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(bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change

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‹ MESSAGES : 1792
‹ AVATAR : candice patton
‹ CRÉDITS : vs (vavas & gif), endlesslove (signa)

‹ AGE : cela fait vingt-huit ans qu'elle a vu le jour, lors d'une belle journée d'été
‹ STATUT : annulaire de nouveau garni, ses troisièmes fiançailles conclues, son nom n'est plus à perdre
‹ SANG : argent, la dernière à porter son nom, l'une des trois à ne pas être tombées dans la disgrâce
‹ POUVOIR : le virus lui a fait perdre l'élément qu'elle commençait à peine à apprivoiser ; c'est désormais les métaux qu'elle doit apprendre à faire se plier et se briser sous ses ordres, enduillée par la perte de sa terre chérie
‹ METIER : ambassadrice de la couronne d'eartanera, elle relaie et participe à entretenir la paix ; paix qu'elle chérit, malgré son implication dans l'armée
‹ ALLEGEANCE : adonis griffith, son roi, ami précieux ; eartanera, terre mère dont elle se s'éloignera pas, à laquelle elle est dévouée corps et âmes
‹ ADIUTOR : isis, à la fois son double et sa moitié. liées depuis dix ans, elles n'ont que très rarement été éloignées l'une de l'autre depuis le jour de la cérémonie. combinaison parfaite, alliance indestructible, elles sont un tandem solide. la jaune est sa plus précieuse amie - une seconde soeur, la seule qui lui reste.
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MessageSujet: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Dim 5 Nov - 11:50

Braelyn distribuait autant de sourire que de couvertures, à tout ces pauvres gens de sa nation qui ne pouvaient ni se chauffer, ni s'éclairer, depuis que l'énergie que leur fournissait la nation du feu leur avait été coupée. L'esprit de la jeune femme était trop embrouillé pour se souvenir de qui, de Thomas ou l'empereur, avait décidé de priver l'autre de ses ressources primordiales en premier. Toujours était-il que la guerre avait officiellement commencé. Si elle n'avait pas encore versé trop de sang, que ce soit sur les plaines d'Eartanera ou les déserts de Flamaerin, elle provoquait déjà famine et froid insupportable, deux fléaux qui pouvaient s'avérer être tout aussi meurtriers que des bombes ou des coups de couteaux. Elle regardait son peuple frissonner sous le vent de ce début d'automne alors que la nuit commençait à tomber dans cette petite ville au Sud de Biogehira, alors qu'elle-même s'était vue offrir une fourrure assez imposante pour protéger son cou et ses épaules. Les Wheatdrop avaient vite et unanimement décidé qu'il n’existait pas de version de l'univers où ils ne viendraient pas en aide au reste de son peuple quand cela s'imposait, et aussi avaient-ils immédiatement pris la route, accompagnés de tout ce qui pourrait être utile, pioché dans les réserves de leur château de marbre ou acheté sur les marchés trop coûteux pour les miséreux.

Braelyn s'efforçait de paraître aussi douce et paisible qu'elle l'avait toujours été. C'était comme ça que beaucoup se plaisaient à l'appeler. La douce Braelyn. Cette femme qui ne manquait jamais un sourire, qui marchait si gracieusement, dont les gestes étaient si légers. Elle s'imitait à la perfection, alors qu'à l'intérieur, elle bouillonnait. Elle sentait la rage et la colère monter, petit à petit, comme de l'eau dans une baignoire. Il était difficile de voir le niveau augmenter, mais il suffisait de l'ignorer un instant pour se rendre compte, une fois le regard reporté dessus, qu'il était plus haut que quelques minutes auparavant. Elle avait d'abord surpris quelques larmes enragées apparaître au coin de ses yeux quand elle pensait à la paix qu'ils avaient tous perdue. Puis sa mâchoire s'était serrée, son ventre s'était noué, sa peau avait chauffé. Jusqu'à la soirée précédent le départ de leurs carrioles, où elle aurait juré avoir senti le sol de sa grande chambre trembler alors que son esprit était envahi par sa haine grandissante envers la nation du feu et tous ceux qui la représentaient. Depuis, il semblait que la rage ne l'avait pas quittée. Elle était en permanence en train de ressasser les noms de ceux qui ne méritaient que son courroux, de se rappeler que l'enfant de la Paix qu'elle était ne pourrait plus jamais se vanter de ne pas avoir connu la Guerre. La Guerre, elle la détestait, ne la comprenait pas, mais il semblait pourtant étrangement évident que celle-ci ait lieu. Elle avait peur, la femme d'ébène. Elle avait peur pour les siens, elle avait peur pour sa belle Askana.

