haïe de tout Aksana. Ce devait être ça, l’explication. Parce que la Mormont ne voulait, ni ne pouvait, croire que ses ressentiments prévalaient sur le désir qu’il ressentait pour elle. « C’est véritablement dommage pour toi, mon ange. Tu viens de refuser la meilleure nuit de ton existence. » La panthère regagnait de son ancienne superbe alors qu’elle se dressait devant lui, ses yeux noirs impérieux se fixant dans les prunelles du blond. Sa tête lui faisait un mal de chien, avec ses serres invisibles qui devaient désormais s’y cantonner. S’était à peine supportable. Et plus que la douleur physique, il y avait les crises de folie irrépressibles qui s’insinuaient en elle. La conduisant au délire le plus total. Depuis que tout ceux qu’elle tenait pour acquis s’étaient envolés, dès que son emprise s’était relâchée, sa solitude lui pesait comme un fardeau qu’elle n’arrivait désormais plus à supporter. Celle qui pouvait s’octroyer la compagnie du monde entier s’était alors retrouvée seule dans cet immense lit qu’elle partageait d’ordinaire avec ses multiples conquêtes. Et son besoin incessant d’attention lui faisait mal. Tout comme sa peau froide, le manque de caresse et d’amour factice qu’elle arrivait à créer chez autrui, grâce à ses dons maléfiques. Ses doigts glacés parcoururent la joue du Graylin, glissèrent sur son cou, frôlèrent sa clavicule avant de se perdre sur son torse. « Tu ne sais pas ce que tu perds, Mance. Et tu le réaliseras probablement trop tard. Il n’y a que ta rancune qui nous empêche d’être ensemble, mon ange. » Nouveau haussement d’épaule. Mais cette fois, bien plus assurée. Elle recouvrait ses esprits. Redevenait cette femme intouchable parce qu’inhumaine. « Tu dis décider de ton destin, être maître de ton avenir, mais tu n’es qu’un petit garçon apeuré. Par moi. Par ce que je te fais ressentir. Sans même que j’ai besoin de m’insinuer dans ta tête. Tu en es parfaitement conscient, même si tu préfères te mentir. » Feyre lui tourna le dos, cherchant ses chaussures qu’elle avait retiré à la volée. « Si je meurs ce soir, j’espère que tu l’auras sur la conscience. Ce sera de ta faute, Mance. Tout ça parce que tu incapable d’avouer que tu me veux. Moi, l’orange qui a détruit ta sœur, la reine des esprits. Mais tu n’as plus besoin de me châtier. Le destin l’a fait pour toi. Je n’ai plus aucun pouvoir. » Note de tristesse infinie dans sa voix alors qu’elle voyait se dérouler devant elle ces merveilleuses années de sa vie où elle avait été toute puissante. Reine d’un monde invisible qui n’appartenait qu’à elle.
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‹ STATUT : amant infidèle au coeur meurtri, on ne lui refera pas deux fois. trompé, détruit, c'est désormais lui qui ravage les coeurs. l'éphémère, l'indifférence, l'apathie, le myocarde est stérile, et il se venge sur celles qui s'oublient dans ses draps.
‹ SANG : bronze, au plus bas niveau de l'échelle de la noblesse. mais il se complait parfaitement dans ce statut, ne manquant de rien, et n'ayant que peu d'obligations. l'ichor ne fait pas tout, et l'homme sait parfaitement le faire comprendre.
‹ POUVOIR : c'est l'air qu'il manie avec élégance, et rage. la brise devenant tempête, il est tout aussi efficace que n'importe quel autre élément. d'une maîtrise pure et contrôlée, il prend bien trop plaisir à tout ravager, aussi violent que la tornade elle-même.
‹ METIER : officier aux ordres d'Hector Oshun, c'est l'armée incandescente qu'il sert. loyal à la couronne, tout autant qu'à l'homme auquel il donne sa vie, il tue sans broncher et défend leur honneur avec férocité.
