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c'est plus facile de rêver à ce qu'on ne pourra plus jamais toucher (brandrei)

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air mutant
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air mutant
‹ MESSAGES : 1249
‹ AVATAR : toby regbo
‹ CRÉDITS : myself (av)
‹ COMPTES : l. har, t. est, m. bel

‹ AGE : vingt-six années qui viennent d'éclore en son sein, âge dont la vigueur lui échappe effrontément.
‹ STATUT : fiancé pour la deuxième fois selon le désir de son aînée, le prince des cieux épousera bientôt l'étoile blondine, yeva bolkonsky.
‹ SANG : son sang coule bleu en ses veines, azur aux reflets argentés d'un passé révolu.
‹ POUVOIR : les vents caressent ses joues et bousculent ses boucles, leur violence est sienne, il tire sur les ficelles de leur rage.
‹ COMPETENCES : charisme (niv.3), fraternité (niv.5), vigilance (niv.4)
‹ METIER : autrefois rêveur et artiste séducteur, l'enfant est devenu adulte, c'est la diplomatie de l'ambassadeur et les responsabilités de l'héritier qui occupent ses journées.
‹ ALLEGEANCE : un genou ployé devant sa soeur, sa souveraine éternelle, celle qu'il suivra dans les ténèbres les plus sombres ; l'autre se ploie devant la sauveuse de ses sombres desseins, l'aimée de toute une vie, feyre et liza ne font qu'une en son coeur.
‹ ADIUTOR : autrefois lié à cette intrépide sarcastique d'asha, les voilà désormais séparés, les moitiés ne sont plus, et un vide se creuse en sa poitrine, un manque irréparable hante son palpitant.
‹ POINTS : 755

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MessageSujet: c'est plus facile de rêver à ce qu'on ne pourra plus jamais toucher (brandrei) Jeu 18 Jan - 19:06

close your eyes and picture the sun, that's what it felt like to love her ; warmth

Ses doigts s’enroulent à ceux, plus pâles, de l’étoile fiancée. Il la tient près de lui, sa future épouse argentée, douce Yeva dont les soupirs fleurent encore ses pensées. Une nuit passée auprès d’elle, libération des corps fiévreux, union des amants lunaires, et voilà que les mots chuchotés à l’oreille lui chamboulent son monde. Perspective nouvelle à accepter, destinée bouleversée, et des plans nouveaux à faire pour prendre en compte tout ce qu’il n’avait pas prévu. Des responsabilités qui lui tombent sur les épaules, et lui se ressert un verre. Liqueur amère qui apaise ses pensées agitées, alcool exquis qui, depuis longtemps, ne lui avait pas tourné la tête. Mais ce soir, ce soir c’est différent. Parce qu’ils sont tous là, ou presque. Parce que la musique embaume leurs tympans, et que les pieds se torturent à danser. Parce qu’il y a des sourires sur toutes les lèvres, et que les cœurs s’allègent. Parce qu’une alliance vient d’être faite, et que tous célèbrent la paix qu’ils espèrent tant. Et qu’Andrei, ça fait longtemps qu’il avait pas senti ça : la joie, de la simple joie, toute pure et bénigne qu’elle est. Alors il danse, le prince, et il sourit, et il discute, et il boit. Encore, et encore, jusqu’à ce que le monde tourne autour de lui, et pas seulement à cause de ses virevoltes. Et il se tient à côté d’elle, sa blonde angeline, épouse sélénite honorée aussi bien par les dieux que les lippes de son fiancé, et il ne peut pourtant s’empêcher d’embrasser la silhouette lointaine de son aimée de longs regards langoureux. Ce soir, ce n’est pas la couche de sa fiancée qu’il rejoindra, ni même il ne dormira seul, mais confortablement lové dans les bras de son Aphrodite jaffarine. Mais pour l’instant, l’héritier fait bonne figure, époux fidèle au sourire pétillant. Et de nouveau, le verre est porté à ses lèvres, et le monde tourne un peu plus autour de lui.