Bientôt, la foule qui s'était pressée devant elle s'estompa, et finit par s'annihiler. Elle avait encore quelques couvertures dans les bras quand elle jeta un regard aux autres files organisées autour du reste de sa famille. Les visages creusés se ressemblaient tous, ternes au milieu de toute cette verdure qui les entouraient. Elle doit traverser quelques unes des files pour rejoindre la plus longue, celle qui attendait la bonté d'Helana. Elle profite de passer parmi les gens pour distribuer les sept morceaux de tissus épais qui lui restaient, allégeant la foule de quelques foyers. Que les Sept vous protègent. Elle répétait cela à chaque fois qu'elle offrait la moindre petite chose, priant elle-même de voir ses dieux leur venir en aide, à tous. Finalement, elle atteint l'endroit où sa chère cousine était postée, elle qui fournissait manteaux et écharpes. Elle ne lui adresse qu'un rapide sourire avant de s'emparer de l'un des tas qu'elle avait formés, et de commencer à l'aider dans son travail. Que les Sept vous protègent. Que les Sept vous protègent. Que les Sept vous protègent. Te rends-tu compte du nombre de gens que les Sept seront obligés d'ignorer, Helana ? Sa question n'avait été qu'un murmure, que seule son aînée avait pu entendre, réticente à l'idée que quiconque d'autre puisse savoir que sa foi perdait légèrement de sa brillance.


Dernière édition par Braelyn Wheatdrop le Dim 17 Déc - 11:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Jeu 9 Nov - 17:38

Du monde. Il y en a beaucoup. Et trop. La file devant elle semble ne pas avoir de fin. Un visage en remplace un autre, remplacé par un autre, remplacé par un autre. Ils finissent par tous se ressembler. Ils sont blonds et bruns, blancs et noirs, hommes et femmes, jeunes et vieux. Ils sont tous dévorés par la même entité misérable. Ils l’incarnent, ils la respirent. Les corps frissonnent déjà sous la morsure d’un froid qui s’installe. Il sera bientôt là, vague déferlante et glaciale, et entrainera son lot d’âmes dans son sillage. Dans la nation de la terre, on craint moins la mort qu’ailleurs. Retourner en son sein est naturel, normal. Mais on n’enlève pas la peur, on l’adoucit. Pour beaucoup, on la camoufle et on la cache, on s’affiche brave et fier et on hurle de terreur quand la fin arrive. Il n’y a aucun honneur à mourir de froid. Il n’y a pas non plus d’honneur à mourir au milieu de soldats innombrables et anonymes. Et il est certain que la guerre crèvera les hommes. « Que les Sept vous protègent. » A force de le répéter, les mots perdent leur sens. L’automatisation s’installe et les pensées s’envolent ; on ne sait plus ce qu’on dit puisqu’on l’a trop répété. Ca sort tout seul. Elle a beau essayer de se reconcentrer, personne ne peut tenir. Personne ne peut se souvenir de chaque visage, chaque expression. Ils se ressemblent tous et c’est normal : ils sont dans la même situation. C’est terrible. C’est immonde. L’Homme est capable du pire comme du meilleur. Pour en arriver là, il a tout de même fallu commettre bon nombre d’erreurs (dont beaucoup sont stupides) qui auraient pu être évitées. On ne refait pas le passé. On construit le futur dans le présent. On peut donc faire comme les Wheatdrop et consacrer une partie de ses richesses à donner des fournitures aux nécessiteux. On leur donne des couvertures parce qu’ils ont froid, de la nourriture parce qu’ils ont faim. Ils défilent, ils défilent, ils défilent. Et ça ne s’arrête pas. Helana a plus l’habitude d’entrainer les enfants de Biogehira au combat (et en profite largement pour leur transmettre ses principes). Elle préfère donner à l’homme les moyens de l’autonomie. A eux de s’en servir ensuite. Mais il y a des situations de fait qui obligent à intervenir d’une autre manière, plus aidante, mais aussi infantilisante. En tant que Wheatdrop, elle se doit tout de même d’y participer et ne peut de toute façon nier la nécessité de la chose.

Braelyn l’a rejointe. Comment est-elle parvenue à arriver au bout de sa file ? La sienne semble ne pas vouloir s’épuiser. Tellement que son stock de couvertures disparaitra avant ces pauvres hères. Sa cousine est certainement plus habituée qu’elle. Il faut dire que Brae a toujours été le calme quand Helana incarnait la tempête. Elle a toujours su mieux incarner la générosité, la piété de leur famille. La lionne, elle, était – est toujours – cet âme à part au milieu des Wheatdrop, qui a toujours eu à contenir une colère dévorante face à ce qu’elle considère comme une injustice profonde. Braelyn est comme on perçoit la terre. Calme et aimante, rassurante et sensible, elle est la Mère. Son regard noir se pose sur sa cousine tandis que ses mots accrochent son oreille. Ses sourcils se froncent. Bien sûr que les Sept ne pourront pas sauver tout le monde. Ce n’est pas aux Sept de le faire. Mais ce n’est pas ce qui attire son attention. Elle croit percevoir chez sa cousine quelque chose de trop familier. La colère. La colère murmurée de la bouche d’une fée. Elle comprend que Braelyn entre en guerre contre la guerre. C’est un combat qui n’a pas de fin. Elle a raison et c’est un fait. Ils ne pourront pas sauver tout le monde. Ni les Wheatdrop, ni elles, ni personne. Et ça l’enrage, aussi. Ca l’exaspère, la frustre et l’horrifie. Mais la colère, elle en a l’habitude – si tant est qu’on puisse l’avoir. On sait qu’Helana fait trembler la terre dans ses strates les plus profondes ; un tremblement imperceptible, mais toujours grondant. « Ce n’est pas en suivant leurs préceptes que nous en sommes arrivés là. » Les deux cousines continuent de donner leurs fournitures aux nécessiteux. Leurs tas diminuent à vue d’œil et bientôt, elles n’ont plus rien. La foule les laisse enfin respirer. « Suis-moi, » intime Helana. Le murmure de sa cousine, elle l’a ressenti comme le besoin de se livrer à quelqu’un. Et qui mieux qu’elle pour appréhender la colère ? La lionne prend donc un chemin les conduisant dans un coin plus tranquille avant de demander : « Comme te sens-tu, Brae ? » Ses yeux noirs se plantent dans ceux de sa cadette comme s’ils pouvaient lire en elle. Elle est sans détour, droite, directe. Et pourquoi faire ? Sa cousine est faite de la même glaise.
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Ven 24 Nov - 21:55