‹ ALLEGEANCE : Cal Oshun, l'homme qui lui a donné une chance, le Roi qu'il respecte loyalement. mais aussi Aerinstin et ses racines, Amara et ses terres. allégeance en balance pour le Graylin qui ne sait où donner de la tête.
‹ ADIUTOR : elle est sauvage, elle ne l'écoute jamais, ne comprend pas qu'elle doit se taire, et obéir. une vraie lionne, qui le connaît pourtant sur le bout des doigts. il la hait, elle le hait, et pourtant, ils n'ont jamais été plus forts qu'ensemble. mais le lien est rompu désormais, les chaînes brisées.
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MessageSujet: Re: you have witchcraft in your lips (feyrce) Ven 27 Avr - 20:06

you have witchcraft in your lips
Feyrce

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Et c’est un monde qui s’écroule devant ses yeux, tant de croyances qui partent en fumée, en un seul petit instant. Une fraction de seconde, presque imperceptible, et il est frappé par la réaction de Feyre Mormont. Par cette partie d’elle qu’il n’avait jamais vue, et qui venait d’éclore, juste devant lui. Un morceau de son âme qui n’était pas perverti, qui semblait presque humain. Et cette once d’humanité, elle vient le chercher, jusque dans ses entrailles, traverse chacun de ses muscles, et vient se loger au creux de son myocarde déjà bien abîmé. Quelque chose se brise en lui, il le ressent, il l’entend presque. Et ça lui fait mal, très faiblement, mais c’est là, une pointe au fond de sa poitrine. Cette humanité, il la veut, pour lui tout seul, et personne d’autre. Cette facette qu’il est peut-être le seul à connaître, il veut la voir, encore. Le monstre s’est effacé, la démone qu’il détestait s’est évanouie, et c’est une créature bien plus fragile qui apparaît à lui. Il reste de marbre, incapable de prononcer un quelconque mot, de faire résonner un quelconque son. Il tombe Mance, il tombe de haut. Il sent qu’il est perdu, à cet instant même, il en est même sûr. Comme s’il voyait l’avenir aussi clairement que le présent, il sait qu’elle sera sa perte. Il le voit enfin, comme un aveugle qui retrouverait la vue. Il veut Feyre Mormont, de tout son être. Si fort qu’il en souffre presque. Et ce n’est qu’un simple regard qui aura brisé toutes ses défenses, de simple petites perles si innocentes, naissant au coin des yeux de la mêlée. « T’as pas besoin d’être si méchant … Je voulais juste … Je voulais juste ne pas être toute seule. » Il déglutit, il se sent fautif. Coupable de l’avoir poussée dans ses retranchements, coupable qu’elle ressente une telle solitude. La haine, la rage, la vengeance. Elles sont toutes bien loin, comme oubliées. Le Mance qui ne désirait que la mort de la Mormont semble avoir disparu. Il est enfermé, au plus profond, mis entre parenthèses le temps d’une soirée. Son esprit ne se porte plus sur le passé si cruel qui a emmêlé leurs chemins, il ne pense plus qu’à elle, ce soir, devant lui. Cette humaine. Cette femme. Feyre. Son nom se répète en boucle dans son crâne, tandis que son cœur est au bord de l’implosion. Et elle baisse la tête, rompant le contact visuel, haussant ses frêles épaules. Fragilité qu’il n’avait pas aperçue depuis qu’elle se trouvait chez lui. Fragilité qui pourtant, lui donnait ce caractère, cette dimension si désirable aux yeux du fils des cieux. Il ne bouge même pas d’un cil lorsqu’elle arrache le tissu de ses mains. Il ne sait plus quoi faire, confus, perdu dans un tourbillon de pensée qui s’entremêlent, s’entrechoquent, et lui donnent presque mal au crâne. Il se sent si stupide. Stupide d’avoir ce comportement devant elle, mais stupide de tomber dans ses bras également. Parce que cette once d’humanité, elle n’avait pas