Mais si tous affichent gaieté et allégresse sur leurs jeunes visages, il en est de ceux qui quittent bien vite la soirée. Du coin de l’œil, Andrei remarque la silhouette qui s’échappe du bal, secrète ombre déterminée à en finir. Et il porte une main à son buste, sent sous ses doigts maladroits la rigidité irrégulière de sa tenue, hésite un instant, et se penche enfin vers l’oreille de l’étoile. « Je reviens. » Et il les mains se délogent l’une de l’autre, tombent mollement le long des corps, comme si tout ça n’était rien, comme si tout n’était que fausseté plaisante. Et déjà il glisse sur le marbre grandiose, il en courrait presque pour rattraper la fuyarde, si seulement ses jambes abîmées le permettaient. Mais sa démarche est rapide, et l’oiseau s’envole d’une allure vive, se glisse entre les portes d’or et retrouve l’échappée au milieu d’un corridor désert. « Attends, attends ! » Maladroites paroles enfuies d’entre ses lèvres enivrées, respiration déjà essoufflée par cette courte course. Et enfin il la rattrape, et sa main posée sur son épaule, la retourne vers lui. Ses lippes se fleurent d’un immense sourire béat lorsque le visage d’ébène se dévoile à lui, et le palpitant se serre quelque peu. Première entrevue depuis leur rencontre hasardeuse à Azurite, bien qu’il ait déjà croisé Braelyn depuis son arrivée à Volastar, voilà la première fois qu’ils sont seuls l’un avec l’autre. « J’ai quelque chose pour toi, que je voulais te donner. » Et sans plus attendre, il porte la main à sa veste et en sort un papier plié, qu’il lui tend de sa main maladroite. « Moi aussi je peux te faire des cadeaux, y’a pas que toi qui peut en faire. » Echo à la bague rendue, qu’il chérit plus qu’il ne le devrait, la gardant jalousement sans en avoir parlé à sa sœur, véritable héritière de ce bijou. Mais Andrei ne veut pas quitter cet anneau d’argent qui lui rappelle tant, aussi bien son père, que celle qu’il aurait dû épouser dès le début. Maigre cercle argentée relique d’un temps passé, écho d’un futur aboli. Et c’est pour ça, qu’il le chérit autant, parce qu’il ne peut plus avoir ce qui aurait dû être sien - un père, une épouse, une famille heureuse. Et il fourre le papier dans la main timide de l’oubliée, l’attrapant d’abord par le poignet, avant d’ouvrir ses doigts d’une délicate caresse. Et son sourire, idiotement béat, s’amplifie devant son visage éclairé par l’objet offert - simple croquis de son reflet bafoué. « Je l’ai dessiné à A-Azurite, après notre rencontre. » Il bafouille, il parle vite, mais son regard pétille, teinté des liqueurs plus tôt avalées. Il l’observe si bien, marquant dans son esprit chaque détail de sa peau, chaque rictus de son visage heureux. Il a le palpitant qui se réchauffe, et le corps qui vibre, heureux enfant comblé par la vision de cette pieuse demoiselle. « J’espère que ça te plait. » Et il a le regard qui pétille d’avantage, et le visage qui s’illumine, écho de sa propre lumière solaire. Mais tout s’effondre lorsqu’une terrible idée lui traverse l’esprit, et il s’avance d’un pas vers elle, le visage triste, le regard éteint. Sa main, hésitante, tombe contre son corps après avoir cherché à attraper la sienne - mais il s’est résigné, se rappelant qu’il ne méritait pas ce contact béni. « Je voulais m’excuser, aussi. » Il baisse la tête, et sa voix se fait plus grave, plus lente. « Je suis un con, et j’ai mal agi avec toi. Tu méritais mieux, j’espère que t’auras mieux. Que Griffith te comblera. » Et l’étoile clignote, perd de sa lumière, tristesse coupable emplissant son cœur malmené. « Je regrette, je regrette tout - tout ce que j’ai pu te faire. Mais c’est pas possible de revenir en arrière, donc j’espère que tu me pardonneras un jour, et qu’aujourd’hui tu m’en veux pas trop. Reste au bal, ne pars pas à cause de moi. » Et la tête de se relever, et les iris de s’accrocher à son visage vestale, et ses lippes de se mouvoir pour laisser échapper un léger souffle. « S'il te plait. »
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earth mutant
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‹ COMPTES : lazar dragomir