Elle ne trouve rien à redire à la remarque d'Helana, et Braelyn se contente de la regarder pendant une courte seconde, avant de reporter son attention sur la foule. Elle force un sourire, qui cache la boule qui s'était formée au creux de sa gorge, qu'elle tente pourtant de chasser. Elle avait l'impression que tout s'effondrait. La petite avait été élevée dans la foi la plus pure, dans la foi la plus vraie. Elle était le pilier de la vie qu'elle avait jusqu'ici menée, et ce pilier se fissurer un peu plus chaque seconde, à mesure qu'elle prenait conscience de l'impuissance de son Protecteur envers la guerre. Et si même les Sept n'y pouvaient rien, alors qui les sauverait ? Elle a envie d'imprimer chacun de ses visages creusés dans sa mémoire, afin qu'il y ait au moins quelqu'un pour se souvenir d'eux. Il lui semblait facile que les Eartaneriens seraient les premiers à mourir. Ils étaient les parias d'Askana, désormais. C'était sur eux que l'on tirerait en premier, sur lequel on abattrait le courroux de l'empereur en priorité. Ses yeux la piquaient, comme si elle était sur le point de pleurer, mais aucune larme ne daignait couler sur ses joues rosies par le vent froid qui annonçait l'arrivée de la nuit. Elle aurait détestait pleurer devant tous ces gens, de toute façon. Qui était-elle pour se plaindre, elle qui vivait dans un château si immense, protégée par un mêlé, et qui possédait pus de richesse qu'elle n'en aurait vraiment besoin. C'était eux, qui devraient pleurer. Mais elle n'en avait encore vu aucun écraser la moindre larme avec un mouchoir ou la manche de leur manteau. Ils étaient simplement effrayés et fatigués, anxieux à l'idée de voir la guerre arriver. Elle serre les dents alors qu'une fois encore, la rage monte, la paralyse presque, l'empêche de rendre ses gestes aussi aériens et doux qu'à l'accoutumée.

Le tas de couvertures que les deux cousines s'étaient partagé s'épuisent bien vite, mais les gens ne partent pas pour autant. Ils s'éparpillent, s'écartent, entame tout de même le chemin du retour chez eux, mais certains s'attardent. On prend les mains des Wheatdrop, on les remercie, on les bénit à leur tour. Que les Sept vous protègent. Comme beaucoup ces derniers, Braelyn offre quelques sourires sans fond, les sourires qu'elle dessine toute seule, dénué de véritable bonheur ou amusement. Elle s'efforce sans cesse de faire comme avant, mais elle a changé. Elle le sait. Elle laisse Helana emmêler leurs doigts, la suit sans hésiter quand elle le lui demande. Bientôt, elles sont à l'abri des regards et des oreilles, et elle soutient le regard qu'elle plonge dans le sien. Charbon contre charbon, ébène contre ébène. Et vient la question qu'elle redoutait, celle à laquelle elle ne savait pas réellement répondre. Elle prend une grande bouffée d'air, dévie son regard, comme si la réponse se trouvait au-dessus de la cime des arbres qui les entouraient. Ces arbres là avaient connu la guerre. Ces arbres là étaient vieux comme le monde, et tenaient encore debout. Finalement, elle abaisse ses épaules, soudainement fatiguée de se forcer à se tenir droite depuis vingt-sept longues années. Triste. Inutile. J'ai à la fois l'impression qu'il n'y a rien et tout à faire. Que l'on ferait mieux d'attendre la fin cloîtrés chez nous, mais aussi que l'on ne doit pas se laisser marcher dessus par l'Empire. Elle passe une main sur son visage, comme pour en essuyer tous les sentiments que n'importe qui pourrait y lire, trop habituée à les cacher aux yeux du monde. Mais elle sait qu'elle n'a pas besoin de faire semblant devant sa cousine. Je veux faire quelque chose. Je ne veux pas faire comme si la guerre était déjà perdue. Je veux - Elle se coupe quand elle sent la colère l'inonder, elle sent son estomac se tordre, elle sent sa mâchoire se serrer. Elle ferme les yeux, baisse la tête vers le seul, prend une nouvelle bouffée d'air avant de la relâcher presque aussitôt. Ses yeux sont encore fermés quand elle continue. J'ai envie d'aider. Autrement qu'en donnant des couvertures et des bougies, Helana. Il m'est insupportable de rester ici et à confortablement m'installer pour assister au massacre. La rage est toujours là, ne semble pas décidée à partir. Et c'est quand elle pense au chaos qui pourrait bientôt submerger sa nation toute entière qu'elle craque, et que la terre tremble, doucement, presque imperceptiblement. Elle pince les lèvres, et elle prie pour qu'Helana n'ait rien senti. Mais elle en doute fort. La terre, Helana la connaît. Elle est plus forte en elle qu'en n'importe lequel des autres membres de leur génération. Mais elle ne veut pas en parler. Elle ne veut pas briser encore un peu plus l'image douce et calme qui l'enveloppait si bien depuis sa venue au monde. Elle ne voulait pas laisser gagner ce monstre haineux qu'elle était en train de devenir.