duré si longtemps. Mais elle l’avait touché dans son âme, comme un écho résonnant sans s’arrêter. Lorsqu’elle se lève, la distance entre eux se réduisant, il peut sentir son odeur, enivrante. Il n’avait jamais voulu rester trop près d’elle, pour ne pas respirer son parfum. Mais ce soir, il n’a que cette fragrance en tête, celle de la Mormont. Et il la veut contre lui, il veut qu’elle s’accroche à chaque petite parcelle de sa peau. Juste une fois. « Peut-être que c’est parce que tu ne te sens pas capable de me protéger, que tu me chasses comme si j’étais à la fois la peste et le choléra. » Une insulte à ses yeux. Lui le parfait soldat, lui le maître des vents. Par habitude, il lui aurait craché au visage que la protéger était bien la dernière chose qui lui viendrait en tête, que personne ne saurait protéger mieux que lui. Mance l’arrogant, il ne supporte pas qu’on rabaisse ses capacités, il n’accepte pas qu’on le sous-estime. Et pourtant, il ne lui offre que le silence en réponse. Il tente seulement de mettre ses pensées en ordre, de trouver un chemin logique aux mots qui lui viennent en tête. Il la hait, mais il la désire. Il la déteste, mais il la veut. Le paradoxe poussé à son paroxysme, il prend pleine conscience du pouvoir qu’elle détient sur lui. Était-ce cela, son pouvoir d’orange ? N’était-ce que des sentiments artificiels qu’on lui implantait dans le crâne, dans le cœur ? Il ne voulait pas y croire, ne pouvait pas non plus. Peut-être était-il pris au piège, mais il ne voulait pas s’en libérer. « C’est véritablement dommage pour toi, mon ange. Tu viens de refuser la meilleure nuit de ton existence. » Puis il se ressaisit, lui aussi. La Feyre qu’il connaît semble reprendre le pas. La noirceur reprend du terrain, tandis que l’humanité se tapit au fin fond de la mêlée. Et pourtant, elle est encore là, gravée sur la rétine du Graylin. Il a vu, il a ressenti. Il avait succombé, et c’était trop tard pour lui. Triste sort pour le pauvre fils des cieux. Alors il voudrait la toucher, tandis que leurs prunelles s’affrontent. Faire tomber ce masque de femme arrogante qu’elle portait, par un simple toucher. C’était comme une envie viscérale, toujours plus dévorante. Une sorte de soif, qu’il voulait, devait, absolument faire taire. Mais c’est elle qui rompt la distance, c’est elle qui pose ses doigts sur sa joue. Et il retient son souffle, un frisson parcourant son échine de haut en bas. Il suffit d’un simple contact à même sa carne, pour que chacune de ses cellules répondent, que chacun de ses nerfs s’activent, que chaque muscle se contracte. Et ce toucher, il n’a plus la même saveur, son effet est décuplé. Comme si un verrou s’était brisé, et qu’il laissait libre cours à toutes les sensations du blond, ces sensations qu’il avait toujours dissimulées, cachées derrière un sourire mesquin et des paroles haineuses. Puis les doigts de la mêlée tracent un chemin, un chemin qu’il ressent encore après qu’elle ait mis fin à leur contact, ce que déplore le soldat. Ils ont laissé une marque, invisible, mais qu’il sent pourtant encore vivement. Aucune femme n’aura réveillé tant d’instincts chez lui, il le sait. Et c’est pour cette raison que Feyre est si spéciale à ses yeux. Ce n’était qu’un jeu du chat et de la souris entre eux, mais désormais, le jeu a pris bien trop d’ampleur. Et le chat venait de planter ses griffes directement dans le corps de la souris. Tant son corps, que son âme ardente. « Tu ne sais pas ce que tu perds, Mance. Et tu le réaliseras probablement trop tard. Il n’y a que ta rancune qui nous empêche d’être ensemble, mon ange. » Il finit par sourire, ironiquement. Ensemble. Drôle de mot, qu’il n’associerait