‹ AGE : cela fait vingt-sept ans qu'elle a vu le jour, lors d'une belle journée d'été
‹ STATUT : anciennement fiancée à andrei valaeris, la guerre ayant retiré cette première bague en a glissé une nouvelle, par les soins d'isaak griffith
‹ SANG : argent, elle représente l'une des dernières familles nobles de la terre
‹ POUVOIR : le virus lui a fait perdre l'élément qu'elle commençait à peine à apprivoiser ; c'est désormais les métaux qu'elle doit apprendre à faire se plier et se briser sous ses ordres, enduillée par la perte de sa terre chérie
‹ COMPETENCES : altruisme (lvl 4), diplomatie (lvl 5), fraternité (lvl 5), attaquant (lvl 1)
‹ METIER : si elle garde ses aspirations pieuses et généreuses, elle est désormais ambassadrice de la cause d'adonis griffith, envoyée par les soins du prince aux côtés de diana osanos
‹ ALLEGEANCE : elle a envoyé paître ses principes argents, inculqués par défaut ; elle sert la cause d'adonis griffith, le seul à ses yeux digne d'eartanera
‹ ADIUTOR : uc / vert
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MessageSujet: Re: c'est plus facile de rêver à ce qu'on ne pourra plus jamais toucher (brandrei) Lun 22 Jan - 22:52

Une horrible impression de déjà-vu, associée à la désagréable sensation que rien n’avait jamais ressemblé à ça. Le bonheur de pouvoir souffler un instant, et la gêne à la simple idée qu’ils se permettaient telle distraction alors même que dehors, la guerre grondait. Braelyn subissait cette soirée plus qu’elle ne la vivait, sans cesse tiraillée entre mille et un sentiments contradictoires. Elle ne savait que penser de cette fête organisée en l’honneur d’une alliance qu’elle ne savait pas comment considérer. Là aussi, c’était comme deux petites voix qui résonnaient à l’intérieur de son crâne ; la douce et la méfiante, la première qui subsistait encore un peu, la seconde qui prenait de plus en plus de place chaque jour. Perdue, voilà ce qu’elle était. Plus que jamais. Elle avait les efforts que demandait une soirée pareille, s’était apprêtée comme elle l’avait fait des années auparavant ; ce soir-là où c’était ses fiançailles qui avait rempli la salle de bal de Volastar. Sa robe était plus sobre qu’autrefois, plus foncée, aussi. Elle n’avait plus aucun moyen de sophistiquer ses coiffures, ses mèches rendues trop courtes. Les seuls détails qui n’avaient pas vraiment changé, c’était le nombre infime de bijoux qu’elles portaient, et l’expression sur son visage qui trahissait la seule pensée qui faisait sens à cet instant :

Elle ne devrait pas être ici.

Il avait suffi d’une danse presque forcée avec l’empereur et de plusieurs regards à Isaak pour que sa soirée soit définitivement ruinée. Ça n’allait pas, rien de tout ça n’allait. Il semblait surréaliste qu’ici, tout le monde semblait aller bien. Peut-être étaient-ils tous dans la même situation qu’elle, s’efforçant de faire comme si. Mais ils semblaient être plus doués qu’elle, elle qui peinait à sourire alors qu’avant, les sourires lui venaient si naturellement. Elle avait du mal à prétendre que tout allait bien, elle avait du mal à profiter de ses privilèges d’argent dans une atmosphère pareille. Elle but quelque peu. Pas assez pour se sentir euphorique, ou pour lui faire perdre repères et équilibre. La boisson n’eut pour seul effet que de serrer sa gorge et son estomac un peu plus encore, que de la faire réfléchir plus qu’elle ne le devrait. Elle aurait donné n’importe quoi pour pouvoir se détendre, mais son esprit était obnubilé par les affaires politiques dont elle n’aurait qu’à peine osé penser quelques mois à peine auparavant, mais qui désormais rythmait sa vie, petite ambassadrice de la terre, prêcheuse de la cause d’un autre, liaison entre nations, dont la parole ne lui appartenait qu’à moitié. Elle ne savait plus s’amuser, elle désapprenait à sourire. Elle mourrait, à petit feu, donnant naissance à une personne qu’elle appréhendait de rencontrer, sans réellement savoir à quoi elle devait s’attendre. Elle savait grâce aux histoires qu’on lui avait raconté que la guerre changeait les gens ; elle ne savait pas que ce changement était si flagrant, et qu’il touchait même ceux dont la seule arme était leur voix.

Alors elle part.