Dernière édition par Braelyn Wheatdrop le Dim 17 Déc - 11:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Mar 28 Nov - 16:12

La guerre n’a rien à voir avec la religion. Ce ne sont pas les Sept qui ont conduit Aksana jusqu’ici. C’est parce que l’homme s’en éloigne au profit de son ambition qu’il provoque des conflits qu’aucune raison valable ne justifie. Pour son confort, il est prêt à faire crever des milliers de personnes sans le moindre rapport avec ses envies simplement parce qu’elles ont le malheur d’exister. Correction : simplement parce qu’il a le malheur d’exister. Il n’y a pas grand-chose à dire sur les Sept. Ils n’y sont pour rien, ils n’ont donc pas à intervenir. On bafoue leur existence, on viole leurs préceptes à la pelle et on finit fatalement par récolter ce qu’on a semé. Si l’homme n’a pas encore appris cette leçon, elle s’imposera de force. Dans une guerre, personne n’est gagnant. Les différents camps tremblent de haine et de soif de sang face aux autres, qui le leur renvoient bien. Braelyn se confie. Elle laisse à Helana l’occasion de saisir le fil de ses pensées, qu’elle ne comprend que trop bien. Sa cousine s’est déjà engagée sur le chemin des choix avant même qu’elle ne s’en aperçoive. Elle se sent triste et inutile. Elle ne veut plus attendre que la vague arrive pour voir ce qu’elle laissera derrière. Elle veut être la vague. Elle veut être dedans. Le visage d’Helana reste de marbre tandis que ses oreilles reçoivent bien ses confessions. Son cerveau les traite comme elles viennent. Et ses lèvres se pincent finalement. C’est qu’elle sent la terre trembler. Elle ne peut que le sentir, puisque cette fois-ci, ce tremblement ne vient pas d’elle. La lionne sait à quel point se contenir peut être difficile – elle le fait toujours. Elle n’a pas envie que sa cousine, la douce Braelyn, s’oriente sur ce chemin. Pourtant, il est bien évident qu’elle s’y est déjà engagée. Et elle comprend bien les raisons entrainant sa cousine à vouloir faire quelque chose. Elle a bien raison. A quoi servirait-elle, sinon ? Dans de telles situations, les pacifistes peuvent-ils réellement se permettre de l’être ? Ceux qui ont conscience que toute vie a la même importance ne peuvent pas autoriser qu’on l’enlève si facilement et pourtant, en entrant dans ce jeu, ils n’en deviennent que de nouveaux pions. Le choix n’est donc pas aisé, mais il n’est pas sensé l’être de toute façon. « Tu es en colère. » C’est la terre qui a parlé à la place de Braelyn, et la terre ne saurait rien dissimuler à Helana. Mais ce n’est pas grave. L’état de sa cousine est compréhensible, et il serait même inquiétant qu’elle ne se pose pas tant de question, qu’elle ne soit pas animée par le besoin de faire quelque chose. Autre chose que d’aider en donnant des couvertures, bien qu’il s’agisse là aussi d’un indispensable.

« Que comptes-tu faire, alors, Brae ? » A bien y entendre, Helana ne donne pas l’impression d’attendre véritablement une réponse. Il est en revanche important que sa cousine cherche à en trouver une. Sans quoi elle risque de se perdre et il n’y aura qu’elle pour se sauver. « Il n’y a que toi pour répondre aux questions que tu te poses. Et s’il te prend l’envie de te reposer sur quelqu’un, tu sais que tu peux compter sur moi. » Helana sourit. Mais le plus important, c’est que Braelyn puisse compter sur elle-même avant tout. Quant à la lionne, tout comme les autres Wheatdrop, elle ne pourra qu’accepter son choix. Peu importe celui qu’elle fait : n’est pas Wheatdrop qui veut, et on le demeure toute sa vie. Ils ont beau tous êtres très différents – et il n’y a qu’à voir la différence entre Helana et sa propre sœur – ils demeurent une famille qui tient sur chacun de ses membres, qui n’ont jamais trahi. « Et si tu es énervée au point d’en faire trembler la terre, je pense pouvoir t’aider. » Bien sûr, qu’elle peut. Elle a passé son enfance à faire trembler les murs de sa demeure et des monastères, galvanisée par l’énergie monstrueuse que la terre lui envoyait, épuisée par la colère infinie qui l’animait et finalement incapable de s’octroyer un repos salvateur. Ses accès d’énervement ont explosé des murs et ont plusieurs fois manqué de la tuer elle-même. Helana sait ce que le fait de ne pas savoir contrôler ses émotions par rapport à son élément peut engendrer. Elle en est une rescapée. Elle tend donc une main aidante à une Braelyn tout à fait en droit de refuser si elle estime ne pas en avoir besoin. Elle précise néanmoins : « Ce ne sera pas facile. Tout le travail sera pour toi. » Et c’est d’autant moins facile quand on est un Wheatdrop. La terre est forte chez eux, et la colère peut la rendre indomptable.
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Dim 17 Déc - 12:03