jamais à eux. Feyre n’était pas faite pour lui, et il n’était pas fait pour Feyre. Si Mance pouvait être un monstre, il ne l’était que par sa faute à elle. Mais il n’était pas comme elle, et ne le serait probablement jamais. Du moins, il l’espérait. Et c’est pour ça qu’il ne pourrait jamais être avec elle. Parce qu’elle était cette démone ayant détruit sa sœur, tout simplement. « Tu dis décider de ton destin, être maître de ton avenir, mais tu n’es qu’un petit garçon apeuré. Par moi. Par ce que je te fais ressentir. Sans même que j’ai besoin de m’insinuer dans ta tête. Tu en es parfaitement conscient, même si tu préfères te mentir. » Le sourire du blond se fane, aussi vite qu’il est apparu. Et c’est un regard froid qu’il lui offre. L’humanité n’existe plus, reléguée au placard sans aucun doute. La Feyre qu’il détestait fait son retour, et il aurait préféré qu’elle ne revienne jamais. Une autre confirmation de l’impossibilité d’une quelconque relation entre eux. Et pourtant, il le sait pertinemment, ce ne sont que des vérités qui sortent de la bouche de la mêlée. Des vérités qu’il ne veut pas entendre, ni ce soir, ni jamais. Qu’elle se taise, il la préfère largement silencieuse. Il hausse alors le menton, amer de ce goût qu’elle lui laissait en bouche. Où était passé cette image de "l’autre" Feyre ? Si vite disparue, il la regretterait presque. Elle finit par se retourner, cherchant quelque chose, tandis que le blond ne la quitte pas des yeux. « Si je meurs ce soir, j’espère que tu l’auras sur la conscience. Ce sera de ta faute, Mance. Tout ça parce que tu incapable d’avouer que tu me veux. Moi, l’orange qui a détruit ta sœur, la reine des esprits. Mais tu n’as plus besoin de me châtier. Le destin l’a fait pour toi. Je n’ai plus aucun pouvoir. » Un silence s’installe, absolu, presque assourdissant. Mance ne comprend pas, ne réalise pas tout de suite la panoplie d’opportunité qui s’offre à lui. Les mots tombent, lourds de sens. Feyre est sans défense, Feyre est encore sous l’influence du virus, Feyre ne peut rien contre lui. Il pourrait la tuer si facilement, tandis qu’elle, est incapable de rentrer dans son crâne. Incapable de faire naître quoi que ce soit dans son esprit qu’il voulait inviolé. Incapable de le forcer à faire quoi que ce soit. Incapable de faire germer un quelconque désir à son encontre. Il était maître de ses émotions, de ses désirs, de ses envies, de ses pensées. De chacun des gestes qu’il ferait ce soir. Et il n’avait pas de doute là-dessus, il connaissait lui aussi les effets du virus. Il savait donc également que cette chance ne se présenterait peut-être pas deux fois. C’était ce soir, ou jamais. Alors Mance, il n’a plus à réfléchir, il ne veut plus le faire. Il est fatigué retenir ce qu’il ressent, fatigué de la fuir, fatigué de se mentir à lui-même. Et il franchit la ligne, il franchit la frontière dont il s’était toujours éloigné. Il fait un pas, et il se laisse sombrer. - Reste. Ce n’est qu’un mot qu’il prononce, cinq petites lettres ayant franchi le seuil de ses lippes. Et pourtant, c’est beaucoup pour lui. Le cœur au bord des lèvres, il attrape son bras, sans aucune agressivité. Un simple geste, dénué de toute signification. Un simple signe, signifiant qu’il ne voulait plus qu’elle parte. Elle avait gagné, il rendait les armes après une guerre haletante. Il la fait se tourner, il voulait qu’elle le voit, il voulait se plonger dans son regard. Il ne se rend plus compte, le Graylin. Il n’est même plus conscient qu’il coure à sa perte. À sa propre déchéance. - Tu as raison, Feyre. Je me mens à moi-même, je mens à Amara, je te mens. Je suis incapable d’avouer ces choses que je ressasse