Elle pose simplement son verre, ne prévient personne. Elle replace une de ses boucles ébène derrière son oreille avant de se mettre en marche, de sa démarche habituelle, aérienne et silencieuse. Elle ne se rend compte qu’une migraine l’avait saisie au moment même où elle quitte le bruit de la grande pièce et que le calme se fait autour d’elle, alors qu’elle gagne les couloirs et qu’elle s’engage dans les dédales qu’elle doit suivre pour retrouver la chambre qu’il lui avait été donné. Elle est tellement concentrée sur le calme dont elle a besoin qu’elle se l’invente, qu’elle se le crée, et qu’elle n’entend qu’à peine la voix qui l’interpelle derrière elle. Elle ne prend conscience de la présence que lorsqu’elle sent une main sur son épaule, et qu’elle manque de sursauter. Elle détaille le visage d’Andrei quand elle le voit, et le sourire qu’il lui adresse n’a de mérite que d’en faire naître un sur les lèvres de Braelyn ; capacité qu’il ne possédait pas auparavant, lui qui ne la faisait pas sourire pour le moins du monde, dans un autre temps, dans une autre vie. Elle l’avait déjà revu, depuis cette discussion étrange à Azurite, mais c’était la première fois depuis son arrivée au royaume des cieux que le sujet de leur conversation avait si peu de chances de porter sur les affaires de leurs deux nations. Elle fronce les sourcils alors qu’il parle, et elle baisse ses yeux sombres sur sa main pâle, à lui, qui fouille sous ses vêtements. Elle reporte son attention sur lui quand il mentionne la bague qu’elle lui avait rendu, mais elle n’a ni la force, ni l’envie de le reprendre sur un point : il ne s’était en aucun cas s’agit d’un cadeau. Il n’avait été question que de lui rendre ce qui lui revenait de droit. Son cœur saute et se sert au contact inattendu de sa peau sur la sienne, de ses doigts autour de son poignet, et elle met du temps avant de pouvoir se résoudre à cesser de le regarder. Cela faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas vu comme ça. Léger, heureux. Délivré du poids qu’elle savait être le sien. Elle déplie le papier qu’elle tenait désormais, et elle saurait trop dire l’air que revêtu alors son visage. Il dut cependant être quelque peu ébahi, puisque le maître en face d’elle se sentit obligée de lui offrir des explications. Elle les accueille d’un léger sourire qu’elle ne force pas le moins du monde, alors qu’elle passe en revue chaque trait, chaque forme qui représentait son visage. On la reconnaissait parfaitement, peut-être même plus que sur certains tableaux. Elle se surprend à se dire qu’il la connaissait par cœur, et surtout, elle se surprend à s’en sentir flattée. Elle essuie l’inquiétude du solaire en secouant lentement la tête, avant de lâcher dans un souffle quelque chose qui, elle se souvient, devait ressembler à : C’est splendide. Pas son visage, non, mais les coups de crayons qu’elle l’imaginait donner sur le papier. Elle se demandait s’il avait tout de suite repris cette passion qu’elle lui connaissait, une fois réveillé. Un nouveau souffle pour un Merci., qui lui vient du fond du cœur, mais qu’il coupe presque alors qu’il s’avance. Près. Très près. Trop près ? La dame n’en savait rien. Elle ne voit que les saphirs de ses yeux, qui n’étaient plus aussi lumineux que quelques secondes à peine auparavant, et ses lèvres dont on avait retiré le sourire. Le sien aussi se fane, alors qu’il reprend. Elle ne le quitte pas un seul instant du regard, alors même que le sien se rive sur le sol. Andrei… Elle tente de le couper, mais il continue. Elle aurait dû s’en douter. Cet homme n’en faisait qu’à sa tête. Elle baisse les yeux vers son alliance quand elle entend le nom de Griffith, elle se demande même si elle aura l’occasion de l’épouser un jour. Et alors qu’il continue de parler, Braelyn sent ses orbes lui piquer, sa gorge se rétrécir. Elle doit serrer les dents pour résister aux sanglots qui arrivent, pour une raison qu’elle ignore. Est-ce parce qu’il lui rappelle un passé qu’elle aimerait oublier, où parce qu’il parlait si lentement, parce qu’il avait l’air si sincère, si triste, si loin. Plus rien n’avait de sens, plus rien, même pas les souvenirs auxquels elle ne faisait plus confiance, parce tout était si différent, tout avait un goût si amer, parce tout était si étrange. Je – Sa voix est brisées, comme enserrée par un chagrin acéré dont elle ne connaissait pas la source. Elle passe son index sous son nez, range une mèche derrière son oreille, sans trouver le moindre moyen d’échapper à ses iris. Je suis fatiguée, Andrei. Elle n’avait plus la force de rien. Sa migraine s’amplifiait, ses jambes cotonneuses lui faisaient mal – et ce cœur, ce cœur qu’elle ne comprenait plus. Elle déglutit du mieux qu’elle peut, avant de jeter un rapide coup d’œil autour d’elle, comme si elle ne voulait pas qu’on la voit là. L’ambassadeur, lui, avait toujours l’air perdu qu’elle ne lui connaissait pas. Il y avait tant de choses qu’elle ne connaissait pas d’Andrei Valaeris. Et pourtant. Est-ce que – Elle se coupe, encore une fois. Qu’avait cette gorge à être si serrée ? Est-ce que tout va bien ? Tu veux marcher un peu, prendre l’air ? De l’air. Elle espérait qu’il dise oui, parce qu’elle avait désespérément besoin de respirer. Elle espère qu’il ne trouve pas étrange qu’elle s’inquiète. Elle espère, sans qu’elle ne le comprenne ou ne le veuille vraiment, qu’il la connaît suffisamment pour savoir qu’elle ne pouvait pas s’en empêcher. Même pour lui. Surtout pour lui.
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air mutant
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MessageSujet: Re: c'est plus facile de rêver à ce qu'on ne pourra plus jamais toucher (brandrei) Dim 28 Jan - 12:23