Tu es en colère. Ça n’avait rien d’une question. Helana avait deviné, avec la plus fine des justesses, tout ce que Braelyn stockait en son sein, se retenant d’exploser à la moindre contrariété. Elle hoche simplement la tête en guise de réponse à l’affirmation de sa cousine. Elle n’avait pas besoin de plus confirmation que cela ; elle le savait. Elle avait elle aussi senti la terre que Braelyn avait faite trembler ; la Wheatdrop qui lui faisait face était l'une des plus sensibles à cet élément qui était le leur. Elle se souvenait comme les adultes parlaient d'elle, parfois, inquiets de savoir qu'elle avait le pouvoir de faire s'écrouler la citadelle si elle venait à perdre le peu de contrôle qu'elle savait garder. Helana était cet être sauvage qui naissait toute les deux ou trois générations, un roc si facilement ébranlable. Elle savait de quoi elle parlait, et Braelyn savait qu'elle pouvait lui faire confiance – au moins à elle. Oui, elle était en colère. En colère d'être privilégiée dans un conflit qui de toute façon ne l'épargnera pas, mais de façon tellement moindre que tous ces gens qui s'agglutinaient en face des Wheatdrop quand ils arrivaient dans leur ville, accueillis, à tort, en sauveurs. En colère contre les Oshun dans leur intégralité, en colère contre Thomas qui ne valait pas mieux qu'eux. En colère contre les Sept qui ne pourraient rien faire que de regarder leurs petits pions s'entretuer, les punissant tous pour les erreurs que si peu avaient commises. En colère contre la mort qui bientôt viendrait tous les récolter si pas un seul homme sage ne tenterait pas de tout régler. En colère contre elle, elle qui s'en voulait de vouloir faire partie d'un mouvement qu'elle exécrait, qui s'en voulait d'être animée par la violence que les siens repoussaient. Elle sent la terre s'apaiser, cependant, comme si se libérer de ce poids suffisait à la calmer. Braelyn savait, cependant, qu'elle aurait vite fait de revenir au galop, plus grondante que jamais.

Que comptes-tu faire, alors, Brae ?  La question d'Helana ne suscite aucune réponse évidente chez Braelyn, qui encore secoue la tête, à la négative cette fois. Son regard continue de fuir, s'attardant inutilement sur des éléments qu'elle connaissait par cœur ; des maisons, des arbres, le sol sableux, tout était soudainement sujet à son attention. Il y avait tellement de choses à faire. Tant de chemins se dessinaient, elle n'avait que l'embarras du choix. Elle pouvait continuer de faire ce qu'elle savait faire de mieux ; prier et bénir, implorer les Sept pour leur pitié et leur bonté, servir leur volonté comme elle l'avait toujours fait dans l'espoir de regagner l'amour qu'ils portaient autrefois sur Askana et arrêter le massacre avant même qu'il ne commence réellement. Elle pouvait faire comme si de rien n'était, passive d'une guerre dont elle ne voulait pas et qui la révulsait, rester au sein des murs de pierre qui l'avait vue grandir, en espérant que personne ne vienne l'y trouver pour lui retirer sa vie d'argent – car on voudrait la lui retirer, à elle aussi, peu importait son idéologie et son rang. Il n’y a que toi pour répondre aux questions que tu te poses. Et s’il te prend l’envie de te reposer sur quelqu’un, tu sais que tu peux compter sur moi. Elle repose son regard sur Helana, mélange leurs iris sans le vouloir, et elle lui rend un sourire léger, triste et absent, son esprit encore occupé. Elle pouvait aussi se battre. Cette simple pensée suffisait à faire accélérer le rythme de son myocarde, à faire se redresser la terre rendue paisible par la secousse qu'elle avait laissé s'échapper, et elle le sentait, allumer son regard d'une lueur qui n'avait jamais réellement briller chez Braelyn. Elle pourrait ne pas plier ; elle était faire de terre et de pierre, et seul les roseaux pliaient. De nouveaux mots de sa cousine atteignent ses oreilles, et la pieuse prend une grande bouffée d'air, le plus discrètement possible. Elle avait un problème, un problème qu'elle devait maîtriser. Il était grand temps que la terre devienne autre chose qu'une amie ; il fallait qu'elle devienne alliée. Elle chasse les avertissements d'Helana d'un doux, aérien geste de la main. Ça ne fait rien. Il le faut. Elle ne pouvait pas rester comme ça ; les Sept seuls savaient ce qui pourrait advenir alors. Je te fais confiance, Lana. Plus qu'à quiconque.
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Jeu 28 Déc - 20:45