sans arrêt, incapable de dévoiler ces sensations que je ressens, ces désirs qui me tourmentent en ta présence. Sa main venant frôler la joue de l’orange, c’est son pouce qui se pose sur les lippes de la nymphe. Et il vient les caresser de ce pouce, les fixant d’un regard qui ne laissait pas de place au doute. Il voulait les goûter, tout autant qu’il la désirait comme il n’avait jamais désiré. - Mais nous y sommes. Regarde-moi et entends-moi. Je te veux, Feyre Mormont. Sa voix se fait suave, basse. Comme un murmure, une confession qu’on ferait sans vouloir qu’elle se propage de trop. Et pourtant, il n’y a qu’eux ici, et personne d’autre ne sera témoin de leur pêché. Personne, ou presque. Il incline alors la tête sur le côté, un sourire malicieux peignant son visage. - Es-tu satisfaite désormais ? Ai-je assouvi ton désir de m’entendre prononcer ces quelques mots ? J’espère que oui, car je ne les prononcerais sûrement plus jamais. Il se rapproche alors, toujours plus prêt, comme si la distance qui les séparait devenait insoutenable. Il pouvait sentir le souffle de la Mormont, tandis que ses propres lippes s’approchaient dangereusement, bien trop dangereusement. - Alors je te conseille de profiter Mormont, profiter de cet instant pendant lequel je ne serais qu’à toi, et rien qu’à toi. C’est un aboutissement, mettant fin à la partie qui durait depuis bien trop longtemps. - Cet instant, où tu seras également mienne. Partie qu’il scelle d’un simple geste, venant déposer ses lèvres contre celle de la mêlée. Mélange de sensations qui le saisissent brusquement, désirs enfouis s’éveillant à ce simple contact, le Graylin vient de tomber dans les abysses de la brune. Mais, perdu pour perdu, autant se noyer plus encore dans des ténèbres qu’il ne connaît que trop bien.

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MessageSujet: Re: you have witchcraft in your lips (feyrce) Mar 1 Mai - 0:13

You and I go hard at each other like we're going to war. You and I go rough, we keep throwing things and slamming the door. You and I get so damn dysfunctional, we stopped keeping score. You and I get sick, yeah, I know that we can't do this no more. Yeah, but baby there you go again, there you go again, making me love you. Yeah, I stopped using my head, using my head, let it all go. Got you stuck on my body, on my body, like a tattoo. And now I'm feeling stupid, feeling stupid, crawling back to you.


« Reste. » Cinq petites lettres, minuscules en apparence, si insignifiantes prises à part. Mais d’une force sans pareil lorsqu’elles se trouvaient rassemblées. Pour former un simple mot si lourd de signification et de conséquences. Un tournant radical dans l’avenir qui se profilait devant les yeux dévoyés de Feyre et ceux, dubitatifs, de Mance. Un point de non-retour qui marquerait un revirement sans précédent dans leur relation. Dans ce petit jeu malsain dans lequel ils se complaisaient tout les deux. Le chat et le souris. Sauf que les deux présents acteurs étaient de véritables chacun dans leur domaine. Enfin, avaient été. Car l’orange n’était plus rien d’autre qu’une créature de papier, exubérante et étrange. Mais désormais inoffensive, privée de ses maléfiques pouvoirs. Elle ne contrôlait nullement l’esprit du belliqueux. Il la tenait sa revanche, juste là, entre ses doigts. A portée de main. Mais ne semblait pourtant pas décidé à la saisir. Plutôt à laisser parler la chaleur brûlante du creux de ses reins. Le désir à l’état pur. Brut et encore inaltéré. Cette nuit d’hiver n’avait rien de spéciale, calmes et paisibles étaient les étoiles qui brillaient haut dans le ciel. Mais pourtant, elle resterait toujours particulière pour