Son regard est lourd, ronds encriers qui ne semblent pas vouloir se détacher de ce visage couleur céramique. Il lui pèse sur les joues, il lui brûle l’épiderme, mais il l’emplit d’une alacrité légère gonflée par l’ivresse de cette soirée. Mais lui non plus, il la lâche pas, ses quinquets d’azur qui lui étreignent ses traits couleur nuit. Et le spectacle qu’elle lui offre réchauffe son cœur grisé, lumière mystifiant la demoiselle et son visage enjoué. « C’est splendide. » qu’elle lui souffle, le regard arraché à lui, mais embrassant avec admiration la simple feuille qu’il garde sur lui depuis plus d’un mois. Il aurait pu le ranger quelque part, ce papier gribouillé, là où ses anciens dessins siégeaient désormais, dans des carnets, dans l’ombre de ses souvenirs. Mais il l’avait gardé avec lui, précieusement. Il le sortait, de temps à autre, quand on le regardait pas, quand on ne pouvait le surprendre à ce remémorer cette femme qui aurait dû être sienne s’il n’avait pas tout envoyé en l’air. Quand Yeva n’était pas à ses côtés, quand Feyre ne ronronnait pas auprès de lui, il s’asseyait et d’un air pensif, d’un air mélancolique, admirait les traits qu’il avait tirés, et sur le visage délicat, et sur la vie qui aurait pu en découler. Au fond de lui, peut-être, espérait-il revoir cette ennemie tendrement appréciée, et lui donner ce bout de papier froissé, qui n’avait pas vraiment de valeur, si ce n’est la sentimentale de son palpitant regrettant.
« Merci. » souffle étouffé par l’homme qui se rapproche d’elle, la liesse de son cœur éteinte, les frémissements de son corps ne naissant désormais plus que sous les sentiments mauvais. Il essaye de l’attraper, de toucher sa peau, de se voir oint par ses caresses, mais il abandonne avant même d’y arriver. Parce qu’il le mérite pas, et c’est ce qu’il lui dit. Il s’excuse, malheureux chaton regrettant amèrement son passé misérable. Il s’en veut, il s’en est toujours voulu, et l’alcool de la soirée le libère de cette frustration de ne jamais pu lui avoir avoué tout ceci. Alors il parle, la voix tremblante, et il baisse la tête, et il regrette tant. « Andrei… » Il ne l’écoute pas, il continue d’articuler ses ivresses. Il la supplie, il l’embrasse de ses vœux de bonheur, il ne veut que le meilleur pour elle - à défaut de n’avoir pu lui donner. Il la voit enserrer son alliance, et son cœur se serre d’avantage. Il a mal, de la voir ainsi donnée à un autre. Il a mal d’avoir été donné à une autre. Parce qu’il a été impulsif, parce qu’il n’a pas réfléchi. Ou peut-être, au contraire, qu’il a trop réfléchi. Enfant endeuillé, artiste bafoué, qu’il n’a pas su voir le miracle qui se tenait à ses côtés, autrefois. Maintenant, elle se tient en face de lui, leurs mains liées à d’autres, seuls les souvenirs les tiennent encore. Il devrait la laisser partir, pour elle, pour lui, pour eux tous, mais le prince ne peut se résoudre à abandonner sa précieuse persiflée. Il a mal, et il est le seul instigateur de son malheur - voilà pourquoi il ne peut s’en vouloir que plus. « Je -- » Fissure qui éteint ses mots avant leur naissance. Il a relevé la tête, et il voit son regard coloré par les perles salées, et il n’en a que plus mal, en son cœur qui se comprime. « Je suis fatiguée, Andrei. » Et par ces quelques mots, elle le