« Je vois que tu es aussi déterminée. » Ses lèvres sont parées d’un fin sourire. Elle a les sourcils à peine froncés. Les yeux sont fermement ancrés dans ceux de sa cousine. Braelyn est en colère à en faire trembler la terre et souhaite maintenant se maitriser. Il est vrai que cette douce-là n’a jamais participé aux diverses classes dont Helana s’est occupée, apprenant à qui le veut – des enfants, principalement – l’art du combat. Mais il ne s’agit pas ici d’apprendre à sa cousine ledit art : il est question de l’accompagner dans la reconnaissance et l’appropriation naturelles de la maitrise de soi. Et c’est elle qui s’en occupe ? C’est une blague ! Elle n’a jamais été capable de se maitriser que grâce à Circe. Comment pourrait-elle l’apprendre seule à Braelyn ? Toujours est-il que sur Terre, personne d’autre qu’elle ne sait si bien contenir sa vraie colère. Personne d’autre qu’elle ne tient solidement sur des bases aussi menaçantes que celles-ci. Si la cousine est atteinte de ce mal en ces temps-ci, elle n’est pas chanceuse. Mais en ces temps-ci, justement, ne pas en souffrir serait inquiétant. Qui pourrait rester de marbre face à la guerre qui gronde ? Qui demeurerait stoïque pas face à l’injustice du pouvoir ? Elle aimerait savoir si ce sont bien ces questions que la belle face à elle se pose. Elle aimerait entrer dans sa tête et son cœur et comprendre ce qu’elle pense et ressent. Elle trouve sa détermination belle et s’émeut de sa dernière déclaration. Helana garde la tête droite. Ses mains se posent sur ses hanches. Une brise agréable vient caresser sa joue. Il est assez étrange pour elle d’imaginer Braelyn continuer à aider purement et simplement son prochain, d’une manière qui lui parait presque innocente. Ca peut paraitre futile, de donner des couvertures. Mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Tout comme il faut que d’autres s’occupent de régler le cœur du problème, et non pas simplement mais nécessairement de subvenir aux besoins primaires. Helana est plus âgée que Brae. Elle a toujours partagé avec elle une relation qu’elle n’entretenait pas avec sa propre sœur cadette. Elle dégageait – dégage encore, mais différemment – une douceur tranquille qui parvenait à la tempérer. Et d’ailleurs, les accidents dont Helana était à l’origine n’ont jamais été particulièrement dangereux ou graves en présence de Braelyn. C’est pourquoi il lui est difficile aujourd’hui de concevoir pleinement que cette cousine soit en colère et peine à se maitriser alors qu’elle l’a senti. Les entrailles de la terre ont cette qualité de ne jamais mentir. Les temps sont vraiment durs. Et il y a fort à parier que les choses ne feraient bientôt qu’empirer. Ce n’est pas bon. Avec tous les récents et profonds changements, on ne peut pas se permettre de compter sur le destin ou le hasard. Tout le monde doit participer. C’est un désastre et malgré tout, il y a une infime possibilité que cela constitue une chance. Elle voit son père, Balian, sage parmi les sages, qui voue son existence au respect des principes des Sept, fermement convaincu qu’ils ont le pouvoir de rendre le monde meilleur – sans doute a-t-il raison. Il y a aussi Elua, son frère aîné, conscient de sa liberté et de celle des autres, digne fils de son père. Et puis Braelyn demeure là, lumière dans l’obscurité, qui ne peut plus supporter de subir simplement la catastrophe du haut de sa tour et d’attendre qu’elle passe. Si le pouvoir doit exister, autant qu’il soit entre les mains d’hommes et de femmes comme ceux-là. Sa cousine a raison de lui faire confiance. Helana sera toujours son alliée. Elle lui souhaitera toujours ce qu’elle pense être le meilleur pour elle et respecte ses décisions. Qui serait-elle pour s’y opposer ? De quel droit se le permettrait-elle ? Chacun doit être suffisamment intelligent pour savoir être juge et maitre de ses actions. Braelyn l’est à n’en point douter. La lionne hausse les épaules. Le temps de l’évaluation a cédé sa place à celui d’aider sa cousine, ou tout du moins d’essayer. « Je crois que tu as plutôt bien fait le tour de ce que tu ne veux pas. » C’est un constat évident, mais il lui parait nécessaire de le rappeler. Helana sourit tout de même, comme amusée par un trait d’humour incompréhensible. Elle trouve simplement presque risible de jouer à la sage dans cette situation quand il lui parait évident que Braelyn l’est mille fois plus qu’elle. Quand bien même. Elle donnera le meilleur. « Tu ne veux plus faire ce que tu fais aujourd’hui. Tu as le droit. » On n’a de chaines que celles que l’on se forge. « Tu ferais mieux de te concentrer sur ce que tu veux. » Ce qui nécessite plus de travail que ce que l’on croit. On confond souvent le fait de savoir ce que l’on ne veut pas avec celui de savoir ce que l’on veut. Alors même qu’ils n’ont rien à voir. Et on peut aller beaucoup plus loin en empruntant le second chemin plutôt que le premier, qui ne mène nulle part.
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Ven 19 Jan - 12:41