les deux protagonistes. Adam et Eve des temps modernes, cédant à la tentation commune de la carne de l’autre. De l’attirance dangereuse. De l’attraction mortifère. Condamnés à une malédiction éternelle. Mais ô combien jouissive. Les doigts du Graylin se refermèrent finalement sur le bras famélique de la démone. Geste accompagnant ses paroles précédentes. Comme une confirmation de ses dires. Prouvant par là-même qu’il était parfaitement sincère. Probablement pour la première fois de son existence. Il se livrait finalement, le grand soldat. Maintenant qu’il ne la percevait plus comme la menace ultime, à la fois pour son existence mais aussi pour son esprit. Maintenant qu’elle n’était plus rien d’autre qu’une humaine absolument normale. Comme si l’envoûtement naturel qui la caractérisait s’envolait. Comme si elle avait perdu bien plus que ses pouvoirs. Parce que sans ces derniers, la Mormont n’était absolument plus rien. Mais, curieusement, face à l’intérêt nouveau qu’elle suscitait dans l’âme du Graylin, Feyre sentait quelque chose naître à l’intérieur d’elle. Ou plutôt, renaître. Comme s’il était le seul capable de la ramener vers ce qu’elle avait été, aux prémices de son existence. Une humaine. La terrible avait l’impression de sentir son palpitant se remettre à battre, dans sa poitrine. Une impression étrange. Presque douloureuse. Si différente de ce qu’elle avait l’habitude de ressentir. Le feu de l’humanité face au néant de l’inhumanité. La brune n’était pas certaine de préférer ce nouvel état. Mais elle n’avait pas le choix. Et il avait au moins le mérite de la rapprocher de sa nouvelle grande obsession. De l’homme qui hantait ses pensées et qu’elle s’était promis de faire sombrer, sans même à avoir à user de ses dons pernicieux. Elle voulait que Mance se consacre sur l’autel de sa divinité, qu’il craque sans y avoir été forcé. Ainsi, la victoire n’en était que plus jouissive. Il avait plongé ses prunelles dans les siennes et ça lui faisait quelque chose, là, au fond de l’estomac. Comme si ce dernier se resserrait à la fois douloureusement et agréablement. Drôle de sensation avec laquelle elle n’était pas familière. Que de changements dans sa terrible existence. Comme il avait le pouvoir de réveiller ce qui avait toujours sommeillé en elle. Une possible rédemption ? Ou du moins, un pas d’écart, hors des chemins sombres qu’elle aimait tant emprunter. « Tu as raison, Feyre. Je me mens à moi-même, je mens à Amara, je te mens. Je suis incapable d’avouer ces choses que je ressasse sans arrêt, incapable de dévoiler ces sensations que je ressens, ces désirs qui me tourmentent en ta présence. » Feulement de plaisir satisfait alors que la panthère laissait leur corps se rapprocher. Jusqu’à ce que tout espace soit définitivement comblé entre eux. Attraction physique indéniable. Comme deux aimants ayant trop longtemps nié ce qu’il y avait entre eux. Comme un besoin maladif de sentir l’autre si près, toujours plus près de soi. Jusqu’à se fondre totalement l’un en l’autre. S’oublier pour ne plus faire qu’un. Entité chimérique à deux têtes. « Mais nous y sommes. Regarde-moi et entends-moi. Je te veux, Feyre Mormont. » Trace brûlante sur ses lèvres. Qui persista alors même que le pouce du Graylin avait quitté ses lippes. Ses lippes si désireuses d’en avoir plus. Toujours plus. Jusqu’à l’overdose. Jusqu’à l’excès. Le désir menaçait de la consumer, de la brûler vive. D’avoir raison d’elle. Comme une irrésistible vague dévastatrice qui menaçait de s’abattre sur elle. L’ancienne reine des esprits rêvait de passer ses mains dans ses cheveux, de caresser chaque parcelle de sa peau et de s’oublier dans des affres de luxure. Brûlait