brise, parce qu’il comprend qu’il n’aurait pas dû dire ça, que les émois qui le hantent depuis leur dernière entrevue ne sont pas réciproques. Parce qu’elle est heureuse sans lui. Parce qu’elle le hait tant, et qu’elle ne veut plus le revoir. Qu’il lui a fait trop de mal, et que c’est trop tard pour réparer ces erreurs. Et il capte son regard inspectant les environs, et il a le cœur qui se brise, parce qu’elle ne veut pas être vue avec lui. Parce qu’elle en a honte. Ou alors cherche-t-elle de l’aide, un moyen de s’échapper à lui. L’oiseau est blessé, plus qu’il ne l’aurait voulu, et il a envie de fuir, de laisser la vestale en paix, de se cacher et ne plus jamais l’importuner.
« Est-ce que -- » De nouveau, les mots s’envolent et s’accrochent au myocarde malmené. Et les lacs orageux s’attachent à ce visage inespéré, et les articulations qu’il prononce, et l’espoir renait en lui, aussi vite qu’il ne s’était éteint. L’ivresse le malmène, lui et ses passions interdites. Il est perdu, ne sait plus quoi penser, mais il s’accroche à elle, il s’y suspend, il ne veut pas lâcher. Pas elle. Plus maintenant. « Est-ce que tout va bien ? Tu veux marcher un peu, prendre l’air ? » Et le sourire refait surface, et les nuages quittent les azurs béats. Il acquiesce vivement, et attrape son bras qu’il glisse contre lui, qu’il tient fermement. « Allons chercher la Lune. » Qu’il murmure avant de s’échapper, de fuir cette grande salle qui trônait encore dans leur dos, de détaler loin de tous les autres. Il marche, gaiement, elle contre lui. Et le contact, nouveau, est tout aussi grisant que les liqueurs royales. Parce qu’il ne l’a jamais tenue ainsi, et qu’il aime ça pourtant. Qu’il aime leurs mains l’une contre l’autre, ébène et porcelaine, harmonie admirable. Et qu’il aime sentir ses doigts tremblants au creux de son coude, qu’il aime savoir qu’il est celui qui la guide dans la nuit, et qu’elle le suit, sans se retenir. Qu’il n’a plus besoin de canne, parce qu’elle est là. « C’est mieux quand on la voit. Comme à Azurite. Tu te rappelles, quand on s’est vus à Azurite ? Il faut que ça soit pareil. » L’ivresse délit la langue, et les mots s’envolent dans l’immensité obscure, et les jardins d’Aerinstin s’offrent enfin à eux. L’hiver a déposé son blanc manteau sur les arbustes, et les tenues de bal ne sont plus appropriées. « Oh. Attends. » Il la lâche, et il disparait, revenant sur leurs pas. Il en galope presque, si ce n’est sa maudite jambe qui traine. Il remonte en vitesse les nombreux escaliers, rentre avec précipitation dans ses appartements, et retourne tout aussi rapidement auprès d’elle. C’est là où il l’a laissée qu’il la retrouve, et avec un sourire délicat, il dépose la fourrure sur les épaules de Braelyn. « Il ne faudrait pas que tu attrapes froid. » Fille de l’été et des champs ensoleillés, la neige et le froid ne sont pas siens. Lui, il connait, il n’en a pas peur, des flocons et des frissons. Alors il veillera sur elle.
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MessageSujet: Re: c'est plus facile de rêver à ce qu'on ne pourra plus jamais toucher (brandrei)

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c'est plus facile de rêver à ce qu'on ne pourra plus jamais toucher (brandrei)

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