La présence d'Helana à ses côtés la rassurait plus qu'elle ne l'eut cru. Braelyn n'avait jamais été seule, toujours entourée par le reste de sa fratrie, sur laquelle elle savait pouvoir se reposer. Mais Helana n'avait rien à voir avec aucun d'entre eux. Enfant sauvage, toujours à part, elle ne se rappelait plus même de ce qui les avait rapprochés. Rares étaient ceux aussi différents l'un de l'autre que l'étaient les deux Wheatdrop. Elles étaient presque littéralement le jour et la nuit, le blanc et le noir, antipodes répondant à la loi du magnétisme. Attirées par celle qui leur ressemblait le moins, les voilà toutes les deux à discuter d'un des seuls points communs qu'elles partageaient, nouveau courroux qui naissait au sein de la cadette, colère familière à l'aînée. La pieuse savait qu'elle ne pouvait compter sur quique ce soit d'autre dans cette situation inédite, dans laquelle elle se retrouvait plongée bien trop brutalement pour elle, douce colombe qu'elle était. Ses prunelles n'avaient toujours pas quitté les tréfonds de celles de la cousine quand cette dernière parla à nouveau, et les sourcils de Braelyn se froncent un court instant. Elle n'avait eu qu'à prononcer ces quelques mots pour que dans la tête de la jeune femme se dresse la liste qu'Helana venait d'évoquer, et elle serre les dents pour essayer de se calmer. Elle n'en pouvait plus. La rage qu'elle ne connaissait pas l'épuisait, plus forte que tout ce qu'elle avait jamais ressenti durant les longues années qui la précédaient. Elle ne rend pas son sourire à la lionne en face d'elle, sourire qu'elle ne saisit pas ; mais elle en apprécie tout de même la présence, douceur inattendue au milieu de la gravité de la situation, qui ne parvenait pas à la quitter.  Et vient ce conseil auquel elle aurait dû s'attendre, elle qui aurait été plus que susceptible de le donner elle-même. Elle lâche un léger rire, amer et sec, parce que la réponse lui semblait si évidente qu'elle n'arrivait pas à la formuler. Peut-être Helana avait compris, ce qu'elle voulait, mais qu'elle désirait l'entendre en faire le souhait de vive voix. Et Braelyn ne savait comment mettre des mots sur les désirs que son cœur lui soufflait. Elle replace une de ses longues boucles noires derrière son oreille, avant de fermer les yeux, comme pour sonder son esprit embrumé. Qu'est-ce que tu veux, Braelyn? Je veux la paix. Pourquoi avait-elle eu besoin d'autant de réflexion pour trouver ce simple petit mot, pour faire part de ce souhait qui était à la fois précis et vaste. Ses yeux se rouvrent, et elle sent étrangement plus calme. Et je veux faire partie de ceux qui participent à la répandre. Braelyn Wheatdrop n'avait jamais rêvé de gloire et de pouvoir. Elle n'avait jamais réellement regretté de ne pas savoir utiliser son élément, parce que la guerre lui semblait si loin, et si impossible. La douce n'avait rêvé que d'harmonie et de prospérité, rêve qui ne lui semblait pas utopiste pour un sous, autrefois, quand la guerre était encore une idée abstraite qu'elle n'osait imaginer devenir réelle. Mais ses belles visions s'évanouissaient alors que la guerre arrivait et que la colère jaillissait. Oh, elles étaient toujours là. Seulement, elle prenait conscience qu'elle allait devoir travailler dur pour leur donner ne serait-ce qu'une légère saveur de vérité. Elle prend une grande bouffée d'air avant de continuer, baissant le volume, de peur que les gens qui se pressaient un peu plus loin ne puisse surprendre leur conversation, et s'approche un peu plus d'Helana. Avant que je ne quitte Launondie, Diana Osanos est venue me trouver. Elle n'avait encore parlé de cette entrevue à personne, pas même à son frère auquel elle ne cachait rien, ni même à Isaak auquel elle faisait, malgré tout, parfaitement confiance. Elle ne devrait plus tarder à envoyer son adiutor me trouver à son tour. Il est supposé me donner les coordonnées de la résistance. De sa résistance. Princesse qui s'élevait contre les siens, Reine en devenir, Déesse qui grandissait. Il ne tiendra qu'à moi d'accepter ou non d'aller la rejoindre, peu importe où elle se trouve. Le mêlé l'attendrait à la frontière pendant quelques temps, et ne repartirait qu'une fois assurée de la décision de la maître de la terre. Qu'en penses-tu ?
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MessageSujet: Re: (bralana) there was an earthquake ; there was an avalanche of change Dim 21 Jan - 23:07