de ne plus faire qu’un avec lui. Maintenant. Et à tout jamais. « Es-tu satisfaite désormais ? Ai-je assouvi ton désir de m’entendre prononcer ces quelques mots ? J’espère que oui car je ne les prononcerais sûrement plus jamais. » Rictus sardonique sur ses lèvres fétides mais ô combien alléchante. Véritable paradoxe qu’elle était. Visage angélique mais esprit calciné. Cœur dévoyé. Malsaine jusqu’au plus profond de ses fibres internes. La Mormont était parfaitement satisfaite. Comme l’impression de vivre une sorte de rêve éveillé. Elle avait l’impression d’avoir attendu une éternité avant que le blond daigne prononcer ces quelques paroles. Si lourdes de conséquences. Surtout pur lui. Parce qu’elle jubilait, la cruelle. Jubilait d’être enfin parvenue à ses fins. Sentiment si négatif pourtant contrebalancé par cette autre chose qui menaçait de prendre le contrôle en elle. Quelque chose qu’elle n’arrivait pas à exprimer, à expliquer. « Alors je te conseille de profiter Mormont, profiter de cet instant pendant lequel je ne serais qu’à toi et rien qu’à toi. Cet instant où tu seras également mienne. » Et Feyre se sentit basculer. Vers un endroit où jamais, ô grand jamais, elle ne s’était trouvée. Allégresse parfaite et entière. Même l’assouvissement d’Amara ne lui avait procuré de tels ressentis. Comme si Mance venait d’ouvrir les portes d’un paradis dont elle ignorait l’existence. D’un paradis dévoué à la luxure et aux abîmes de la tentation. Parce que si Mance était ce quelque chose en plus dont elle avait toujours eu besoin, elle restait parfaitement consciente que leur relation consumée signait le début de leur perte. Sienne ? Cela étrangement à ses oreilles. Parce que l’indomptable n’avait jamais été la propriété de personne. Trop lunaire pour être capturée. D’ordinaire, elle était celle qui possédait. Peut-être était-ce parce que ses pouvoirs avaient disparu. Peut-être était-ce parce que ces jours de vulnérabilité l’avaient irrémédiablement transformé. Peut-être était-ce parce que la voix suave de l’enfant des cieux parvenait à se faufiler jusque dans les tréfonds de son âme. Les raisons étaient multiples mais la finalité était bien là. Feyre ressentait quelque chose. Quelque chose d’autre que l’attirance sexuelle, le désir de nuire ou l’égoïsme pur et dur. Quelque chose de … bon ? Finalement, peut-être en était-elle capable. Une fois enlevée la carapace d’invincibilité due à ses talents malfaisants, il ne restait qu’une femme. Fantasque et étrange. Mais une femme quand même. Une femme qui désirait un homme, qui éprouvait des choses pour lui. Des choses qu’elle ne pensait pas pouvoir connaître. Mais pour combien de temps ? Pour combien de temps la maléfique resterait-elle ainsi avant de resombrer dans son état naturel ? Telle était la question. Et l’idylle entre ces deux-là voyait ses jours plus que comptés. Et puis finalement, enfin, leurs lèvres se scellèrent. Dans quelque chose de bien plus doux que ce que laissaient présager leurs personnalités respectives. Les petites mains de Feyre s’accrochèrent au cou du géant alors que leurs corps menaçaient de se fondre l’un dans l’autre. Pas un seul centimètre de distance entre eux. Et ce vide béant à l’intérieur d’elle qui semblait se remplir, jusqu’à disparaître, à mesure que la chaleur irradiait en elle. Communion insensée. Inattendue. Inoubliable. Contact trop vite brisée alors qu’elle haletait encore. Incapable de reprendre son souffle. Son cœur menaçant de quitter sa cage thoracique. « Je le savais. Je l’ai toujours su. Que tu finirais par venir à moi. Ce n’était qu’une question de temps avant que tu ne l’acceptes. Fatalité à laquelle tu ne pouvais échapper. Je sens le soulagement émaner de toi. Même si je suis incapable de plonger dans ton esprit. Pourtant, crois-moi, j’en rêve. Je rêve de me voir à travers tes yeux. De ressentir ce qui se passe en toi, à ce moment précis. » Ses ongles caressaient discrètement la peau tendre de sa nuque. Tendresse insoupçonnable qui ressortait au contact du Graylin. Comme si la terrible devenait Autre. Se voulait plus douce. Comme une version radicalement différente. Parce que plus humaine. Etrange créature qui évoluait sous les yeux du soldat. Comme une nouvelle version de l’engeance maléfique qu’il avait toujours connue. C’était dans un moment comme celui-ci que ses dons pernicieux lui manquaient le plus. Parce qu’elle aurait voulu voir, ressentir, connaître, comprendre, tout ce qui se passait en lui. Saisir la portée de l’attirance qu’il ressentait pour elle. Ses doigts partaient à la conquête du corps d’Ephèbe de l’homme alors que ses prunelles restaient fixement plantées dans les siennes. Elle le voulait. Dieu qu’elle le voulait. Peut-être était-il cette âme qui, finalement, pourrait exaucer tous ses souhaits démesurés. Le désir de ne plus jamais être seule. D’être aimée. D’être admirée. Par quelqu’un qui jamais ne la quitterait. Jamais. Jamais. Jamais. « Ne jure pas que tu ne les prononceras plus jamais. Peut-être entrons-nous dans une ère propice à ce genre de déclarations. Toi et moi … Ensemble. Après tout ce qui s’est passé. Si tu es mien et que je suis désormais tienne … Le monde va trembler Mance. » Et sournoisement, elle glissa ses mains sous le t-shirt de l’Apollon. Et ce fût comme une véritable décharge électrique. Qui remonta le long de son épine dorsale, s’insinua dans les muscles de son myocarde et jusqu’aux tréfonds de sa personne. « Je te veux tout entier, Mance. Ton corps. Ton cœur. Ton âme. Tout. On ne se quittera plus et tu en seras heureux. Parce que cette nuit n’est que la première d’une longue lignée. Je peux te le promettre. » D’un geste habile, bien que tremblotante sur ses jambes trop maigres qui supportait difficilement l’émotion tenace qui lui vrillait les entrailles, elle fit passer le vêtement par-dessus la tête du Graylin. Avant de se mettre à épouser de ses lèvres la moindre parcelle de son torse. Comme elle en avait rêvé des centaines de fois. Voir bien plus. Elle portait tant d’espoirs sur lui. Sur celui qu’elle voyait déjà comme le compagnon d’éternité. Celui qui chasserait la solitude à tout jamais. Qui brûlerait de toucher son corps chaque soir, chaque nuit et chaque matin que les Sept feraient. Addicte qu’elle était au contact d’autrui. Et surtout au sien. Rictus emprunt de désirs incroyablement noirs. Enfin, elle le tenait entre ses griffes. Ses griffes inoffensives, maintenant qu’elle n’était plus un prédateur. Pour un peu, Feyre en venait à ne plus regretter la perte de ce qui l’avait caractérisé durant de très – trop – nombreuses années. « Viens donc profiter de ce qui est tien, Mance. Du grand démon de ton existence par lequel tu es attiré plus que de raison. Viens t’oublier et te noyer dans les profondeurs ténébreuses. L’expérience vaut véritablement le coup d’être vécue. » Et ce minuscule bout de tissu doré qu’elle envoya valser de l’autre côté de la pièce. Ritournelle qui semblait extrêmement familière. Avant de s’installer de manière plus que provoquante sur le lit du maître de l’air. Véritable appel à la débauche. Et à la luxure avide, débridée et sans retenues. « C’est le moment de faire de tes rêves une réalité, mon amour. »
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you have witchcraft in your lips (feyrce)

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