A dire vrai, les révélations de Braelyn la prennent de court. Imaginer que sa cousine, sa si douce cousine, puisse prendre au combat pour la paix – quelque chose de si paradoxal – devrait faire tourner la tête à quiconque. Mais l’homme est irraisonnable, et il n’entend parfois que la violence. Un objectif noble justifie-t-il tous les actes ? Elle imagine que Braelyn sait bien faire la part des choses. Helana soupire. Elle comprend ce combat, ce dilemme. Il est constant en elle. Sa douce cousine veut la paix, et c’est une cause louable, infiniment utile à la vie. Elle dit qu’elle veut faire partie de ceux qui sauront la répandre. C’est aussi une chose louable. La lionne perçoit la tension de la jeune femme face à elle. Elle sent sa colère au cœur des entrailles du monde qui menace de les faire exploser. Comme tout Wheatdrop, Brae a un potentiel qu’elle n’imagine pas. Elle pourrait faire trembler les montagnes et briser la terre, mais tous les maitres de cet élément ne pratiquent aujourd’hui que ce qu’ils en ont appris : la rigueur et la constance. L’honneur et le courage. La loyauté et la sagesse. Mais la terre est aussi témoin des actions des hommes et tremble de colère devant ses méfaits. La guerre fait rage et les morts arrivent. La majorité des dépouilles ne rentreront pas chez elles, et leurs corps ne seront pas brûlés ou enterrés sur la terre qu’ils ont toujours connue. Les âmes partent et ne reviennent pas. Les parents perdent des enfants et inversement. Commet blâmer Braelyn ? Helana elle-même avait la sensation terrible d’être d’une inutilité risible. Elle éduquait les enfants de Biogehira. Et ? Elle couvrait Circe et sa deuxième vie, celle dont elle n’avait et n’aura jamais pleinement connaissance, et probablement pour son propre bien. Elle participera prochainement à la libération de Hissa. Et ? Elle ne faisait rien – ne fait toujours rien – qui pourrait réellement peser dans la balance. Elle n’agit pas, laisse les choses se faire comme une spectatrice lointaine et se cale sur l’avis général de son père et de sa famille. Helana se sent pourtant concernée. Mais elle s’est jurée de tenir, de garder la maitrise sur la terrible colère qui l’habite. Et que deviendraient les chaines qu’elle lui a posées si elle se laisse finalement guider par cette dernière ? Ne poursuit-elle pas le même but ? La paix ? Braelyn lui parle de Diana Osanos et sa résistance, et Helana ne bronche pas. Elle écoute attentivement sa cousine et ne compte pas lui dicter les choix qu’elle doit faire ; simplement comment prendre les meilleures décisions. Encore une fois, elle s’amuse de l’ironie de la situation. Jusqu’ici, elle n’a jamais été un exemple. Uniquement une illusion, une personne qui attire l’attention sans trop comprendre pourquoi. Petite, elle se voyait comme un désastre. Aujourd’hui, elle se perçoit comme une bombe à retardement, que seule la raison empêche d’exploser. Que pense Helana du fait que Braelyn rejoigne Diana Osanos ? Pas grand-chose en réalité, ou tout du moins rien d’important. Parce que ce qui l’est, c’est ce que sa cousine garde en tête. Bien sûr, elle a entendu parler de la fille de l’eau et de son mouvement. Les rumeurs vont vite, surtout en temps de guerre. Si la plupart sont fausses, il n’en demeure pas moins que d’autres sont vraies, et Helana sait faire la part des choses. Elle estime que chaque camp peut être légitime. L’opposition suscitée par celui au pouvoir démontre clairement qu’il n’est pas le bon. Le camp de Diana Osanos peut bien en valoir un autre. Au final, il est question de savoir qui gagnera la partie. C’est un éternel recommencera. En cet instant, elle a la sensation de porter le poids d’une âme millénaire. Elle demeure fermement ancrée dans le sol, enracinée pour en absorber l’énergie. « Je ne sais pas, » répond-elle franchement. « Mais ce n’est pas important. Qu’est-ce que toi tu en penses ? » Quels sont les pour et les contre ? Connait-elle bien Diana Osanos ? Peut-elle lui accorder sa confiance ? Helana est trop libre et acharnée pour ne pas suivre ses propres convictions. Chez les Wheatdrop, on sait qu’elle n’est pas toujours en accord avec les décisions prises, mais elle n’est pas ancrée dans le même monde. Elle n’est pas contrainte par les mêmes limites. Elle observe le cours des choses et subit leurs conséquences, laissant à d’autres le soin d’agir. Mais elle a choisi d’aller libérer Hissa et d’en assumer les suites. La réussite comme l’échec, incapable de tenir contre l’étalage de l’avidité et de l’horreur. « Tu n’es pas la seule à te dire qu’il est temps d’agir. » Elle avoue enfin, à son tour, et se soulage d’un poids qu’elle n’a partagé avec personne encore. Helana sait pouvoir témoigner sa confiance à Braelyn. Plus encore : si elle veut aider sa cousine, elle doit se dévoiler pour l’encourager. Ensemble, elles seront plus fortes que séparément. Elles pourront s’entraider, se soutenir. « J’ai décidé d’aller libérer Hissa. »
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